ICJ23791418
  • Louis Canoby

Les jeux dématérialisés, l’avenir du jeu-vidéo ?


Les deux nouveaux modèles de Playstation, à gauche avec lecteur CD, à droite 100% digital, ©SONY

La sortie imminente de la PS5 fait ressurgir sur le devant de la scène une interrogation de l’industrie vidéoludique : la popularisation des jeux dématérialisés


Suite à près de 7 ans de divertissement vidéo-ludique grâce à la 4e génération de console de salon de Sony, la Playstation 4, sa nouvelle petite sœur arrive sous peu sur le marché. Avec une sortie prévue avant la fin d’année 2020, la PS5 entend bien bouleverser l’industrie du jeu-vidéo avec ses nouveautés techniques. Néanmoins, au niveau de la console elle-même, les deux modèles proposés par le géant japonais font débat : un modèle proposé à 399,99€ à sa sortie, et l’autre à 499,99€. Les différences ? Un simple lecteur de disque. Bien que les performances soient exactement les mêmes d’un modèle à l’autre, c’est uniquement la présence de ce lecteur de CD sur la machine la plus coûteuse des deux qui les différencient. Cette annonce met donc en exergue un avenir incertain et un grand questionnement pour l’industrie vidéoludique : les jeux dématérialisés vont-ils dominer et s’imposer sur le marché des consoles ?



Quelles conséquences pour les éditeurs et concepteurs ?


Bien que la pratique soit de plus en plus courante sur PC, les consoles restent davantage sur un système de jeux physiques, c’est-à-dire, par disques.

La dématérialisation progressive des jeux profitent bien évidemment aux éditeurs de jeux. Elle entraîne une réduction des coûts de production (représentant entre 3% et 6% du coût total du produit selon l’Agence Française du Jeu Vidéo), une baisse du piratage engendrée par la facilité d’accès aux jeux, ainsi qu’une concurrence affaiblie, voire désormais inexistante causée par l’exclusivité de possession des éditeurs sur leurs jeux. La disparition du support CD est espérée par toute l’industrie. Il en est de même pour les studios de développement, qui accèdent plus facilement à la notoriété, principalement les petits studios. Les jeux indépendants profitent également de ce système, par les coûts de production amoindris.



Et qu’en est-il des joueurs ?


Du côté du consommateur, partisans et opposants à la dématérialisation de leurs jeux favoris avancent chacun des arguments pour défendre leur point de vue.

Pour les pro-CD, une disparition des versions physiques d’un jeu est synonyme de perte de liberté sur ses achats. L’absence de possibilité de « collectionner » ses jeux est une privation de ses droits dessus. « On ne peut même plus vendre nos jeux ou les prêter à un ami. On n’achète plus un jeu, on achète juste le droit d’y jouer. » déclare Elio, jeune joueur de 16 ans en faveur du support CD. L’obligation d’une bonne connexion internet est d’ailleurs indispensable pour pouvoir acheter, télécharger et profiter des jeux. Enfin, l’argument le plus souvent mis en avant, est la douleur du portefeuille. En effet, sur console, l’inexistence (actuellement) de magasins revendeurs, autres que ceux des concepteurs eux-mêmes, empêche d’avoir accès à différents prix, obligeant à payer les jeux toujours plus chers, surtout avec l’expansion du système de « DLC » (downloadable content), des contenus additionnels payants, souvent nécessaires pour compléter un jeu à 100%.


À l’inverse, les défenseurs des jeux complètement numériques mettent en avant l’accessibilité toujours plus grande. « L’accès à des centaines, voire des milliers de jeux n’a jamais été aussi rapide. Tout est mis à la disposition du joueur, quel que soit l’âge ou la rareté du jeu. » soutient Nathan, 17 ans, fervent partisan du dématérialisé. En addition de l’accessibilité, l’aspect pratique est mis à l’honneur, le rangement des boîtes n’étant plus un problème, ainsi que « l’immortalité » des jeux, ne pouvant plus être inutilisable suite à un problème de CD rayé ou perdu.


Dans les années à venir, l’industrie vidéo-ludique va inexorablement se diriger vers une disparition progressive de son support CD. Bien que les distributeurs soient gagnants dans cette affaire, le bilan est pour l’instant mitigé chez les joueurs. Verra-t-on des alternatives apparaître dans le futur pour contenter chaque parti ?


Louis CANOBY


©2020 par Les Berges De L'Info.