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  • Tom Bonnard

Une poignée de main ferme pour la Syrie

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se sont retrouvés ce jeudi 5 mars au Kremelin à Moscou après des semaines de fortes tensions. Alors que les relations sont tendues entre les dirigeants russe et turc, la Turquie mène une offensive en Syrie contre l'armée de Bachar El-Assad, qui est soutenue par la Russie.

Les deux chefs d’États se quittaient au terme d'une rencontre déterminante qui a durée plusieurs heures © France 24

Un accord de paix...


Il aura fallu près de six heures, dont la moitié en face à face, pour que les deux chefs d’États en viennent à être illustré sur cette photo. Ceux-ci ont signé un cessez-le-feu pour la Syrie, qui a pris acte jeudi 5 mars 2020 à minuit, vingt-deux heures en France. En convenant de mettre en place un «corridor de sécurité» de six kilomètres de long sur l’axe stratégique de l’autoroute M4, qui traverse la région d’Idleb au nord-ouest de la Syrie, les deux hommes visent à résoudre une problématique humanitaire devenue bien trop récurrente sur les terres d'affrontements. La Turquie a annoncé dernièrement avoir abattu deux avions et tué 20 soldats syriens, dans la région d'Idleb dans le cadre de l'opération "Bouclier de Printemps". Cette dernière a été lancée alors que 33 militaires turcs ont été tués dans des bombardements ordonnés par Ankara au détriment du régime syrien. Des patrouilles militaires associées des deux nations, russes et turques, ont également été mises en vigueur depuis cette rencontre.


Cette nouvelle attaque n'a fait qu'ajouter de l'huile sur le feu des conflits internes que se livrent Ankara et Moscou. Bien que d'un côté, la Turquie soutienne quelques groupes de rebelles, et que d'un autre côté, la Russie appuie le régime syrien de l'armée de Bachar El-Assad, les deux opposants politiques avaient accentué leur collaboration concernant le cas préoccupant de la Syrie ces dernières années.


...qui n'est pas sans défaut


Cette décision, qui semble apporter un aspect positif dans l'objectif d'une fin de guerre longue de neuf ans en Syrie, fait de l'ombre à une autre concordance décidée il y a quelques mois. La capitale russe accuse Ankara d’avoir violé l’accord de Sotchi, datant de 2018, sur la présence militaire turque dans une "zone de sécurité" au nord-ouest de la Syrie, en plus d’avoir lancé des attaques contre les bases militaires russes en Syrie. La Turquie a aussi transféré à Idleb de nombreuses troupes équivalentes à une division organisée.


Les mesures annoncées jeudi dernier sont censées conduire à un apaisement des tensions qui auront pour vocation de devenir pérenne si Poutine, maître de cette rencontre, et Erdogan aspirent à une véritable paix au Moyen-Orient. Mais il y a de quoi se poser des questions lorsque le dirigeant turc décide de faire pression sur l'Europe au sujet des migrants...


Tom Bonnard

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