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Librairies : commerces de première nécessité ?


Fermeture d'une librairie dans le 11e arrondissement de Paris. © Teresa SUAREZ/REA / Teresa SUAREZ/REA

Depuis l’annonce du second confinement, les librairies ont dû fermer alors qu’elles avaient enfin réussi à retrouver une clientèle régulière. Largement impactées, c’est leur colère qui s’est fait sentir.


Alors que le deuxième confinement semble être plus clément envers les français en autorisant des sorties qui ne pouvaient pas se faire pendant le premier, il ne l’est pas envers la culture. Cette fois, les Français ont le droit de se rendre dans les parcs municipaux, d’aller voir des proches en Ehpad ou en maison de retraite. Pour les élèves, la plupart des cours ont lieu en présentiel. Certains se font en télétravail. Mais pour la culture, la situation est toute autre. N’étant pas des magasins de première nécessité, les librairies et les disquaires ont dû fermer leurs portes au public. Les enseignes de grande distribution ont reçu l'ordre d'interdire l’accès aux rayons livres et disques.



La colère des librairies


Le 30 octobre dernier le gouvernement a annoncé la fermeture temporaire des rayons culture des grandes surfaces dans un « souci d’équité entre les grandes surfaces et les librairies indépendantes ». Cette annonce de Bruno Le Maire, ministre de l’économie, et de Roselyne Bachelot, ministre de la culture, fait suite à la révolte du monde du livre. Celle-ci était causée par la fermeture des commerces de "première nécessité" dont la culture fait partie.


Caricature de Riad Sattouf @ Compte Twitter de Riad Sattouf

Depuis, les appels à la réouverture de ces petits commerces inondent les réseaux sociaux. Cette caricature de Riad Sattouf faisant appel à la population pour rouvrir les librairies à été partagée plus de 2100 fois sur Twitter. Côté politique, 68 sénateurs pensent qu’il faudrait considérer les librairies comme des commerces de premières nécessités. Ils se sont exprimés dans une tribune parue dans Le Figaro, le lendemain de l’annonce du reconfinement. Elle interpelle directement Emmanuel Macron. Les sénateurs expliquent la bienfaisance de la lecture pour les français au vu de la situation actuelle : « Alors que souffle le vent mauvais de l’obscurantisme et des nouvelles idéologies totalitaires, gardons à l’esprit qu’elles [ndlr] sont un lieu où vivent les valeurs de modération, de bienveillance, de tolérance et l’intelligence collective. Commerces de première nécessité à l’évidence, les librairies sont un joyau inestimable que nous devons préserver. ». Une pétition a également été lancée par le critique littéraire François Brunel « Pourquoi nous priver du meilleur bataillon pour nous permettre d'affronter l'obscurantisme ? » interroge-t-il sur Franceinfo.


De plus, alors que les petites librairies devaient rester fermées, l’entreprise Fnac-Darty avait elle reçu le droit de rester ouverte sous prétexte qu’ils vendaient du matériel électronique qui serait indispensable pour les français pendant le reconfinement. Cependant, ils pouvaient aussi bien vendre des ordinateurs que des livres, créant ainsi de la concurrence déloyale vis-à-vis des librairies indépendantes. Après avoir fait polémique, l’enseigne a elle aussi décidé de fermer ses portes au public.


Malgré tous leurs efforts pour être reconnus comme primordiaux pour la vie des français au quotidien, les libraires n’ont toujours pas reçu l’autorisation d’ouvrir pendant le confinement. Néanmoins, le gouvernement a approuvé la mise en place d'un système dit de « click and collect ». Ainsi, les clients commandent leurs livres en ligne et viennent les chercher devant leur librairie. Cela permet aux libraires de continuer de travailler tout en respectant les mesures de sécurité imposées par le confinement.

Elisa HESSABI

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