ICJ23791418 La crise politique allemande secoue la CDU
  • Hugo Mougin

La crise politique allemande secoue la CDU

Annegret Kramp-Karrenbauer, successeuse désignée d’Angela Merkel, a décidé ce lundi de renoncer à la direction du parti démocrate-chrétien et donc au futur poste de chancelière. Cette décision fait suite à la crise politique causée par une alliance régionale de son parti (CDU) avec l’extrême droite (AFD).


Annegret Kramp-Karrenbauer PHOTO: GETTY IMAGES / SEAN GALLUP

La crise politique allemande rend très floue la succession d’Angela Merkel. Alors que cette dernière quittera son poste de chancelière au plus tard fin 2021, le nom de son héritier peine à se dessiner après la démission d’Annegret Kramp-Karrenbauer, présidente de la CDU (Union Chrétienne Démocrate). Ce lundi 9 février, la femme de 57 ans a craqué après plus d’un an de vives contestations. C’est une élection, le mercredi 5 février, qui marquera la fin de sa présidence. Ce jour-là, en Thuringe (Une région allemande), le libéral Thomas Kemmerich a été élu à la tête du Land (région) grâce à l’alliance entre la CDU et l’AFD (Alternative pour l’Allemagne). Cette alliance d’intérêts entre les deux formations politiques provoqua un énorme tollé dans l’opinion politique, d’ultimes contestations qui auront coûté son poste à la femme élue en décembre 2018 à la tête de son parti.

Elle n’était pas du tout appréciée par l’opinion publique non plus, elle était réputée très cassante. Elle n'a pas le sens politique comme peut l’avoir Angela Merkel. Ses idées très rigides sur des débats de sociétés et quelques positions dérapant un peu vers la transphobie ou l’homophobie ont marqués les esprits.

Parmi toutes les contestations contre elle, il y a aussi la remarque récurrente que Annegret Kramp-Karrenbauer n’arrivait pas à tenir son parti. Cette idée est encore plus forte depuis le jour de l’élection de Thomas Kemmerich, elle n’a pas réussi à empêcher cette alliance et la question des extrêmes politiques est de plus en plus présente en Allemagne.


« Une partie du CDU a une relation non clarifiée avec l’AFD et Die Linke »


Elle a quitté son poste non seulement à cause de l’alliance ponctuelle avec l’AFD, l’extrême droite, mais aussi à cause des rumeurs qui expliquent que la CDU pourrait s’allier avec le parti de gauche radical « Die Linke ». L’ex-présidente du parti rejetterait catégoriquement une alliance avec un de ces deux partis et c’est donc une des raisons principales de son départ selon les observateurs. Elle déclara notamment après sa démission : « Une partie du CDU a une relation non clarifiée avec l’AFD et Die Linke ».

De nombreuses personnes sont citées pour remplacer Annegret Kramp-Karrenbauer à la tête de la CDU mais deux principaux noms se détachent. Tout d’abord, Friedrich Merz est le principal candidat. Il est ultraconservateur et avait été battu de peu en décembre 2018 lors de l’élection de la démissionnaire. Il est très controversé par l’aile gauche de son parti à cause de ses positions très à droites mais aussi pour son rôle dans la branche allemande du fond d’investissement BlackRock, aussi très controversé en France et dans les autres pays européen. Preuve peut-être de son envie de postuler au poste laissé vacant, il a récemment démissionné de cet emploi.

Autre candidat : Jens Spahn, lui aussi perdant de cette dernière l’élection. Il était très critiqué depuis 2015 sur sa politique d’accueils des réfugiés. Mais plusieurs éléments jouent contre lui. Tout d’abord, son homosexualité assumée pourrait lui coûter un nombre conséquent de voix dans son parti qui reste très conservateur, comme Annegret Kramp-Karrenbauer, sur de nombreux sujets de sociétés. Son jeune âge (39 ans) pourrait aussi lui coûter sa place. Aussi, sa gestion actuelle du cas du coronavirus, puisqu’il est ministre de la santé, pourra poser question dans les semaines à venir.


Hugo MOUGIN




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