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  • Thomas Jau

Guillaume Vizade, le travail récompensé


Crédit Photo : Twiter @GuillaumeVIZADE

Après une saison qui aura vu la JAVCM franchir un nouveau cap, nous avons rencontré le coach Guillaume Vizade.



Bonjour Guillaume, pour commencer est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots ?


Guillaume Vizade, j’ai bientôt 37 ans et je suis l’entraineur principal de la Jeanne d’Arc Vichy Clermont Métropole depuis 3 ans. Vous avez été coach d’équipes jeunes et vous êtes désormais le coach de l’équipe A, comment votre passé se matérialise-t-il aujourd’hui dans votre quotidien de coach et qu’est-ce qu’il vous apporte ?

Ça m’a apporté de travailler avec les jeunes dans la formation. Puisque, quand on est dans la formation, on est obligatoirement concentré sur l’humain : on est face à un public jeune, d’adolescents qui sont en construction, donc on doit en plus de leur apporter de la technique. Les faire progresser sur le plan basket, c’est les construire en tant qu’homme. Donc quand on bascule avec une équipe professionnelle, le fait d’être centré sur l’humain, ça permet d’être plus sensible à certaines problématiques et donc de passer plus de temps sur la question du management que la question purement tactique.


Guillaume Vizade, un coach porté sur l'humain. Crédit photo : Sara Jardinier

Vous nous parliez à l’instant de l’humain, comment, dans un groupe professionnel, arrive-t-on à gérer les ego et à solidifier un groupe pour avoir une cohésion commune ?

Premièrement, on a besoin d’avoir des ego, on a besoin d’avoir du caractère parce qu’on va rencontrer de l’adversité et pour passer le cap de cette adversité, il faut utiliser cet ego. Alors après, il faut essayer de faire en sorte de bien l’utiliser et dans un sens commun, dans un sens collectif. Moi je ne suis pas quelqu’un qui a peur des caractères, au contraire on va plutôt avoir une tendance à recruter des gens qui ont du caractère, par contre une fois qu’on les accueille dans le club, notre volonté, notre qualité, c’est de les faire adhérer au projet commun. Donc il faut les deux, il faut avoir un rôle, que les personnes s’engagent à tenir ce rôle-là et que ce rôle soit ensuite bien défini dans notre stratégie d’équipe.

L’année dernière vous avez obtenu le titre de Coach de l’année de la Pro B, quel regard portez-vous sur cette distinction ? Et comment l’avez-vous ressenti ?

Déjà, on est forcément heureux du fait de la manière dont on est élu parce que ce sont les autres coachs et les journalistes de la division qui votent. C’est surtout une reconnaissance pour l’ensemble de notre staff puisque le travail que l’on met en place toutes les semaines, c’est le fruit d’un travail collectif et ce n’est pas que le staff sportif. C’est aussi l’encadrement général du club et forcément les joueurs donc on reconnait que l’équipe a performé. À travers cette distinction, on se dit d’abord que cette équipe, on ne l’attendait pas à ce niveau-là, on ne l’attendait pas dans cette performance là et finalement on est agréablement surpris par ce qu’ils ont produit sur le terrain. Donc c’est la conséquence de ce travail-là et donc forcément, c’est une distinction dont on est fier au club puisque même si la saison ne s’est pas terminée par une accession ou par la victoire en playoffs, ça vient quand même souligner la qualité et le volume de travail qui a été effectué l’an dernier.

Pour en revenir justement aux playoffs de l’année dernière, maintenant que les vacances sont passées et que vous avez pu faire une pause, quel regard avez-vous sur ces playoffs ? Est-ce que ça reste comme un échec ou est-ce que vous le voyez comme quelque chose qui va faire ou qui fait déjà une différence aujourd’hui ?

C’est la première fois que le club de la JAVCM allait en playoffs, donc pour ça c’est hyper positif, on avait peu de vécu dans cet espace là que sont les playoffs. C'était également pour moi la première fois que l’on qualifiait l’équipe, on a été sorti de justesse sur les deux matchs par Gries Oberhoffen. C’est une réalité sportive, on s’est battus avec nos armes, eux aussi, et ils se sont qualifiés. On se rend compte que pour exister sur toute la saison plus les playoffs, il faut être très solide. Alors on essaye de construire pour que notre effectif s’étoffe, soit plus complet, qu’on double plus les postes et qu’on soit capable peut-être de mieux gérer cette saison. Mais pour ce qui est de ça, pour l’instant, on n'a aucune certitude. Il va falloir beaucoup travailler, on est reparti, pas d’une feuille blanche mais d’une feuille à moitié remplie, 50/50. Il faut repartir sur ce travail-là et on espère déjà réussir à rééditer une saison qui nous permette de nous qualifier en playoffs : ça c’est vraiment l’objectif principal.

