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Les toilettes : un réel enjeu de santé publique


Jeudi 19 novembre s’est déroulée la 9ème édition de la journée mondiale des toilettes. Un événement prisé par les ONG. Leur but : mettre en lumière les problèmes liés à l’assainissement et au manque d’accès aux sanitaires dans le monde.

Manifestations à New-Delhi le 18 novembre 2014. Photo : AFP - Roberto Schmidt


Si pour certains tirer la chasse d’eau demeure un geste simple, pour 4,2 milliards d’autres aller faire ses besoins en sécurité est un fardeau, une épreuve voire même un calvaire.


L’assainissement est très important, il permet de traiter les eaux usées et ainsi d’éliminer la propagation de maladies mortelles telles que le choléra, l’hépatite A, la typhoïde ou encore la diarrhée. Des effets sur la croissance de l’enfant peuvent aussi s’observer en plus de la malnutrition. Tous les pays du monde n’ont pas accès à un système d’égouts, et beaucoup vivent dans de mauvaises conditions d’assainissement. L’Afrique subsaharienne est particulièrement touchée par cette réalité. Ce ne serait pas moins de 432 000 personnes qui meurent chaque année de maladies pouvant être en grande partie évitées selon l’OMS. Cette organisation fait un autre constat alarmant : 297 000 enfants de moins de 5 ans pourraient éviter la mort chaque année si l’approvisionnement en eau, l’assainissement et l’hygiène étaient améliorés.



Un danger pour les femmes


Mettre à disposition des sanitaires est donc un enjeu de taille ! Il permettrait aussi d’assurer la sécurité des jeunes filles et femmes victimes de viol lorsqu’elles s’aventurent trop loin par pudeur.

La jeune Rahab, qui vit dans un camp pour personnes déplacées au Nigéria, doit faire face à ce danger quotidiennement, en plus des microbes et des serpents : « Nous allons aux toilettes dans la nature. L’endroit n’est pas sûr tôt le matin ni le soir, car on peut y rencontrer n’importe qui. Ils boivent de l’alcool et vous touchent, et si on refuse, ils nous forcent. Si je vois des hommes lorsque je me rends aux toilettes, je rentre chez moi et me retiens. » En l'absence de sanitaires, ces femmes sont aussi amenées à se retenir à l’école et au travail. Elles vont même jusqu’à réduire leur alimentation et hydratation pour limiter l’envie d’aller aux toilettes, au risque de leur santé. Elles connaissent aussi de véritables difficultés à gérer leur menstruation en toute dignité. Cette réalité est malheureusement un frein à leur éducation et à l’emploi.


L’Objectif de Développement Durable (ODD) a lancé un défi : bannir toute défécation à l’air libre et proposer des sanitaires sûrs pour tous d’ici 2030. Ce serait 12% de la population mondiale (892 millions de personnes) qui serait contrainte de déféquer à l’air libre. Toutefois, selon WaterAid d’importants progrès ont été effectués dans ces pays.



L’Inde montre l’exemple


En octobre 2014, la campagne « Mission Inde propre » a été lancée dans l’objectif de mettre fin à la défécation à l’air libre d’ici le 2 octobre 2019. Cette opération a nécessité 13 milliards d’euros, pour permettre à 99,2% de la population indienne rurale un accès aux sanitaires : une réelle révolution pour ce pays ! Pour habituer la population à utiliser les toilettes et changer les mentalités très ancrées, des campagnes ont été menées avec des publicités et des films bollywoodiens à l’appui comme Toilet : A Love Story. Le scénario met en scène une Indienne qui refuse de rester avec son mari si celui-ci ne construit pas de toilettes chez eux. Le film a eu un énorme succès, avec une recette de 28 millions d’euros.


Des évolutions restent encore à être menées. Le nettoyage manuel des fosses, pourtant interdit depuis 2013 est toujours fait par des dalits aussi surnommés les "intouchables". Ils font partie des plus basses castes de la société indienne et se chargent des métiers les plus dégradants, dont le nettoyage des eaux usées. C’est donc avec un seau, une pelle et la force des bras qu’ils mettent la main à la pâte pour quelques pauvres rupees (monnaie indienne). Cette activité est responsable de la mort de nombreux indiens par asphyxie. C’est souvent sans équipement, ni protection qu’ils sont en contact avec ces gaz toxiques.


Aujourd’hui, nombreuses sont les initiatives développant des solutions durables et à bas prix pour ces pays ayant très peu voire pas accès aux toilettes. En réalité, les sanitaires ne coulent pas de source pour tout le monde !



Le reportage "Toilettes sans tabou" d'Arte lève le voile sur le quotidien des "intouchables" (41,15 - 42,08)


Galane Maréchal



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