ICJ23791418 L’intelligence artificielle dans le journalisme
  • Antonin Albert

L’intelligence artificielle dans le journalisme


L’intelligence artificielle (IA) fait de plus en plus partie de notre quotidien, tout secteur confondu. Le journalisme ne fait donc pas exception à la règle, avec l’apparition de cette technologie dans la création d’article.



Les robots journalistes, c’est comme ça que sont appelés les IA qui créent, sans l’aide humaine, des articles de presses, sur divers sujets. Ces robots sont des algorithmes de rédaction programmés pour traiter un ensemble de données chiffrées et textuelles à la fois publiques et privées. Ils sont capables de rédiger des dépêches, brèves de compte-rendu de séances boursières, d’événements sportifs et de résultats électoraux.

Cette technologie a fait son apparition dès le début des années 2000. En France, le premier média à l’avoir utilisé est le journal Le Monde en 2015. Les premiers articles rédigés par des robots traitaient des élections départementales.

Ce secteur est en pleine expansion. C’est pourquoi d’autres robots journalistes voient le jour. C’est le cas de l’entreprise Syllabs, qui fournit aux médias des robots journalistes, dans le cadre d’évènements particuliers. Parmi les clients de l’entreprise on compte Les Echos, Slate, France Télévisions ou encore La Tribune.


Carte de presse factice pour robot

Le phénomène n’est pas seulement présent en France. La presse aux États-Unis a été précurseur dans le secteur. Dès 2014, le Los Angeles Times utilise Quakebot, qui est l’un des premiers robots à avoir analysé des données sismiques et les retranscrire en article.

On peut aussi citer le Washington Post, qui a recourt depuis plusieurs années aux services d'une intelligence artificielle pour écrire des articles. Baptisé Heliograf, ce robot a signé plus de 800 textes, en couvrant des actualités politiques et sportives. Cette IA a été, à l’origine, créée à l’occasion des jeux olympiques de 2016, afin d’épauler l’équipe de rédaction. Durant les jeux, Heliograf va écrire 300 articles sur l’actualité de la compétition.


Au cours de sa première année de fonctionnement, l’intelligence artificielle du Washington Post a publié près de 850 articles. Parmi ces papiers, 500 étaient consacrés aux élections : ils ont généré plus de 500 000 clics.



Une technologie controversée


Cette avancée technologique pose des problèmes dans la profession, du fait d’un éventuel remplacement de la main humaine par une IA. Le Washington Post se justifie à propos de cela : « Les articles confiés à Heliograf portaient sur des sujets que le média n’aurait sans doute pas demandé à ses équipes de journalistes de couvrir en l’absence de cet outil. L’intelligence artificielle n’a donc pas remplacé les journalistes qui travaillaient déjà pour le Washington Post, mais a davantage été utilisée comme une aide par la rédaction. »

Jeremy Gibert, directeur des initiatives stratégiques du Washington Post, entend donner un rôle plus important à cet outil lors des futures élections présidentielle américaines.


Les éditeurs de presse sont bien conscients de la nécessité de produire toujours plus de contenus. En recourant à l’IA pour les articles plus basiques de recoupement de données, purement informationnels n’ayant besoin ni d’enquêtes ni d’opinion, l’éditeur de contenu augmente non seulement ce contenu, mais également ceux exigeant un réel travail journalistique auquel le journaliste pourra se consacrer.


On peut donc en déduire que l’intelligence artificielle, au travers des robots journalistes, est un levier d’optimisation.



Antonin Albert

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