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  • Célie Dugand

Référendum d'Initiative Partagée : un grand pas en faveur de la cause animale


Plus de 2 millions d'animaux sacrifiés pour des expérimentations © Getty / Adam Gault

Alors que nous sommes en pleine période de confinement, les chasseurs continuent leur activité. A l’inverse, des militants renforcent leur mobilisation en faveur de la condition animale en soutenant la proposition d'un Référendum d'Initiative Partagée.


Mardi 17 novembre, une grande manifestation virtuelle a eu lieu. A défaut de pouvoir protester dans la rue, de nombreuses personnalités publiques ont décidé de s'unir sur le net pour défendre la cause animale.

Visuel partagé lors de la manifestation virtuelle © referendumpourlesanimaux.fr

Elles ont alors relayé sur leurs réseaux sociaux un petit carré rouge sur lequel était écrit « Dites stop » ainsi qu'un texte au sujet du Référendum d'Initiative Partagée (RIP) pour les animaux. Il s'agissait d'une action via les médias pour montrer que les français n'acceptent plus les violences infligées aux animaux. Cette manifestation visait également à inviter les internautes d'aller signer la pétition en faveur de ce référendum.






Un projet soutenu dès ses débuts


Pour faire avancer concrètement la cause animale, le 2 juillet 2020, Hugo Clément (journaliste chez France 2), Xavier Niel (fondateur de Free), Jacques-Antoine Granjon (PDG de Veepee) et Marc Simoncini (créateur de Meetic) ont décidé de proposer un RIP (Référendum d'Initiative Partagée) pour les animaux. Il s'agit d'un dispositif qui permet aux citoyens, s'ils sont suffisamment nombreux et soutenus par des parlementaires, de soumettre une proposition de loi au référendum.

Logo du référendum pour les animaux © referendumpourlesanimaux.fr

De nombreuses associations ont alors rejoint le projet telles que la fondation 30 millions d'amis, L214, WWF, ou encore la fondation Nicolas Hulot. Elles étaient 26 associations à l’origine de ce projet, mais à ce jour, elles sont 65 à s’être ralliées à la cause. Un grand nombre de personnalités publiques ont également décidé de collaborer. Il s’agit de sportifs tels que Muriel Hurtis, de chanteurs comme Pascal Obispo, ou encore d’animateurs de radio comme Nagui. Ce dernier a récemment publié sur son compte Instagram l'appel lancé dans le cadre du référendum pour les animaux.







Une proposition de loi concrète


Cette proposition de loi, relative à la responsabilité environnementale des êtres humains vis-à-vis des animaux, et au bien-être de ces derniers, serait présentée en l'application de l'article 11 de la Constitution. Elle comprend 6 mesures qui ont pour but de réduire les souffrances infligées aux animaux.

La première vise à interdire les systèmes d’élevages en batterie. En effet, il s’agit du mode d’élevage le plus douloureux pour les animaux puisqu’ils sont entassés dans des cages en métal dans lesquelles ils ne peuvent pas bouger. Ils n’ont pas accès à l’extérieur et ne voient jamais la lumière du jour. Le sol dur et grillagé les blesse. Ce mode d’élevage concerne 80 % des animaux.

La seconde mesure demandée est l’interdiction des élevages à fourrure. En France, encore beaucoup d’animaux sont élevés pour leur fourrure. C’est notamment le cas des visons, qui grandissent seuls et isolés dans des cages étroites.

Les défenseurs de la cause animale aimeraient également en finir avec l’élevage intensif, qui inflige aux animaux des conditions de vie abominables. En France, la plupart de la viande consommée provient d’élevages intensifs.

La quatrième mesure vie à interdire la chasse à courre, le déterrage et les chasses dites traditionnelles, qui font non seulement stresser et souffrir les animaux tués, mais qui affolent aussi toutes les espèces des forêts à proximité.

Il est également réclamé d’interdire les spectacles avec des animaux sauvages puisque le dressage qui leur est imposé est très violent, que leurs conditions de vie sont cruelles et qu’ils sont brisés psychologiquement.

Enfin, cette proposition de loi demande l’arrêt de l'expérimentation animale lorsqu'il existe une alternative. Ce sont plus de 2 millions d’animaux qui sont concernés par ces maltraitances.



Poules déplumées à cause de leurs mauvaises conditions de vie dans les élevages intensifs © L214

Un soutien nécessaire


Mais pour que cette proposition de loi puisse être soumise au référendum et que les citoyens français aient l’opportunité de voter en faveur ou à l'encontre de celle-ci, il faut le soutien de 185 parlementaires. Il peut s'agir de députés ou de sénateurs. A ce jour, 143 d’entre eux soutiennent le RIP.

Une fois ce chiffre atteint, le Conseil constitutionnel disposera d’un délai d’un mois pour examiner le texte et s’assurer de sa conformité à la Constitution. S’il valide la proposition de loi, le ministère de l’Intérieur mettra alors en place un site pour recueillir les soutiens. Il faudra que 10 % du corps électoral français vote en faveur de celle-ci, c’est-à-dire que 4 700 000 signatures soient réunies dans un délai de 9 mois, pour que la loi soit adoptée.

En attendant de recueillir un nombre suffisant de parlementaires, il est nécessaire d'informer les citoyens au sujet de cette proposition de loi et d'essayer de rallier nos élus à la cause. Pour ce faire, une pétition a été mise en place sur le site officiel de ce référendum afin de montrer que l’engagement des citoyens est déjà très important.



Célie Dugand

©2020 par Les Berges De L'Info.