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  • Lucie Besse Razac

La mémoire des attentats du 13 novembre

Mis à jour : oct. 6

C’est un peu comme lorsque l'on demande à un Américain ce qu’il faisait le 11 septembre 2001, tous les Français se rappellent de la nuit tragique du 13 novembre 2015. Même quatre années après, la mémoire, les souvenirs ne s’effacent pas et les séquelles sont encore présentes. Le documentaire « Fluctuat nec mergitur », qui emprunte son nom à la devise de la ville de Paris (littéralement : il est battu par les flots mais ne sombre pas), disponible sur Netflix depuis juin 2018 raconte avec les yeux des survivants cette nuit d’horreur qui a paralysé la France entière.


Comme le raconte le documentaire, le 13 novembre 2015, il fait exceptionnellement chaud à Paris, les gens ont envie de sortir voir le match de l’équipe de France dans les bars ou simplement de se retrouver en terrasse. L’horreur commence à Saint-Denis au Stade de France aux alentours de 21h15 où deux premiers kamikazes se font exploser aux abords du Stade de France où se tenait une rencontre amicale opposant la France à l’Allemagne. Au départ, on croit à une explosion de gaz, mais c’est en trouvant des vis et des boulons à côté des corps des deux hommes que l’on comprend la véritable nature des détonations. Le Président de la République qui assistait au match est exfiltré et est mis au courant de la situation et prend la décision de ne pas interrompre le match. Quelques minutes plus tard commencent les fusillades dans le 10e et le 11e arrondissement de Paris où les terrasses sont toutes bondées. Ce sont en tout six bars et bistrots qui sont visés par les tirs de kalachnikov des terroristes dans ce quartier de Paris réputé pour être dynamique et assez vivant. Pour finir, les trois derniers assaillants se rendent vers 21h40 boulevard Voltaire, à la salle de concert du Bataclan où se produisaient les « Eagles of Death Metal », un groupe de rock Californien. Les spectateurs meurent pour la plupart sous leurs balles alors qu’ils se trouvent dans la fosse mais certains arrivent à sortir in extrémis ou à se cacher dans des endroits retirés de la salle. Pendant l’assaut, un des terroristes se fait exploser sur la scène alors que les deux autres prennent une douzaine de personnes en otages dans un des couloirs reclus du Bataclan. Les assaillants essaieront de négocier avec la police mais la brigade d’intervention criminelle entrera quand même en forçant la porte aux alentours de 00h20. Après un assaut qui a duré deux minutes, les deux derniers terroristes sont tués et les derniers otages sont libérés. C'est à 00h58 que les forces armées mettent fin à l’attaque du Bataclan.



"Je vois la mort partout où je pose mon regard"


« Fluctuat nec mergitur » n'est pas qu’un documentaire qui raconte les événements tragiques de la nuit du 13 novembre. En effet, ce programme fait plus que simplement nous remémorer cette nuit, il nous la fait vivre. On passe par toutes les émotions, c’est dur, tragique, presque insupportable mais si nécessaire pour comprendre ce qu’ont ressenti les victimes de cette tragédie. Les survivants ne font pas que livrer leur témoignage, ils arrivent parfaitement à nous transmettre chacune des émotions qui les ont traversés que ce soit la peur de mourir, le déchirement provoqué après la perte d’un proche ou même leur dernière pensée avant ce qu’ils pensaient être leur mort. On peut même avoir l’impression à notre tour de sentir l’odeur du sang, d’entendre le bruit des coups de feu et les cris des blessés agonisants. Même avec cela, on a l'impression qu'ils ne ressentent plus de haine ou de colère et malgré le bouleversement de se remémorer cette épreuve, les survivants semblent quelque peu apaisés de raconter leur histoire à la caméra. En plus de nous faire vivre les événement avec l’œil des victimes, on entend aussi les témoignages d’autres acteurs que ce soit le chef de la brigade d’intervention, le Ministre de l’Intérieur (à l’époque Bernard Cazeneuve), les pompiers de Paris… Des documentaires comme celui-ci sont absolument nécessaires pour se souvenir et ne jamais oublier. Cette mémoire est capitale pour pouvoir honorer les morts mais aussi les survivants.



Lucie Besse Razac

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