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Partiels en présentiel : les étudiants disent non


Stressés par la situation sanitaire, des étudiants se mobilisent © Benoit Tessier/Reuters

En France, la première semaine de cours de 2021 est synonyme de partiel pour les étudiants et malgré les conditions plus que particulières, certaines universités ont pris la décision de conserver leurs examens en présentiel. Face à cette décision, des étudiants se sont mobilisés pour bloquer les entrées aux bâtiments.


Le lundi 4 janvier marquait le début de la semaine de partiel pour bon nombre d’étudiants dans le pays et par la même occasion le début des mobilisations contre la décision du maintien des examens en présentiel. La Sorbonne à Paris ou encore l’Université de Créteil, beaucoup de fac se sont retrouvées bloquées par les étudiants voulant faire savoir leur mécontentement.



Une pétition pour des partiels en toute sécurité


Par le biais de la plateforme change.org, des étudiants en deuxième année d’éco-gestion de l’Université Paris Est Créteil ont lancé une pétition. Réclamant pouvoir faire leur partiel à distance, ils justifient leur prise de position en établissant un constat du contexte dans le pays : « La situation sanitaire s’aggravant nous refusons de prendre le risque de nuire à notre santé ou à celle d’autrui en réalisant les examens en présentiel ». Les multiples raisons qui amènent ces étudiants à protester sont également citées dans la pétition : « Les modalités d’hygiène ne nous ont pas été précisées. Les examens vont avoir lieu 3 jours après les fêtes dans des amphithéâtres non aérés avec de possibles personnes à risques se côtoyant dans la même pièce (entrées, sorties) ». Ils rappellent aussi que l’UPEC accueille des étudiants venant de toute la France et qu’ainsi la probabilité de contamination est plus élevée : « Le risque de contamination est également extrêmement élevé pour les étudiants devant effectuer de longs trajets aux heures de pointe pour arriver à la fac. » N’ayant pas été en cours depuis début novembre à la suite de l’annonce du reconfinement, « certains étudiants ont été contraint de retourner vivre avec des personnes à risques », les rédacteurs font par d’un contexte « qui n’est pas approprié pour des examens en présentiels ». Pour l’heure, 290 signatures ont été récoltées.



Montée des tensions à La Sorbonne


A l’université de Paris, les étudiants ont choisi de passer par une méthode plus radicale : le blocus. Les étudiants, qui se mobilisent depuis le 4 janvier, dénoncent les inégalités que le maintien des examens en présentiel engendre, et notamment le fait que certains aient à se déplacer pour pouvoir les passer. Bloquant l’entrée au bâtiment depuis le début de la semaine, les étudiants ont fait preuve de pacifisme. Cependant, jeudi 6 janvier au soir, la tension semble être apparue entre les étudiants et la police. En effet, une vidéo partagée par le journaliste Marc Endeweld sur Twitter le lendemain matin montre un homme en uniforme pousser violement un étudiant. D’autres étudiants présents ce soir-là ont partagé des images montrant des policiers prenant à parti des militants. Il semblerait que les personnes ayant déclarés être porteur de la Covid-19, ne pouvant donc pas assister aux examens se retrouvent avec un zéro commis d’office et doivent donc repasser leurs partiels en juin. La peur que certains ne se déclarent pas auprès de l’administration pour pouvoir passer leurs partiels en temps et en heure ne fait qu’augmenter le sentiment d’insécurité déjà bien présent chez les étudiants.


Elisa HESSABI


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