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Procès Charlie Hebdo : quand la liberté d'expression est au cœur de tous les débats

Dessin du procès Charlie Hebdo, Benoit PEYRUCQ, AFP

Cinq ans après les attentats terroristes de janvier 2015, se tient à la cour d’assises de Paris le procès des attaques de Charlie Hebdo. Il vise à juger les accusés de complicité dans ces tueries..

Le procès Charlie Hebdo condamnant les attaques à caractère djihadiste du 7, 8 et 9 janvier 2015 est un procès marquant, qui met en relief la liberté d’expression défendue dans les valeurs de la République française. Au cours de ce procès, quatorze personnes sont jugées par la cour d’assises spéciale de Paris pour complicité d’attaques terroristes.

Le journal Charlie Hebdo est réputé pour ses caricatures satiriques qui peuvent toucher des sujets sensibles comme les religions. Le quotidien satirique qui fut, en 2015, la cible des frères Kouachi, se retrouve fréquemment au centre de polémiques concernant la liberté d’expression à cause de leurs publications qui peuvent être qualifiées de « provocantes ».

LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ET SES LIMITES

Ce procès ayant pour but d’apporter la véracité des faits aux proches des victimes et ainsi faire justice après les attaques, met en cause les limites de la liberté d’expression.

Une question peut alors se poser : cette dernière connaît-elle réellement des limites ?

Lors d’une interview menée par Europe 1 concernant le procès, Marika Bret, responsable des ressources humaines du quotidien satirique, insiste sur le fait que « la pression est forte sur la liberté d’expression et sur la laïcité ». Elle ajoute ensuite qu’il est important de contester les « revendications religieuses [qui] tentent de s’imposer dans notre vie politique ». De son côté, l’organisation terroriste islamiste Al-Qaïda condamne expressément les caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo.

LA PAROLE DES ACCUSÉS

Ce n’est qu’à partir du 8e jour du procès que les accusés ont pu prendre la parole au sujet de l’attaque. Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, les onze accusés présents au procès ont apporté leur soutien aux familles des victimes et ont explicitement blâmé les actes des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly.

Willy Prevost, première personne à répondre à l’interrogatoire des accusés, est poursuivi pour « association de malfaiteurs » notamment pour avoir aidé Coulibaly à commettre l’attaque de l’Hyper Cacher. Il assure donner aux juges son accord pour sa poursuite judiciaire mais ne souhaite pas être qualifié de terroriste pour autant.

Metin Karasular, un garagiste belge de 50 ans accusé d’avoir fourni des armes aux terroristes, affirme qu’il ne « comprend pas que l’on puisse tuer au nom du prophète [Mahomet] » et qu’il « n’[a] pas de pardon pour ces gens-là », tout en désignant les assaillants de janvier 2015. Il jure aussi qu’« on [ne doit pas] tuer les gens parce qu’ils font un dessin ». Metin Karasular ne condamne donc pas la liberté d’expression.

Le procès Charlie Hebdo se clôturera finalement le 10 novembre, après délibération des juges par le rendu du verdict par la cour d’assises spéciale. La liberté d'expression, valeur incontestable de la République française et prise d'assaut par les organisations terroristes telles qu'Al-Qaïda ou Daech, restera quant à elle toujours au centre de nombreuses polémiques.


Kimberley Cohen

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