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  • Clémence Gabory

Harcèlement scolaire : les établissements se mobilisent

Mis à jour : oct. 12

Cette année, en France, près de 700 000 enfants sont victimes de harcèlement scolaire, soit près d'un enfant sur dix. Le harcèlement scolaire, une violence répétée (verbale, physique ou psychologique) d’un ou plusieurs élèves à l’encontre d’un souffre-douleur, dans le milieu scolaire, est un phénomène dramatique. Chaque premier jeudi du mois de novembre se déroule la fameuse journée mondiale contre le harcèlement scolaire, créée en 2015. Le jeudi 7 novembre 2019, des établissements scolaires se sont mobilisés pour combattre ce fléau.


Outils de communication de la campagne 2018 – 2019 du Ministère de l'Éducation nationale

Le harcèlement scolaire peut commencer dès la maternelle, et peut se poursuivre en primaire, au collège, au lycée et continuer jusqu'aux études supérieures. C’est pourquoi beaucoup d’établissements ont réalisé, à l’occasion de cette journée, des activités pour mobiliser les jeunes.

Certains ont installé des ateliers explicatifs, comme des interventions d’associations pour expliquer ce qu’est le harcèlement. Des groupes de paroles ont été mis en place pour réfléchir à des solutions, mais aussi pour amorcer des débats. Des établissements ont même accueilli d’anciennes victimes dans le but de témoigner auprès des élèves.


D’autre part, des activités plus concrètes et ludiques ont été réalisées, comme des pièces de théâtre où des scènes de harcèlement ont été reproduites. Des chorales, des clips de sensibilisation et des affiches ont été créées par des élèves qui exposaient les différents types de harcèlement. Ces activités « se conjuguent aux différentes actions déjà menées à l’école durant l’année scolaire », explique une directrice dans un collège parisien.


« Harcèlement, le spectateur est-il acteur ? »


Malgré des améliorations établies par de nombreux établissements afin de lutter contre le harcèlement scolaire, les victimes se sentent toujours isolées, et dans la plupart des cas elles ne sont pas soutenues. Les harceleurs sont généralement conscients des actes qu’ils commettent, cependant d’autres ne s’en rendent pas compte (sous un effet de de groupe notamment). Il existe quelques cas, où ce sont d’anciennes victimes qui deviennent à leur tour harceleurs, ceci est un phénomène inquiétant. Mais aussi, des témoins assistent à des actes de harcèlement sans agir, autrement dit, ils cautionnent involontairement les harceleurs, au détriment des victimes. C’est un sujet tabou, où l’on n’ose pas assez dénoncer, et reconnaître les violences commises. Pourtant, cela pourrait aider de nombreuses personnes victimes d’harcèlement. D’autant plus, beaucoup de professeurs sont mal formés pour réagir face à ce problème. Il faut donc continuer à mettre en place et développer des systèmes pour combattre face au harcèlement car personne n’en est épargné. La vigilance est primordiale.


Crédit photo : ©Fotolia

Outre la journée du 7 novembre, de nombreux projets sont effectués dans les lieux scolaires. Il y a par exemple des formations auprès de jeunes volontaires pour devenir « copains vigilants » ou encore l’existence d’élèves « ambassadeurs ». Ces derniers ont pour rôle de régler les petits problèmes quotidiens entre leurs camarades et transmettre aux professeurs principaux les cas les plus graves. Les jeunes qui sont engagés dans cette lutte sont fiers de ce qu’ils peuvent apporter à leurs camarades, comme le témoigne ce collégien : « Si cela peut aider et sauver des vies, j’en suis ravi. » La lutte contre le harcèlement à l'école est devenue, ces dernières années, une priorité affichée par le gouvernement. C’est pourquoi, en juin, le ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse, Jean-Michel Blanquer, a annoncé de nouvelles mesures. Notamment un stage en janvier 2020 pour des enseignants qui deviendront les « référents harcèlement » dans chaque école. Des « kits pédagogiques » seront également mis en place.

L’objectif de cette prise de conscience est que le harcèlement scolaire cesse pour permettre à tous les élèves d'avoir une scolarité épanouie. Ce phénomène dramatique pousse chaque année des victimes du harcèlement à commettre des actes irréparables, comme le suicide. Il est donc nécessaire de réagir face à ce problème. Comme l’affirme l’association Positive Football dans sa dernière campagne, « le harcèlement scolaire, quand on n'est pas la cible, on est la solution ».


Clémence Gabory

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