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  • Sara Jardinier

Surfer avec l’adrénaline : le "Big Wave Surfing"

Mis à jour : oct. 6

Le surf, un sport impressionnant qui nous rappelle l’été à tous. Poussons le cliché un peu plus loin, avec les grandes plages de Los Angeles comme Santa Monica, remplies de surfeurs débutants et expérimentés, qui glissent avec agilité et vitesse sur l’eau. Qu’est-ce que cela donne si on l’ajoute une grande dose d’adrénaline et des vagues de la taille d’un géant pour ce sport extrême déjà spectaculaire ?


Le surf de gros, ou "Big Wave Surfing", est une pratique encore mineure par rapport à la pratique "classique". Il devient populaire sur les réseaux sociaux avec des vidéos à couper le souffle qui impressionnent et prennent aux tripes les spectateurs au fin fond de leur canapé. Ces surfeurs de l’extrême bravent les règles de la physique en chevauchant des vagues infiniment plus grandes qu’eux : de plus de dix mètres et pouvant aller jusqu’à trente mètres pour certaines ! À la recherche d’un maximum de sensation ou d’une réussite qui dépasse tous les entendements, "rider" des vagues comme celles de Nazaré, Belharra ou Teahuppo, ça ne s’improvise pas.



Un surfeur du dimanche n’a pas intérêt à se jeter à l’eau face aux monstres des mers, même les surfeurs expérimentés ne se lancent pas à l’aveugle dans ses vagues "mangeuses d’hommes". Il est indispensable de réaliser un entrainement préalable minutieux pour qu’une fois dans l’eau, les risques soient minimisés. Ils ne sont pas beaucoup sur la planète à se lancer de tel défis. Parmi eux, le recordman Rodrigo Koxa qui en 2017, surfa à Nazaré la plus grande vague jamais surfée, mesurée à plus de 25 mètres. Ce record donna lieu à une vidéo impressionnante visionnée des millions de fois sur YouTube. Impressionnant certes, mais pas sans danger : de nombreux grands surfeurs ont perdu la vie sous ces murs d’eau qui déferlent à une vitesse folle.



Une recherche croissante de sensation


Une obsession de l’adrénaline, le surf de gros est exactement la réponse à la course aux sensations fortes. C’est la volonté de contrôle à l’extrême, il faut repousser constamment ses limites, celles du sport et de la nature. C’est un combat contre soi-même, contre son propre esprit. Lorsque l’on est dans la vague, on se retrouve seul et même s’il y a des facteurs de sécurité comme les jet-ski ou les combinaisons de sauvetages (avec les vestes gonflables), on est face à un tube sombre et effrayant. Lorsque l’on est lancé, il faut être concentré à 300 % afin d’éviter la chute (wipe-out) qui peut être fatale.


C’est comme être dans une machine à laver géante qui peut déchiqueter un homme par sa seule force. Le surf de gros, c’est un danger réservé au surfeur conscient des risques et un spectacle pour les yeux des passionnés.


La vague monstrueuse de Nazaré, Portugal © Le Parisien


Les "Big Waves"


Des grosses vagues, il y en a une bonne vingtaine tout autour du monde, les plus connues sont Nazaré au Portugal, ou Teahuppo à Tahiti. Elles sont nombreuses, mais  chacune propose une expérience de glisse différente. Certaines semblent être parfaites, proportionnellement et visuellement parlant, comme en Polynésie, mais d’autres font peur et semble dévastatrices. Parmi ces dernières, Maverick aux États-Unis, sa gigantesque lèvre s’abat sur l’eau avec une puissance immensurable. Or, celle qui semble la plus étrange, et qui peut être placée à 10/10 sur une échelle de la peur : Shipstern Bluff en Tasmanie, qui est tout sauf lisse et presque impossible à surfer. Chaque vague est différente, elles ont toutes des caractéristiques qui permettent la diversité du surf de gros. Et pour s’épanouir dans cette pratique, il n’est pas difficile de trouver chaussure à son pied.



Justine Dupont : un espoir au féminin


Aujourd’hui, il y a encore peu de femmes dans ce milieu, le surf a pris du temps avant de se démocratiser, d’ouvrir sa porte à la gente féminine et c’est pareil dans le Big Wave Surf. Une française qui fait vibrer la France, c’est Justine Dupont. La jeune femme adepte de la glisse affronte le surf de gros, avec des superbes sessions à Belhara au large de la côte basque. Cette guerrière répète des entraînements acharnés afin d’être la plus préparée possible avant d’affronter les géantes. Elle possède le record de la vague la plus grosse surfée par une femme au monde (Belharra, 2013, 15 mètres). Justine Dupont est polyvalente, on la retrouve dans plusieurs catégories de compétition du short au longboard, en passant par le surf de gros. Elle a même affronté la vague Jaws à Hawaï. C’est une vrai précurseuse du surf actuel, et elle tente de toujours plus repousser ses limites afin d’ouvrir les portes du surf de gros aux femmes en montrant qu’elles aussi peuvent le faire.


Justine Dupont en pleine action © Benjamin Bertaud / Icon Sport

En bref, n’est pas surfeur de grosse vague qui veut, et même si la pratique tend à se démocratiser, les dangers restent nombreux. Il faut faire preuve d’une grande vigilance lorsque l’on s’attaque aux géantes. Et quand c’est réussi, cela donne lieu à la fois à des souvenirs inoubliables et à des images à couper le souffle. De plus, le surf de gros est encouragé par la WSL, qui met en place des compétitions comme anciennement le Big Wave Surf Tour et aujourd’hui le Jaws Big Wave World Championships. Des initiatives qui renforcent l’envie de dépasser ses limites et de ressentir la définition même de sport extrême.


Sara Jardinier

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