ICJ23791418
  • Lucie Besse Razac

Miss France : des critères de beauté stéréotypés


Ce soir, samedi 19 décembre, le concours de beauté annuel Miss France sera diffusé en direct sur TF1. Les français devront élire la “plus belle femme de France” qui succèdera à Clémence Botino, Miss 2020. Mais derrière les sourires radieux des candidates, se cache des inégalités face aux nombreux critères à respecter.


Shooting photo en groupe des 30 candidates pour Miss France 2020 à Tahiti.

Qui n’a jamais eu envie ne serait-ce qu’un instant d’être la personne reconnue comme la “plus belle de France” ? C’est le titre qui sera décerné à l’une des jeunes femmes après voir défilé. Deux critères sont évalués : leur beauté et leur culture générale. Si en 1920, lors de la mise en place du concours, personne ne voyait le problème, aujourd’hui la société a évolué et l’image de la femme avec elle. Cette compétition mettant en avant seulement des femmes minces, grandes et souriantes est de plus en plus critiquée tout comme les normes qui définissent la beauté féminine aujourd’hui. Les associations féministes dénoncent de la misogynie et du sexisme du concours qui ferme les yeux sur les diversités physiques. Des personnalités publiques ce sont également exprimées comme Laurent Ruquier qui appelle au boycott de l’émission ainsi que Catherine Lara, grande violoniste, qui a évoqué le concours sur RTL en le qualifiant d’évènement “presque humiliant”. Sur internet, des influenceuses et youtubeuses comme EnjoyPhoenix alertent sur la mise en avant des ses candidates “parfaites” car elle provoque chez les adolescentes de plus en plus de complexes et voire même de la haine de soi.

Une sélection pointilleuse


Si ces femmes veulent briller sur scène, elles doivent impérativement correspondre aux nombreux critères de sélections pour le moins pointilleux: Être de nationalité française, être inscrite à l’état civil comme étant de sexe féminin, avoir entre 18 et 24 ans, ne pas être ni avoir été mariée ou pacsée, ne pas avoir d'enfant, être d'une taille minimum d’1m70 sans talons, avoir un casier judiciaire vierge… Avoir des tatouages et des piercings visibles en sous-vêtements ou encore avoir eu recours à la chirurgie esthétique est aussi éliminatoire. Et gare à celle qui aurait participé à des séances photos ou vidéos dénudées. Cet acte est “susceptible de permettre une exploitation auprès du public d’images représentant la candidate sans sous-vêtements ou vêtements laissant intentionnellement apparaître des parties intimes”, ce qui entraîne une disqualification immédiate. En revanche, aucun critère n’évoque le poids des candidates, Sylvie Tellier, directrice générale de la société Miss France a été claire sur le sujet, elle a affirmé “tant que je serai là, on ne pèsera jamais les candidates”. Pourtant, le concours a toujours mis en avant la minceur et aucune candidate ronde n’a été vu sur la scène. Le poids moyen d’une Miss tourne autour des 55kg, loin du poids moyen des femmes F²rançaises qui oscille entre 63et 65kg.

Un film qui témoigne d’une société nouvelle


Le film Miss de Ruben Alves sorti le 21 octobre 2020 avec comme acteur principal Alexandre Wetter, mannequin androgyne de 31 ans, est une avancée pour la société dans l’acceptation des divers genres qui existent aujourd’hui. Dans le film, il incarne un garçon qui rêve depuis petit de devenir Miss France et dissimule sa masculinité pour y participer. Miss est un appel à ouvrir les yeux sur les concours de beauté discriminatoires. Il dénonce l’objectification de la femme et la trop grande place accordée aux physiques “parfaits”. Il redéfinit la notion de féminité et d’acceptation de soi pour montrer qu’il est possible d’élargir les critères de sélection des candidates, pour permettre à tous, et pas seulement aux femmes, de réaliser leurs rêves.

Morgane Briens

64 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

©2020 par Les Berges De L'Info.