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  • Clémence Gabory

Low-tech : En action contre la précarité énergétique

Mis à jour : oct. 12

La consommation énergétique du numérique ne cesse de grimper. Pour l’année 2020, ce dernier représentera 10 % de la consommation électrique mondiale. Face à ce constat, des alternatives au faible impact sur l’environnement sont proposées comme les dénommés Low-tech.


S'affranchir des hautes technologies et se réapproprier les objets. © Gold of Bengals

Le concept de Low-tech s’oppose au high-tech (haute technologie). L’idée est de revenir aux technologies de base qui ont un faible impact sur l’environnement et ainsi proposer des changements de comportements pour l’avenir de la planète.


La demande d’énergie en numérique est tellement forte qu’elle dépasserait le secteur de l’aviation civile en terme d’émission de CO2. Ceci n’est qu’un exemple, car dans de nombreux autres domaines les Hommes puisent les ressources rares que la Terre possède pour ensuite la polluer. Il n’est plus possible de continuer dans cette direction car la question environnementale est déjà fortement impactée.



Utile, durable, accessible


Le courant Low-tech est apparu aux États-Unis dans les années 1970, il avait connu un faible succès. Mais aujourd’hui un regain d'intérêt à son égard se fait ressentir un peu partout dans le monde. En français, cela signifie basse technologie, il s’agit de consommer moins d’énergies et de ressources, tout en prenant en compte différents aspects : philosophique, environnemental et social. L’objectif est alors de lutter contre les excès de déchets électroniques, l'obsolescence programmée des objets, l’extraction démesurée de matériaux rares et contre les « besoins superflus » incités par la publicité.

D’où les trois critères fondamentaux défendus par le projet coopératif de partage des Low-tech qui sont : utile, durable et accessible. “Utile” afin de répondre aux besoins essentiels de nombreux domaines comme l’énergie, l’eau, l’habitat, l’alimentation, la gestion de déchets… Mais le Low-tech doit aussi être “durable”, c’est-à-dire recyclable, réparable et robuste. Pour terminer, cette technologie nécessite d’être “accessible” à tous, à l’inverse des high-tech, dans le but de contribuer à réduire les inégalités.



Pierre-Alain Lévêque et Clément Chabot du Low-tech Lab ont construit une tiny house regroupant une dizaine de low-tech pour vivre en toute autonomie. (Crédit : Low-tech Lab)

Le Low-tech Lab, basé à Concarneau, a depuis 2013 repéré et testé plus de 50 technologies durables, notamment sur le domaine de l’habitation avec l’expérimentation d’un micro-habitat combinant 12 innovations low-tech adaptées au contexte occidental. En somme, Low-tech Lab trouve des collaborations avec des entreprises qui ont la même politique sur la fabrication des objets. La société Fairphone en est l’exemple type. Elle fabrique des smartphones modulaires dont il est possible de démonter et remplacer les éléments afin de prolonger leur durée de vie. Low-tech Lab, c’est également la formation d’une communauté proposant des animations et des accompagnements pour réaliser des projets en France ou à l’international dans une optique de découverte, de partage et de promotion de cette technologie, qui souhaite changer le monde.

À l’heure où de nombreux concepts émergent, le low-tech tente de s’imposer pour remettre en question la société de consommation.


Clémence GABORY

©2020 par Les Berges De L'Info.