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La familia grande

« Souviens-toi, maman : nous étions tes enfants». L'histoire d'une grande famille est racontée. Une famille qui aime débattre, rire et danser, qui aime le soleil et l'été. C'est le récit incandescent d'une femme qui ose enfin raconter ce qui a longtemps fait taire la "familia grande".


Camille Kouchner, écrivaine du livre ©Bénédicte ROSCOT

Le monde littéraire a connu un nouveau séisme. Le 7 janvier Camille Kouchner a publié La Familia grande. Un livre dans lequel, elle accuse son beau père, Olivier Duhamel, de viols répétés sur son frère, lorsqu'il était adolescent. Ce livre fracassant relève deux évidences souvent passées sous silence : l’inceste est un fléau qui touche toutes les classes sociales et il bénéficie souvent de la complicité de proche.

Dans ce récit autobiographique, l’auteur brise un tabou familial existant depuis trente ans. Un choix longuement réfléchi. Se taire jusqu’à finir sous terre, et emporter dans sa tombe ce secret, telle a toujours été la règle dans la vie des célébrités. Père ministre, mère écrivaine, beau-père politologue, une révélation d’un secret lourd de conséquences. Olivier Duhamel a du démissionner de ses mandats, et de son rôle de président de la Fonction nationale des sciences politique. Il devra quitter ses fonctions d’animateur à Europe 1 et LCI. Le parquet a par ailleurs ouvert une enquête préliminaire, afin de faire la lumière sur ces accusations. A Science Po Paris, des associations d’étudiants réclament le départ de leur directeur, Fréderic Mion, mis au courant en 2018.



Briser le tabou de l’inceste.


La familia grande décrit l’histoire d’une famille tous éperdument aimés ou admirés, mais derrière la vitrine, un secret cacher par des mécanisme connus et récurrents de l’omerta autour de l’inceste, qui enferme le secret dans le poids de l’institution familiale. Manipulations, pression, culpabilité, déni… Un enfant n’est pas toujours capable de parler, ni d’affronter ces situations auxquels il n’est pas préparé.

« Nous étions si petits, et vous nous paraissez si important, si essentiels. Comment notre beau-père aurait pu désirer autre chose que notre bien ? Ce sont les parents qui font taire les enfants », écrit Camille Kouchner.



Une prise de conscience récente


La première victime d’inceste témoignant publiquement est Eva Thomas le 2 septembre 1986, dans l’émission « Les Dossiers de l’écran ». Un an avant, elle fonde, à Grenoble, l’association SOS inceste. Ainsi, les victimes prennent la parole pour dénoncer les ravages provoqués par une agression sexuel dans le cadre familiale.

Le cas de Eva Thomas ou du frère de Camille Kouchner sont loin d’être des cas isolés. Selon l’enquête de Virage, un homme sur huit et près d’une femme sur cinq déclarent avoir subi des violences para ou intrafamiliales d’ordre psychologique ou physique ou sexuel avant 18 ans. Dans 80% des cas, les atteintes sexuels sur mineurs sont perpétrées par des proches. Le 16 décembre 2020, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales livre des chiffres : 4 341 personnes ont été victimes de violences sexuels incestueuses en France, entre 2016 et 2020. Plus de la moitié des victimes avait moins de 4 ans.

De nombreuses enquêtes viennent régulièrement rappeler la réalité des choses.

Ce tabou peine à être identifié, la parole des victimes est souvent fragile, il y a peu de témoins, et les faits se sont déroulés il y a longtemps.

Ce livre tiré à 225 000 exemplaires a su briser le jeu du silence.

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