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  • Coline Cornuot

Jonathan Nebout, un adjoint au dévouement permanent

Mis à jour : il y a 4 jours


Photo : @_joneb


À seulement 26 ans, le jeune Vichyssois est assistant coach à la JAVCM aux côtés de Guillaume Vizade. Titulaire du poste depuis 8 ans, il échange avec passion sur ce qui semble n’être que le début d’une grande carrière.


En quoi consiste votre rôle d’adjoint ?


Mon rôle est multiple, j’agis à la fois sur et en dehors du terrain. 60% de mon travail se fait dans l’ombre : je fais de l'analyse vidéo sur le jeu de mon équipe et de l'équipe adverse. J’essaie de repérer les forces et faiblesses de chacune pour chercher des pistes d'amélioration, créer le plan de jeu et la stratégie de match.


Sur le terrain, j'ai un rôle d'assistant, je conseille Guillaume sur ce que je vois et perçois du jeu, pour qu'il puisse prendre les meilleures décisions possibles. J’interviens aussi lors de l'échauffement en ce qui concerne la prévention des blessures, et je conseille les joueurs de manière individuelle.


J’aime tous ces aspects de mon travail. Il me permet de prendre part à la performance collective, à l'investissement de l’équipe. C’est ce qui m’a donné envie de tenir ce rôle.



Avez-vous suivi une formation ?


J’ai passé deux diplômes : le diplôme d’entraîneur (BE1), que j’ai obtenu à l’âge de 19 ans et, environ quatre ans plus tard, un diplôme concernant l’assistance vidéo, qui m'a appris à utiliser un logiciel spécifique.


Cette année, je passe avec la fédération française de basket-ball le dernier diplôme d'entraîneur, le DES (Diplôme d'Étude Spécialisé). Lorsque je l'aurais obtenu, je pourrais coacher toutes les équipes de Pro B et Pro A.



Quelle est votre relation avec les joueurs ?


Avant tout, il s’agit d’une relation de travail. Je fais travailler les joueurs individuellement en dehors des entraînements collectifs, notamment Gregory, Arthur et Serge. J’approfondis avec eux leur technique individuelle, pour qu’ils progressent et s’impliquent davantage et mieux dans le jeu.


Mais j’ai aussi une relation très humaine avec eux, j’aime être une sorte de confident. Il y a alors des choses que je transmets à Guillaume, d’autres pas. Mais je pense que c'est bien pour eux d’avoir une oreille attentive venant du coaching staff.



À seulement 26 ans, vous occupez un poste à responsabilités, votre jeune âge n’est-il pas un obstacle ?


Les gens peuvent penser qu’à 26 ans, on n’a pas d’autorité sur les joueurs, ou du moins, pas leur respect. Mais je le gagne en étant très investi dans mon travail. Les joueurs le ressentent rapidement et ils comprennent que je suis là pour les aider dans leurs performances. J’ai très rarement eu à élever la voix ou à affirmer mon autorité de manière excessive.



Quelles sont les valeurs que vous défendez à travers votre travail ?


Je défends beaucoup de valeurs humaines comme la cohésion et le partage. J'aime voir les joueurs avoir de la vie à l’entraînement : sourire, s'éclater, s’entraider. D’un point de vue plus sportif, la combativité, l’intensité, le dépassement de soi ou encore le fait de s'unir pour atteindre un même objectif, sont des valeurs qui m'animent.



Qu’est-ce qui vous plait au sein du club de basket de Vichy ?


Je trouve que Vichy est une belle ville. J’en suis originaire et j’ai toujours vécu ici, donc évoluer avec le club de mon enfance et de mon cœur est une fierté. L’environnement est aussi assez favorable pour nous parce qu’on a des infrastructures de qualité et qu’elles s’améliorent d’années en années. Et j'y ai un environnement de travail favorable : les gens avec qui on travaille, les administratifs, les coachs, sont des gens supers.



Qu’est-ce qui vous a rendu le plus fier au cours de votre carrière ?


La montée de nationale 1 en Pro B est le souvenir qui me marque le plus. Ce que j'ai en mémoire, c'est la salle remplie : 3500 personnes chantant, criant, célébrant la montée. Voir tous ces gens heureux autour de nous et se dire que l’on a été partie prenante de ce projet procure une petite fierté.



Sur le plan personnel, qu’est-ce que votre parcours vous a apporté ?


Les deux choses qui me viennent en premier à l'esprit sont la persévérance et le travail d'équipe. La persévérance, parce que dans ce métier là, on ne peut pas concevoir de compter ses heures : il faut s’impliquer tout le temps. À présent, dans ma vie personnelle, j’essaie de ne jamais lâcher prise, d’aller creuser, pour toujours me perfectionner.


Deux rencontres m’ont particulièrement apporté. Fabien Romeyer est le premier coach qui m'a fait confiance alors que j’avais seulement 19 ans et pas d’expérience particulière dans le haut-niveau. J’ai travaillé avec lui pendant quatre ans et je lui dois beaucoup. Aujourd’hui, c’est Guillaume qui me fait évoluer : en tant qu’entraîneur mais aussi en tant qu’homme sur beaucoup d’aspects.



Qu’envisagez-vous pour votre avenir professionnel ?


À court terme, d’un point de vue personnel, obtenir le diplôme de la fédération est important pour moi. J’aimerais aussi faire la meilleure saison possible avec l'équipe et surtout, que l’on réalise une bonne année ensemble. J’espère qu’on produira du beau jeu pour que les gens prennent du plaisir à nous voir jouer. Cela me rendrait vraiment heureux.


A moyen terme, je vais essayer d'évoluer en tant qu’assistant pour atteindre le meilleur niveau possible. J’aimerais atteindre la première division, de préférence ici, à la JAVCM. Et sur le long terme, j’ambitionne d’entraîner ma propre équipe, dès que je me sentirais prêt à le faire.



Quels sont les principaux objectifs de l’équipe pour cette saison ?


Il faudrait répéter la performance de l'année dernière, 3e place du championnat et ¼ de finale de playoffs, parce que le plus dur dans le sport et même dans la vie, ce n’est pas de faire les choses une fois mais de recommencer. L’objectif est donc de terminer de nouveau dans les 5 premiers en playoffs, et si on peut faire plus, on fera plus, on ne va pas se priver.


Clémence Gabory

Coline Cornuot

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