ICJ23791418
  • Arthur DEP

Présidentielle américaine : Une élection au climat tendu

À l’aube des lancements de campagnes pour les élections présidentielles américaines de novembre 2020, la question de protection de l’environnement pourrait bien devenir décisive pour le candidat sortant Donald Trump, qui, « ne croit pas au changement climatique. »


Caricature représentant Trump léchant une glace (qui fond) représentant la terre © Olivier Lascar, Sciences et Avenir

Alors qu’une prise de conscience globale se fait au sujet de l’environnement, le président des États-Unis Donald Trump a tourné le dos à la planète et à la réalité du réchauffement climatique en annonçant le 1er juin 2017, puis en appliquant le 4 novembre 2019, le retrait de son pays de l'Accord de Paris sur le climat, signé à l’occasion de la COP21 en 2015.


Pourtant, en matière de climat, les États-Unis sont bons derniers. Les résultats du Climate Change Performance Index (CPPI) 2020 ont été publiés à l’occasion de la COP25 à Madrid le mardi 10 décembre 2019. Le CPPI est un outil de suivi indépendant de la performance des pays en matière de protection du climat. Sur les 57 pays évalués selon plus d’une cinquantaine d’indicateurs regroupés dans quatre grandes catégories, les États-Unis arrivent en dernière position derrière l’Arabie Saoudite et la Chine dans chacune des catégories. La France, elle, est quinzième, juste derrière l’Ukraine.


L’écologie, une question devenue centrale


Michael Bloomberg, ancien maire de New York, candidat à l’investiture démocrate pour les présidentielles et principal opposant de Donald Trump, a fait de l’écologie son cheval de bataille. Dès 2017, M. Bloomberg et l’ancien gouverneur de Californie, Jerry Brown, ont pris la tête d’un mouvement pro-climat : L’America’s Pledge on Climate Change (APCC).

Ce groupe rassemble une pluralité d’acteurs publics et privés qui souhaitent que les États-Unis restent un chef de file dans la réduction des gaz à effet de serre et dans la mise en pratique de l’Accord de Paris.


Afin de mettre toutes les chances de son côté, malgré son entrée en campagne un peu tardive, le candidat à l’investiture démocrate, neuvième fortune mondiale selon Forbes, s’est offert le luxe atypique d’acheter 840 expressions en rapport avec le climat, grâce aux outils publicitaires de Google. Ainsi, lorsqu'un américain tape les expressions "climat", "réchauffement climatique" ou encore "crise climatique", le premier résultat de recherche à apparaitre sur Google US est une annonce sponsorisée du programme de campagne de Michael Bloomberg.


« Les partisans de Trump […] n’ont pas évolué »


Le professeur Michael Baudry, de la Dallas International School dans le Texas, explique que « il y a effectivement une prise de conscience de plus en plus forte des américains sur le changement climatique. » Il argumente cela en racontant que « l’on commence aussi à voir des magasins avec de la vente en gros pour éviter le suremballage. Pendant les fêtes de Noël, certains américains éteignent leurs décorations la nuit, alors que ce n’était pas le cas il y a quelques années. […] La vente d’aliments Bio commence aussi à apparaître dans beaucoup de magasins, néanmoins, je pense que les États-Unis sont encore loin de l’Europe pour ce qui est de l’écologie, sachant que le tri des poubelles, ce n’est toujours pas ça ! »


Pour ce qui est du déroulement de l’élection, il pense que « les partisans de Trump sont toujours aussi fervent de Trump, et qu'ils n’ont pas évolué concernant leurs opinions sur le changement climatique. »

Il est donc évident que la question climatique sera un sujet majeur de cette élection, mais pas sûr qu’elle fasse perdre du terrain au président actuel.


Arthur Dep

©2020 par Les Berges De L'Info.