ICJ23791418 Israël au cœur d’une impasse gouvernementale
  • Clémence Gabory

Israël au cœur d’une impasse gouvernementale

Mis à jour : 11 oct. 2019


Le président israélien Reuven Rivlin a désigné Benyamin Netanyahou pour former un gouvernement d’union nationale. Crédit photo : REUTERS/Ronen Zvulun.

L'État d'Israël en bref


Situé dans le Proche-Orient au Moyen-Orient, l’Israël comptait 9 millions d'habitants en 2017. Tel Aviv est considérée comme sa capitale mais la principale ville de cet État est pour beaucoup d'Israéliens la ville Sainte de Jérusalem. Elle est convoitée et disputée par 3 religions monothéistes ; le judaïsme, le christianisme et l'islam. Longtemps appelée “le berceau des civilisations”, Jérusalem possède en son centre le Mur des Lamentations. Il s'agit du dernier vestige restant du temple de Salomon. Ce dernier est une des causes des tensions entre les juifs et les musulmans qui voudraient l’avoir comme « lieu saint ». Les ambassades des différents pays du monde se trouvent à Tel Aviv pour éviter les conflits, c’est aussi le centre économique du pays. Tel Aviv est une ville portuaire qui s'étend sur 14 km le long de la côte méditerranéenne, fondée en 1909 à l’époque ottomane. La ville est considérée comme moderne, elle est aussi la deuxième plus grande ville en Israël en nombre d’habitants, derrière l’incontournable Jérusalem (environ 443 900 habitants en 2017).


En 2018, Donald Trump, en soutien à Israël, a déplacé l'ambassade des USA à Jérusalem. Cet acte a ravivé le conflit israélo-palestinien.


Israël est un pays enclavé par ses voisins comme l'Iran et la Syrie, deux pays alliés entre eux. En théorie, l’État sioniste est revendiqué comme laïque mais pourtant, les juifs ont des privilèges au sein même du pays. Il existe dans cet État, plusieurs types de populations juives:


- Les séfarades, issus de la péninsule ibérique, qui ont été expulsés par les autorités chrétiennes.

- Les ashkénazes, des Juifs provenant d'Europe centrale et orientale.

- Les Mizrahim descendant des différentes communautés juives du Moyen-Orient, du Caucase, jusqu'en Asie Centrale et en Inde.

En Israël, un sondage a établi un total de 75% de la population étant de confession juive.


Un historique lourd


Le gouvernement britannique a promis un État juif avec la déclaration de Balfour en 1917, ce qui a déclenché l’hostilité des populations arabes. Une importante immigration juive a pu être remarquée pendant l’entre deux-guerres à cause des régimes totalitaires qui se trouvaient en Europe et en Russie notamment avec le sionisme (volonté d’un Etat juif en Palestine).

Entre 1922 et 1937 la population juive a triplé en Israël, 300 000 juifs en plus. Le 14 mai 1948, Ben Gourion a proclamé la naissance d’un État juif, Israël ce qui engendra de vives réactions de la part de tous et déclencha même des guerres. De plus, des tensions supplémentaires ont été créées par des musulmans habitant sur le territoire. Jérusalem sera par la suite placé sous contrôle international.

Les guerres israélo-arabes, un affrontement quasi-permanent :


L'Egypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie et l'Irak ont attaqué en 1948 l’Etat d'Israël à la suite de leur déclaration. C’est la première guerre Israélo-arabe. Soutenus par l'URSS, Israël gagne 20% de territoires : Jérusalem ouest, de la Cisjordanie à la Jordanie et de Gaza à l’Egypte. Aussi soutenu par les USA, Israël est un poids important face à ses rivaux. Par la suite, Tsahal l’armée israélienne est créée.


Puis les crises s’enchaînent. De Suez en 1956 à la guerre du Kippour en 1973 en passant par la guerre des 6 jours en 1967, Israël n’en démord pas et sort globalement vainqueur. Par la suite le conflit s'internationalise, avec la première guerre pétrolière due à la réduction des exportations décidée par l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole.


En 1978, les accords de Camp David sont signés. Sadate, le président Égyptien, Begin, le 1er ministre israélien et Carter le président des Etats-Unis (gendarmes du monde). Certains arabes percevaient Sadate comme un traître, il fut donc assassiné en 1981 lors d’un attentat au Caire. Les années 1980 sont marquées par de nouvelles violences. En 1981 avec l’assassinat de Sadate, en 1982 avec l’intervention d’Israël au Liban (attaque de camps de réfugiés palestiniens sous prétexte de la présence de membres terroristes de l’OLP).


Plus tard, en 2008 et 2009, il y a une opération militaire israélienne dans la Bande de Gaza pour mettre fin à de nombreux tirs de roquettes. Depuis 2010, les violences sur le territoire n’ont pas cessé. En effet, Israël est un État soumis aux conflits, de façon continue.


