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La disparition d'une mer

Mis à jour : janv. 24

Depuis novembre, le gouvernement Ouzbek a fait de la renaissance de la mer d’Aral une de ses préoccupation. L’étendue d’eau d’Asie centrale a quasiment disparu. Cette disparition est à l’origine d'un désastre humanitaire et environnementale important. Redonner vie à la mer semble compliqué mais est pourtant nécessaire.


Un bateau échoué depuis des années sur la mer asséchée © Artem Asset

Dans les années 1960, l’URSS qui à l’époque dominait l’Ouzbékistan, décida de développer la production de coton. Les deux principaux fleuves qui alimentent la mer intérieure Amou-Daria et Syr-Daria, sont alors détournés pour permettre l’implantation de nouvelles exploitations de coton. Au tournant des années 90, l’Ouzbékistan devient un des plus importants exportateurs de coton, mais cette réussite a un prix : La mer d’Aral s’assèche rapidement et elle est dès lors divisée en deux. La conséquence directe de la baisse de niveaux d’eau est une exposition de la salinité. Finalement, on estime que la mer d’Aral a perdu 90% de sa surface en l’espace de 50 ans.

Mais les cultures sont aussi gravement polluées après l’utilisation de pesticides et d’engrais parmi lesquels on peut citer le défoliant orange ou le DDT. Ce qui a entrainé la mort des tous les poissons, plus d’une vingtaine d’espèces au total. Avant l’assèchement de la mer 319 espèces d’oiseaux étaient présentes dans ce territoire, aujourd’hui seulement 168 espèces subsistent.

Catastrophe frappant la population locale


Si la biodiversité a été très impactée par une quasi-totale disparition de la mer, la population qui vivait autour du lac, dont beaucoup de pêcheurs se sont exilé. Les estimations font l’état de 30 000 pêcheurs obligés d’émigrer. L’impact a été particulièrement fort pour l’ancien grand port de la mer. Situé dans la ville d’Aralsk, il ne conserve un accès à la mer que par l'existence d'un canal. Ancienne grande fournisseuse de poissons la ville a perdu sa raison d’exister, les pêcheries ont cessé leurs activités et les infrastructures sont laissés à l’abandon.

Aujourd’hui, le désert qui a remplacé la mer est un lieu dangereux pour l’homme. A la différence de l’eau, le sel n’a jamais quitté la zone, le sol est infertile et lorsqu’il y a des vents violents, ceux-ci renvoient le sel et les restes produits polluants ce qui crée une poussière toxique. Les cancers, les anémies ou les maladies pulmonaires sont très virulents et le taux mortalité infantile est très élevé. A cela s’ajoute la difficulté pour se nourrir correctement. Les engrais et les défoliant ont rendu les légumes toxiques et s’appuyer sur la pêche est impossible.



Un nouvel espoir ?


Cependant des projets sont régulièrement lancés pour permettre à cette mer d’Asie centrale d’avoir une seconde vie. Après avoir obtenu son indépendance le Kazakhstan a décidé de sauver la partie de la mer qui se trouve sur son territoire. C’est ainsi que fut inauguré, en 2005, le barrage de Kokaral.

Ce barrage a pour objectif d’éviter un dispersement de l’eau trop important qui serait plus vite asséchée. Le pays Turcophone a par ailleurs réintroduit une quinzaine d’espèces de poissons différentes, ce qui a permis de redonner vie à la partie nord de la mer d’Aral.

Ce fut notamment le cas lorsque la banque mondiale a présenté son initiative « Global Distributive Tech Challenge 2021 ». Un programme qui vise à « rénover » le territoire sur lequel la mer d’Aral s’étendait autrefois.

Emmanuel Jobert


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