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Une nouvelle page se tourne pour les Césars ?


Trophées des Césars. © Reuters/Regis Duvignau

Le mardi 10 novembre 2020, la direction des Césars a abandonné la possibilité pour certaines figures du cinéma d’être membre « de droit » de l’association. Une première pour l’Académie des Césars qui tente d’effacer son image archaïque.


C’est sous la présidence de Véronique Cayla, ancienne patronne d’Arte et du CNC (Centre National du Cinéma), que l’Académie des Césars a décidé de supprimer le statut de membres « de droit ». Cette nouvelle direction, élue fin septembre 2020, souhaite qu’il n’y ait plus de membres historiques, qui siègent indéfiniment. Au titre de leurs prix et de leurs récompenses, 18 membres pouvaient siéger sans être élus à l’Assemblée Générale des Césars. Parmi eux, Roman Polanski, lauréat de l’Oscar du meilleur réalisateur en 2003 pour Le Pianiste. Cette nouvelle règle s'est mise en place avec une lourde majorité de 134 voix. Dorénavant, l’Assemblée Générale de l’association sera constituée de 164 membres tous élus, avec une parité de 82 femmes et de 82 hommes.



Une image écornée depuis la cérémonie 2020


Nommé dans 12 catégories avec son film J’accuse, Roman Polanski a fait trembler le monde du cinéma français lors de la 45e cérémonie des Césars. En remportant notamment le César de la meilleure réalisation, mais aussi celui de la meilleure adaptation et des meilleurs costumes. Sa victoire a été vivement contestée.


Roman Polanski, récompensé du césar de la meilleure réalisation en 2014. © LP/Frédéric Dugit

L'homme est accusé de plusieurs agressions sexuelles et est toujours poursuivi par la justice américaine pour « viol sur mineur ». Lors de la remise des prix, Adèle Haenel est partie en pleine cérémonie. Elle considérait cette récompense comme un « crachat » pour les victimes d’agressions sexuelles. Ce scandale avait même suscité la réaction de plusieurs membres du gouvernement, dont Franck Riester, ministre de la culture à ce moment-là, mais aussi Marlène Schiappa et Sibeth Ndiaye, ancienne porte-parole du gouvernement.

L’ancien président de l’Académie des Césars, Alain Terzian, a alors justifié ce choix en expliquant que : les Césars ne sont « pas une instance qui doit avoir des positions morales ». Ayant démissionné du Conseil d’administration de l’Académie en février dernier, le producteur des Visiteurs était déjà critiqué pour sa gestion trop autocratique et non paritaire. Mais il était surtout devenu le symbole d’un cinéma arriéré, patriarcal et peu démocratique.


Aujourd’hui, l’Académie des Césars tente d’effacer son passé tumultueux et se prépare déjà à une future 46ème cérémonie, reportée à cause de la crise sanitaire.


Anaëlle Petot

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