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  • Marion Deygas

Quand la mode en découd avec le virus : le luxe se mobilise


Surblouses produites au sein de l’atelier parisien de Louis Vuitton © Piotr Stoklosa


L’industrie de la mode n’est pas épargnée par la pandémie mondiale. Ne se laissant pas abattre, plusieurs grandes enseignes de luxe à l’instar de celles issues du groupe LVMH ont décidé de mettre leur savoir-faire au service des soignants.


Annulation de défilés, retard sur les collections de vêtements, usines à l’arrêt, voilà le quotidien type des créateurs de mode français en ces temps de crise sanitaire. À l’heure du premier confinement, le journal Les Echos titrait un reportage « Le coronavirus risque d’effilocher la mode française » ; ce n’est plus simplement une hypothèse mais bel et bien une réalité indéniable qui met en péril cette industrie aux dimensions démesurées.


Ce scénario difficile pour les grandes enseignes a débuté au sein des pays clés dans la production de la marchandise de luxe dont la Chine. Cette dernière a été la première touchée par le virus, entraînant l’arrêt des exportations et importations à l’étranger. Ce premier coup de massue a frappé soudainement et lourdement le luxe français. À ceci se sont ajoutées les mesures de confinement synonymes de fermeture des magasins non-essentiels, dont les boutiques de prêt à porter font parties. La chute des flux touristiques et des dépenses des consommateurs en particulier asiatiques, n’a fait qu’aggraver l’effet néfaste du virus.



Le groupe LVMH : participer à l’effort de masse en venant en aide aux soignants


Pour éviter la chute totale des affaires et participer à « l’effort de guerre » destiné à contrer les dommages causés par le virus, un véritable mouvement solidaire est né.

Leader mondial en matière de luxe, le groupe LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy) a été le premier à changer son mode de fonctionnement en faveur de la cause des soignants. Sujet à une perte de 30 milliards de dollars (source : indice de Bloomberg), durant la pandémie mondiale, le géant a décidé de se retrousser les manches. Ses usines ont troqué le velours et les paillettes pour les masques en tissus et le gel hydroalcoolique.


Les plus grandes chaînes du groupe ont vu leurs locaux réquisitionnés : Dior, Chanel ou encore Givenchy ont abandonné le parfum pour le remplacer par les gels désinfectants. De leur côté, les salariés de l’atelier de prêt à porter parisien Louis Vuitton se sont attelés à la production de surblouses et masques en tissus. L’ensemble de cette production est reversé gratuitement aux organismes médicaux français. Cet effort perdurera « le temps nécessaire », a indiqué LVMH dans un communiqué.


Les artisans ont dû apprendre en peu de temps à produire en grande quantité un tout nouveau type de marchandise et tout cela en veillant à suivre les indications de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. La majorité des biens créés a été léguée à cette dernière.


Au total, LVMH a livré plus de 17 tonnes de matériel médical en produisant plus de 400 tonnes de gel hydroalcoolique.



Une ouverture vers la voie de la réconciliation entre les français et le luxe


L’ensemble de ces actes de solidarité a permis de redorer l’image du luxe. Alors que la France s’est imposée comme le leader international dans ce domaine, ce sujet associé à l’argent est souvent jugé tabou. En conséquence, ces produits se vendent davantage à l’international que dans le pays même. Pour cause, il serait « mal vu » de parler d’argent ou de prendre part à ce monde « élitiste » et « désinvolte ». La majorité de l’opinion publique est souvent réservée face à ces pratiques alors qu’elles constituent un secteur de richesse stratégique.

Ces démarches ont rappelé que malgré les jugements qui l’accompagnent, le secteur du luxe ne néglige pas l’humain, sans lequel l’industrie de la mode n’existerait pas aujourd’hui. La réactivité des entreprises a dès lors été saluée par la majorité des français.


Marion Deygas

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