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  • Elise Graille

Nouvelle bavure policière : la tension monte


Image extraite de la vidéo de la caméra de surveillance du studio de Michel Zecler, samedi 21 novembre 2020 Photo : Michel Zecler/GS Group/AFP


Jeudi 26 novembre, les réseaux sociaux sont secoués par une nouvelle vidéo publiée par le média d'information Loopsider. Les images tirées d’une caméra de surveillance montrent un homme se faisant rouer de coups par trois agents de police à l’intérieur d’un studio. Très vite, la vidéo atteint les 11 millions de vues.



Il est environ 19h40 quand Michel Zecler, producteur de musique, est pris à parti par plusieurs policiers, alors qu’il ne portait pas de masque. Après avoir été poussé à l’intérieur de son studio, il est est passé à tabac par les forces de l’ordre. Une scène d’une rare violence enregistrée par la caméra de surveillance des locaux.


Une pluie de coups et d'insultes


Pendant plus de cinq minutes, les coups et insultes s’abattent sur Michel Zecler qui subit sans pouvoir se défendre. Ses appels à l'aide sont couverts par les injures racistes des policiers, qui le forcent à rester à l’intérieur du studio. Appelés en renfort, d'autres membres de la police ne s'interposent pas. De jeunes artistes présents au studio tentent de venir en aide à Michel Zecler sans succès, la scène finit à l’extérieur des locaux. Ces derniers sont placés en garde à vue jusqu’à ce que le producteur porte plainte sous preuve vidéo, accompagné de son avocate.


Arrivée de Michel Zecler au bureau de l'Inception générale jeudi 26 novembre 2020. Photo : La Presse canadienne / AP/Thibault Camus

« Je n’ai rien fait pour mériter ça. Je n’ai rien fait du tout. Je n’ai pas mis de coup de poing », a expliqué le producteur de musique. L’enquête judiciaire est en cours, elle vise les fonctionnaires pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », mais aussi pour des faits de « racisme ».



La France sous le choc


Les réactions de l’opinion publique et des politiques sont nombreuses. À la suite de la diffusion des images chocs de l’agression du producteur, plusieurs personnalités publiques se sont exprimées pour condamner cette agression. Ce fût notamment le cas de certains footballeurs sur Twitter. « J’ai mal à ma France @GDarmanin », a tweeté Antoine Griezmann. Les réponses à l’attaque se multiplient et les personnalités publiques n’hésitent pas à exprimer leur soutien à Michel. Anne Hidalgo, maire de Paris, s'est dite « profondément choquée par cet acte intolérable. » « Toutes les conséquences doivent être tirées de ces faits d’une exceptionnelle gravité. L’État de droit n’est pas négociable. Tout mon soutien à Michel », a-t-elle ajouté.


L’affaire est vite devenue virale, conduisant le président de la République Emmanuel Macron à s'exprimer via Twitter : « Les images que nous avons tous vues de l’agression de Michel Zecler sont inacceptables. Elles nous font honte. La France ne doit jamais se résoudre à la violence ou la brutalité, d’où qu’elles viennent. La France ne doit jamais laisser prospérer la haine ou le racisme. » Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur a de son côté annoncé qu’il demanderait la révocation des policiers concernés dans l’affaire. Il a aussi ajouté que ces policiers « avaient sali l’uniforme de la République ».



Une vague de contestations


Les samedi 21 et 28 novembre, des manifestations ont été organisées partout en France en opposition à la loi « de sécurité globale ». Les manifestants s’indignent : Ccest l’évènement de trop pour les opposants de l’article 24. Partout on voit des pancartes aux slogans expressifs comme : « Police floutée, population en danger ». Comment dénoncer les violences policières si on interdit de les filmer ? Très vite, ces manifestations, notamment celle de Pairs, virent à l’émeute. De violents affrontements opposent une nouvelle fois forces de l’ordre et manifestants.

Manifestation à Paris contre la loi de "sécurité globale", le 21 novembre 2020 Photo : SADAK SOUICI / LE PICTORIUM / MAXPPP

De nouveaux débordements surviennent : Ameer Al Halbi journaliste Polka magazine et AFP est victime d’une agression d’une violence inouïe. Sans moyen d’identification en tant que journaliste, le jeune homme de 24 ans est chargé par les policiers. Au matin du dimanche 29 novembre il est pris en charge avec le nez cassé et l’arcade sourcilière ouverte.


Si ces récents événements provoquent une vague de réactions, la presse étrangère n'a pas manqué de souligner leur caractère choquant, à l'image du quotidien belge qui titre : « Une affaire George Floyd à la française ? » L’émotion est vive à travers le monde en réaction aux images de l'agression du producteur.


Elise Graille

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