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  • manchonbenjamin

Le film Netflix qui dégoute

Alors qu’habituellement Netflix est le maître en la matière lorsqu’il s’agit de nous faire nous détendre devant un bon film, un dimanche pluvieux bien au chaud. Le documentaire coup-de-poing Seaspiracy, même s’il n’a rien de mauvais, vous laissera comme un goût amer



© Netflix

Même si le genre du documentaire est souvent l’idéal pour passer un bon moment tout en s’instruisant, Seaspiracy sorti le 24 mars dernier est à l’inverse plutôt dérangeant et fait l’objet de plusieurs controverses. Le nom évoque bien sûr un autre documentaire du même genre « Cowspiracy », un film documentaire dénonçant l’impact de l’élevage du bétail vis avis de l’environnement sur lequel le réalisateur de Seaspiracy a aussi travaillé. Un réalisateur qui depuis tout petit demeure particulièrement sensible à la faune aquatique. Tout part de cet homme, Ali Tabrizi de son nom, souhaite en grandissant aider cet écosystème océanique qui le passionne tant, alors il fait des dons à de nombreuses associations mais pour lui ce n’est pas suffisant. Ali Tabrizi a besoin d'agir concrètement, c'est dans cette optique qu'il s’investi dans le ramassage des déchets sur les plages. Mais pour le jeune anglais il fallait frapper fort, très fort et pour ça quoi de mieux que le géant Netflix !



Eveiller les consciences



Il ne s’agit pas simplement d’un film documentaire sur la pêche mais bel-et bien d’une enquête d’investigation mené par le réalisateur. Dès le début de ses recherches, Ali va faire des découvertes effarantes sur le monde aquatique et notamment l’industrie de la pêche. Il va réaliser de nombreux interviews avec des hauts placés dans de grosses associations qui s’engagent pour préserver la faune et la flore marine. Or, l’on apprend que ces organisations ne mènent pas forcément le bon combat.

Alors que l’on nous rabâche que notre consommation de plastique et que le réchauffement climatique sont les plus grands fléaux pour nos mers et océans, il n’en est rien ! Le réalisateur Ali Tabrizi déclare que la surpêche industrielle est en réalité la chose qui détruit le plus les écosystèmes océaniques.

Mais pour appuyer ses dires le britannique va prendre des exemples concrets. Selon lui une fuite de pétrole en mer serait même bénéfique pour les écosystèmes marins car elle empêcherait la pêche. Voilà un triste constat que dresse le réalisateur et qui nous fait sérieusement nous interroger sur nos habitudes de consommation.



La cruauté humaine n’est pas en reste



En 2021 l’esclavage peut prendre différentes formes, le film dénonce, des individus qui sont contraints d’aller pêcher des espèces en voie de disparition dans des zones restreintes. Des esclaves démunis sont malmenés, exploités et n'ont d'autres choix que de risquer leur vie pour pêcher des animaux qui seront revendus à prix d’or.

Le plus accablant est que cette pêche ne contribue pas à nourrir les populations mais seulement certaines élites. Commander de la viande de requin ou de baleine en restaurant reflète souvent un statut social plus que confortable qui ne manque pas d’impressionner et ce, surtout dans les pays de l’est.

Mais le reste du monde n’est pas exemplaire pour autant. La France est même décriée dans le film. L’hexagone serait en effet le pays le plus meurtrier d’animaux marins exotiques en tout genre et ce 10 fois plus que le Japon ! Pourtant les Français ne sont pas réputés pour être de grands consommateurs de baleine… Une étrange révélation qui nous fait nous interroger sur le rôle que joue l’Etat Français dans cette décimation de la faune marine atlantique.



© Netflix


Un documentaire informatif mais loin d’être moralisateur



C’est là que cette exclusivité Netflix est habile, le propos n’est pas culpabilisateur envers notre société. Ce n’est pas tant notre consommation de poisson qui remise en question dans ce long-métrage mais bel-et-bien les entreprises de pêche industrielle et leur coté vicieux qui sont pointés du doigts d’un point de vue conspirationniste.

On peut en effet parler de conspiration car c’est en réalité l’industrie de la pêche qui finance la plupart des grosses organisations qui s’engage contre le plastique dans les océans. Contradictoire lorsque cette même industrie de la pêche est celle qui pollue le plus nos océans. En effet, le réalisateur met en lumière la quantité impressionnante de plastique gaspillé et laissé en mer par les pêcheurs. Face à ces accusations, le conseil de surveillance maritime s'est défendu dans un communiqué.

Seaconspiracy est un documentaire d’investigation enrichissant avec des preuves solides qui remettra sans doute en cause vos habitudes de consommation, le tout sublimé par de magnifiques images dures lorsque nécessaire mais, le film n'est pas moralisateur pour autant !


Benjamin MANCHON

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