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  • Célie Dugand

SOS agriculteurs en détresse

Mis à jour : avr. 16

L’épisode de gel de la période du 5 avril a fortement impacté les cultures. Les agriculteurs tentent alors de trouver des solutions pour sauver leurs futures récoltes, mais les pertes s’annoncent très importantes. L'Etat va également venir en aide aux exploitants.


Des arboriculteurs de Livron-sur-Drôme (26) ont arrosé leurs vergers pendant le gel pour protéger leurs bourgeons. © Stéphane Marc

La semaine du 5 avril a été un véritable calvaire pour les agriculteurs. En effet, une vague de froid et un épisode de gel se sont abattus sur de nombreuses régions de France, impactant la plupart des cultures.


Presque toutes les zones géographiques ont été touchées, que ce soient le nord de la France, la vallée du Rhône, où les températures sont descendues jusqu’à -9°C, ou encore le Sud-Ouest. Seule la Corse a été épargnée, et l’Alsace et la Charente n’ont été que faiblement touchées.


Une telle diminution des températures au mois d'avril n’avait pas été observée depuis 1947. Le réchauffement climatique en est la cause.


Les cultures ayant le plus souffert de cet épisode de gel sont les vignes, les arbres fruitiers, ainsi que les plantations de betterave et de colza. Etant en pleine période de floraison, celles-ci ont vu leurs bourgeons geler. L’hiver ayant été plus doux que d’habitude et les températures assez élevées ces dernières semaines, les bourgeons avaient éclos plus tôt que prévu.


Les feuilles de vigne, quant à elles, ont été complètement desséchées par le gel et se brisent lorsqu’on les effleure. Qu’il s’agisse des abricots, des pommes, des raisins ou encore des betteraves, les futures récoltes s’annoncent donc moindres.



Des solutions rapidement mises en place


Lorsque les agriculteurs ont été informés des risques, ils ont tenté de trouver des solutions pour les minimiser. Certains viticulteurs ont passé plusieurs nuits à allumer des feux afin de protéger leurs vignes, comme l'ont fait les vignerons de la petite ville de Tain-l’Hermitage (26) dans la nuit du 7 au 8 avril. D’autres ont choisi d’asperger leurs vergers d’eau afin de créer une coque de glace autour des bourgeons. Certains agriculteurs ont même fait appel à des hélicoptères afin qu’ils brassent l’air au-dessus de leurs champs.


Les viticulteurs de Tain-l’Hermitage (26) ont allumé des chaufferettes, des bougies et des brûlots dans leurs vignes afin de limiter les dégâts provoqués par le gel. © C. Astier

Cependant, leurs efforts n’ont pas suffi et beaucoup de cultures ne vont pas pouvoir être sauvées. Certains exploitants ont perdu la totalité de leurs futures récoltes, d’autres environ 80 %. Les pertes sont donc très importantes, et même s’il est encore trop tôt pour estimer avec exactitude les dégâts, les récoltes de 2021 s’annoncent très faibles.


Pour compenser cela et tenter de minimiser leur perte économique, déjà impactée par la crise sanitaire qui supprime des débouchés aux exploitants, ceux-ci vont être obligés d’augmenter les prix de leurs produits.


Les clients ne pourront pas compter sur les pays voisins pour s’approvisionner en fruits et légumes car l’Italie et l’Espagne, par exemple, ont également été fortement touchées par cet épisode de gel et de froid intense.



Une aide de l’Etat


Face à la gravité de la situation, les agriculteurs se sont empressés de demander de l’aide, notamment via des syndicats tels que la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) ou encore des associations comme celle des Régions de France. Cette dernière a demandé vendredi 9 avril au gouvernement de créer un fonds d’urgence dédié à cette situation.


Le gouvernement a rapidement réagi : jeudi 8 avril, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a annoncé la mise en place du régime de calamité agricole afin d’aider les exploitants face à ce terrible aléa climatique. Une enveloppe sera donc débloquée pour venir en aide aux agriculteurs, mais le montant n’est pas encore connu.


Selon Julien Denormandie, ce soutien sera réservé aux exploitants "justifiant d'un taux de perte physique de 30% de la production annuelle". Jean Castex, le Premier ministre, a, quant à lui, annoncé samedi 10 avril que le montant de ces enveloppes serait augmenté au vu de la situation exceptionnelle, tout comme le Fonds des calamités agricoles.


Cependant, alors que la situation est déjà très alarmante, de nouveaux épisodes de gel prévus pour les prochains jours pourraient venir l’empirer.




Célie Dugand

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