Un système politique au milieu des conflits


Malgré ces nombreux conflits, la politique perdure. Le régime politique de l’État d’Israël est aujourd’hui parlementaire i.e fondé sur une séparation souple des pouvoirs Ses institutions décrivent en partie le mouvement sioniste. C’est un gouvernement monocaméral où la seule chambre du parlement est la Knesset, détenant ainsi une grande partie du pouvoir. La séparation des pouvoirs est assurée de la façon suivante, le pouvoir législatif est détenu par les 120 députés du Parlement israélien réélu tous les quatre ans. Pour assurer la majorité permettant la gouvernance du pays, il faut avoir au moins 61 sièges. Le président d'Israël, doté de peu de pouvoirs, est élu par la Knesset pour un mandat de sept ans non renouvelable. Le pouvoir exécutif est assuré par le premier ministre (dirigeant du parti ou de la coalition majoritaire au Parlement) qui nomme ses ministres. Le pouvoir judiciaire est, lui, aux mains des juges de la cour suprême (15 juges nommés par une commission). Jusqu’à présent, Golda Meir a été la seule femme qui a dirigé Israël.


Israël, comment les événements passés ont-ils conduit à la politique d'aujourd'hui ?


Actuellement, le président Israélien est Reuven Rivlin. Comme vu précédemment, il s’agit plus d’une fonction honorifique au sein de la culture Israélienne. A ses côtés gouverne Benyamin Netanyahou, premier ministre conservateur, soupçonné de fraude, de corruption et d’abus de confiance.


Benyamin Netanyahou a jusque-là, 13 ans de pouvoir au total. Sa dernière décision politique, la réforme du service militaire obligatoire, a été la raison pour laquelle le peuple n’a pas souhaité le réélire. Cette réforme met fin au fait que certains Israéliens (les Juifs ultra-orthodoxes et les Arabes israéliens) étaient dispensés de faire le service militaire car ils étudiaient au yeshiva qui est un centre d'étude de la Torah et du Talmud dans le judaïsme.


Une élection législative s’est déroulée le 17 septembre 2019. Elle a regroupé 6,4 millions d’électeurs. Le programme de Netanyahou reposait sur un projet d’annexion de la Vallée du Jourdain et d’autres territoires palestiniens près de la mer morte. Benny Gantz est le rival principal de Netanyahou. Ancien militaire et homme politique israélien, il a exercé la fonction de chef d'état-major de Tsahal de 2011 à 2015. Ce qui lui donne une certaine légitimité et prestance devant le peuple d’Israël. Son programme repose essentiellement sur la promesse du maintien des intérêts sécuritaires d'Israël et d’une tentative des reprises de discussions entre les pays voisins et les Palestiniens pour apaiser les tensions historiques. Ce qui lui fit défaut fut son programme un peu trop utopique au goût des autres.


Au terme de ce scrutin, le parti centriste Kahol Lavan ("Bleu-blanc") de Gantz a obtenu 33 sièges sur les 120 du Parlement, contre 31 pour le Likoud de M. Netanyahou. N’ayant pas obtenu la majorité, les deux partis dominants ont cherché à s’allier avec des petits partis. Cela n’a pas suffit à obtenir une majorité absolue.

Après les alliances, le Likoud allié de la droite et des partis religieux a obtenu 55 sièges sur les 120 du Parlement. Les Bleus-blanc en a lui obtenu 54 en comptant leurs soutiens au sein de la gauche et des partis majoritairement arabes.


Le Président Rivlin a ainsi débuté des consultations afin d'arbitrer le différend. Sans se prononcer dans le détail, il a annoncé la couleur : "Je suis convaincu qu'il faut former un gouvernement stable avec les deux grands partis, le Likoud et Bleu-Blanc ». C’est la volonté du peuple". Seule une alliance des 2 grands partis permettrait de résoudre le problème. Mais les conditions proposées respectivement ne le permettent pas.

Un parti ne veut pas s’allier. c’est celui d’Avigdor Liberman, ancien ministre de la Défense. En tant qu’ancien allié de Netanyahou, il aurait dû se mettre aux côtés du Likoud. Mais, selon lui les autres partis ne sont pas à la hauteur pour gouverner Israël. Il a donc décidé de ne pas s’allier alors qu’il aurait pu offrir grâce à ses sièges, une majorité à l’un des 2 partis.


Le président Rivlin a annoncé le mercredi 25 septembre qu’au vu des résultats le premier ministre sortant a pour obligation de former un gouvernement d’union dans un délai de 28 jours. Dimanche 29 septembre les partis de Netanyahou et Gantz ne sont toujours pas parvenus à s’entendre sur une formule de partage du pouvoir dans un gouvernement d'union. Les deux rivaux se renvoient la faute sur le fait de ne pas réussir à trouver une solution.


Sans coalition et sans gouvernement stable, Israël est laissé dans un climat d’incertitude alimenté par des difficultés de projection vers un avenir inconnu. Alors, Israël s’apprête-t-il à changer de gouvernement ? Dans tous les cas, l’avenir de la politique d’Israël est au cœur de tensions, de désaccords et de divisions.

Peu importe le candidat qui ressortira vainqueur, il ne cessera jamais d’être illégitime aux yeux de tout le pays à cause des différentes origines et principes et croyances des différentes populations qui vivent dans cet état.



Clémence Gabory

Lola Inial

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