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Les violences sexuelles et verbales dans l’enseignement supérieur au-devant de la scène

Manifestations lycéennes aux suites de l’annonce de Jean-Michel Blanquer sur la tenue vestimentaire en septembre 2020, © Maxppp - TOMASELLI Antoine

La parole sur les violences sexuelles et sexistes en milieu supérieur a connu un regain avec le rapport publié lundi 12 octobre par l’Observatoire étudiant des violences sexuelles et sexistes dans l’enseignement supérieur. Le rapport met en avant des chiffres révélateurs comme première étape vers une prise de conscience.


L’enseignement supérieur est un lieu de rencontre mais il est parfois cruel et traumatisant. Entre agressions verbales et sexuelles, les étudiantes et étudiants peuvent se sentir impuissants, sans réellement savoir quoi faire, ni à qui s’adresser. L’Observatoire, créé en mai 2019, a réalisé une étude qualifiée « d’assez inédite » par la responsable de communication Julie Tsangarakis. Des études ont déjà été réalisées, explique-t-elle, mais sans réellement cibler l’enseignement supérieur. « La première étape pour changer les choses c’est de se rendre compte qu’elles existent, une prise de conscience est nécessaire » dénonce-t-elle. Le négationnisme de certains établissements a également été une des raisons de la nécessité de ce rapport en milieu supérieur, rappelle Mme Tsangarakis : « lorsque nous avons appelé les établissements scolaires pour leur faire part de notre idée, certains nous ont encouragés dans notre démarche quand d’autres nous ont expliqué que ce genre de violences n’existait pas dans leur établissement, qu’elles ne concernaient aucun étudiant du campus. » Face à cette négation, l’Observatoire a compris l’urgence de mettre des chiffres concrets sur les faits observés afin de mettre en avant cette problématique encore trop peu abordée et avant tout : faire réagir !


Ce que dit le droit


Ces violences sont condamnées par la justice française, mais il peut paraître difficile de comprendre quand il est question de droit ou non et à qui s’adresser. La loi n° 2012-954 du 6 août 2012 définit le harcèlement sexuel et le condamne : « Le harcèlement sexuel est le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. », et les articles 222-22 à 222-33-1 du Code pénal font de même pour les agressions sexuelles : «Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. » . Les responsables d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche ont pour obligation d' « assurer la sécurité du personnel et des usagers accueillis dans les locaux » (article L. 712-2 du code de l'éducation). Leur rôle est de prévenir, accompagner les victimes, et proposer une procédure disciplinaire. Toutefois, l’étude révèle que 25,5% des répondants ne savent pas s’il existe des structures dans leur établissement pour prendre en charge ces situations, et 18% considèrent qu’il n’en existe aucune.



Des aides pour les victimes de violences verbales et/ou sexuelles


Des cellules d’accueil et d’écoute sont créées dans les universités depuis la rentrée 2018 afin d’accompagner et de soutenir les victimes de violences sexuelles. Selon la cartographie des cellules de lutte contre les violences sexistes et sexuelles établie par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, 74 cellules libellées sont présentes dans les universités françaises.



De nombreux organismes et associations sont présents au niveau national et territorial, certains vont informer et rediriger les étudiant(e)s vers des organismes compétents et d’autres vont aller plus loin, en accompagnant, et offrant une aide juridique aux victimes. C’est le cas de la FNCIDFF (Fédération Nationale des Centres d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles), un réseau national de proximité, avec 111 CIDFF en France métropolitaine et Outre-Mer et 1422 permanences implantées en milieu rural, urbain et en zones sensibles. Aussi le CLASCHES (Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement Sexuel dans l’Enseignement Supérieur) partage ces mêmes objectifs, avec en plus, l’envie de réaliser une réelle sensibilisation et des réformes de ces institutions.


Les organismes ne manquent pas mais des mesures concrètes sont attendues au sein même des établissements pour créer une relation de confiance et aider la libération de la parole. Pour trouver des solutions appropriées à chaque établissement, l’Observatoire propose un questionnaire personnalisé : passer à l’action est leur prochaine étape !

Galane Maréchal

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