ICJ23791418 Paulo Gonçalves, un destin tragique au parcours magique
  • Tom Bonnard

Paulo Gonçalves, un destin tragique au parcours magique

Mis à jour : janv. 25

Le portugais de 40 ans s'est tué d'une chute sur la route du Rallye Dakar, le dimanche 12 janvier dernier, en Arabie Saoudite. Il laisse derrière lui une trace indélébile pour la suite de la compétition mais surtout un palmarès marquant mais semé d’embûches.


La disparition de Paulo Gonçalves est une perte considérable pour l'histoire du Rallye Dakar ainsi que pour la communauté portugaise dont il était très proche et qu'il représentait vivement lors de ses victoires. © portgualinews.ue

Une chute inéluctable sur une route marquée par des ondulations


Son 13e Rallye aura été fatal pour "le grand frère du Dakar". Entre les villes de Ryad et Wadi Ad-Dawasir, dans le sud-ouest de l'Arabie Saoudite, le pilote a lourdement chuté à longue vitesse à moto au kilomètre 276 sur les 546 fixés lors de la 7e étape. Les secours arrivés rapidement sur place n'ont pu que constater la gravité du seul accident de la journée. Luc Alphand, consultant sportif et ancien grand sportif en ski alpin, survolait le parcours en hélicoptère au moment des faits. Il a livré aux antennes de France Télévisions avec tristesse qu'en arrivant sur les lieux, Paulo était inconscient et que les chances de réanimations par les massages cardiaques semblaient minces...


Le décès a inévitablement été confirmé quelques minutes plus tard à l'hôpital Laila, le plus proche de la région. La nouvelle s'est propagée peu à peu sur la course, le moral de chacun est tombé à zéro.


Comme l'a décidé David Castera, le directeur du Dakar, les motards et les pilotes de quads ne sont pas partis pour la 8e étape afin de lui rendre un hommage appuyé et que ces pilotes se mobilisent autour de sa mémoire. Une cellule psychologique a par ailleurs été ouverte pour les plus remués.


Dans l'incohérence, certains compagnons de routes s'arrêtent en fondant en larmes, traumatisés par l'état mourant de Gonçalves. © AFP

Une exemplarité cultivée depuis des années


Si Paulo Gonçalves était considéré comme un homme expérimenté et influent dans son domaine, ce n'est pas dû au simple fruit du hasard. David Castera le décrit même de "figure qui était là depuis très longtemps" au moment de lui rendre hommage. Comment résumer mieux que cela son encrage au Rallye ? Le portugais était l'un des rares motards à avoir couru sur trois continents et donc à avoir connu les trois chapitres du Dakar, en Europe depuis sa création en 1978, en Amérique Latine de 2009 à 2019 puis en Afrique maintenant, de manière très brève.

Terminant deuxième de l'édition 2015 derrière le pilote espagnol Marc Coma, il est parallèlement classé 4 fois dans le Top 10 au cours de sa carrière.


L'année dernière, une lourde chute l'avait contraint à l'abandon malgré son opposition, juste après avoir rejoint l'écurie Hero MotorSport aux côtés de Joaquim Rodriguez, son beau frère. C'est aussi cela qui caractérisait Paulo, la hargne. Cinq étapes avant la plus dramatique d'entre elles, le moteur cassé, ce dernier avait attendu pendant près de six heures en plein désert Saoudien qu'un camion lui livre un colis concoctant un nouveau moteur. Changé puis réparé par lui-même au bord de la piste en l'espace d'une heure sous un soleil de plomb dégageant 35 degrés à l'ombre, il reparti sur la route du Dakar courant inévitablement droit à sa perte...



2015, l'année où le portugais Gonçalves (à droite) fut le dauphin de son concurrent Marc Coma (au centre), accompagné de l'australien Toby Price (à gauche) classé à la troisième place du podium. © Zimbio

Une disparition de trop ?


"Cinq cents connards sur la ligne de départ, cinq cent blaireaux sur leurs motos" disait Renaud. La dramatique perte de Paulo Gonçalves soulève une question malheureusement abordée chaque année : Faut-il définitivement mettre fin au le Rallye Dakar au vu du nombre de décès déplorés depuis sa création ne faisant qu'augmenter au fur et à mesure des courses ?

Depuis sa création il y a 42 ans, ce sont 25 concurrents qui y ont trouvé la mort, Paulo compris et dernier recensé. S'ajoute à ce bilan déplorable une cinquantaine d'autres victimes mortelles qui parmi elles étaient des spectateurs lambda ou encore des accompagnateurs. Certains sont favorables à cette alternative tandis que d'autres affirment qu'il s'agit des risques à accepter du Dakar.


Les rédacteurs des Berges de l'Info tiennent à présenter leurs sincères condoléances à la famille ainsi qu'à l'entourage proche de Paulo Gonçalves.



Tom Bonnard

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