Vous parliez des playoffs qui ont été une étape importante pour le club, est-ce que la saison à venir est une nouvelle étape à franchir ou celle de la confirmation en envisageant, pourquoi pas, une montée dès cette saison ?

Il y a 2 choses différentes pour moi, la première c’est de confirmer sur une deuxième saison avec la performance sportive et la performance sportive, c’est d’abord le fait que l’on soit dans un championnat hyper concurrentiel. On a des budgets qui sont inégaux, il n’y a pas de question de Salary Cap en Pro B, il y a des chiffres qui sont sortis : l’année dernière on était 10e en terme de budget de club et 9e en terme de masse salariale. Cette année on a progressé d’une place : 9e en terme de budget et 8e en terme de masse salariale, ça veut dire que si on obtient les playoffs, on sera performant parce qu'on bat déjà une réalité, qui est une réalité forte dans le sport : la réalité économique. Ce n’est pas la seule heureusement. C’est pour ça qu’on est habité par cet esprit de compétition mais c’est quand même une réalité. Donc si finalement on réussit dès la deuxième année à aller un petit peu contre les pronostics économiques, et bien déjà on sera dans une solidité, parce qu’on a réussi à faire ça une deuxième année consécutive. Ensuite si on va plus loin dans cette réalité économique, l’accession en Jeep Elite, c’est un but sportif. Mais pour pouvoir mener à bien ce projet-là, il faut progresser dans tous les domaines du club. Le club, ce n’est pas seulement le côté sportif : sur le plan économique et commercial, on a aussi beaucoup de choses à faire pour passer des caps. On se rend compte que le budget moyen en Jeep Elite Pro A cette année va être de 5,8 millions, aujourd’hui notre budget à nous, il est de 2,1 millions. Si on veut sainement imaginer une montée, les deux clubs qui ont été promu l’an dernier, Roanne et Orléans, sont montés déjà avec des budgets qui avoisinaient les 3 millions pour Roanne et qui étaient au-dessus de 3,5 millions pour Orléans. Donc en progressant, ils se rapprochent de la médiane de la Jeep Elite Pro A, nous sommes pour l’instant dans la médiane de la Pro B. Avant d’imaginer de monter de manière sereine, c’est-à-dire d’annoncer la montée en été, et dire que l’année prochaine on veut monter en Jeep Elite, on a beaucoup de paliers à franchir. Ce qui ne nous empêche pas, une fois que la saison est lancée, de travailler pour être le plus performant et pour gagner le championnat. Ce sont deux plans. Nous, sur le plan sportif, on essaiera de mettre en œuvre le plus possible tout ce qu’on peut pour réussir à gagner le championnat. Maintenant, il faut aussi être lucide, on ne peut pas annoncer une montée en étant le 9e budget du championnat. Ce serait illogique et un petit peu irréaliste de notre part en terme de communication.

Parmi les adversaires que vous allez avoir la chance d’affronter cette saison, est-ce qu’il y en a un qui vous marque un peu plus, que vous avez peut-être affronté l’année dernière, qui a laissé un goût amer et que vous avez encore plus envie d’affronter cette année ou est-ce que finalement c’est vraiment la saison régulière dans sa globalité qui vous intéresse ?

On peut regarder les adversaires qui ont le plus progressé en terme de masse salariale notamment, puisqu'on voit que Paris Basketball, par exemple, a remplacé Orléans en terme de masse salariale, donc a quasiment 1,1 millions d'euros, ce qui fait quasiment deux fois notre masse salariale (ndlr : 690 000 euros). C’est un concurrent, qui s’installe forcément comme un favori pour la montée. On a le club d’Antibes qui descend de Pro A, qui continuera d’avoir un gros budget et qui a fait un très gros recrutement. Ce sont deux clubs qui, forcément, du fait de leurs ambitions, si on vise l’excellence et si on vise à battre les meilleurs, on doit avoir dans le viseur et qu’on essaie de réaliser des performances contre ces équipes-là. Après, il y a des grosses équipes comme Nancy, comme Rouen, qui ont aussi un passé récent de Pro A et qui ont une grosse volonté de remonter.

La réussite de la saison dernière vous ajoute-t-elle une forme de pression ou au contraire, avez-vous encore plus envie de repartir sur la même dynamique ? On prend goût à ça et être une équipe, un club qui gagne, c’est difficile. Donc on veut reproduire ça. On essaie d’avoir cet état d’esprit, on veut tout faire pour mettre l’équipe, le staff et l’organisation dans les conditions pour gagner. On a réussi à le faire une saison en finissant 3e du championnat. On sait que ce sera difficile à reproduire, mais on vise cette excellence-là.

La région se félicite d’avoir un club comme la JAVCM et qui plus est de la voir dirigée par des Auvergnats comme vous. Est-ce que cette culture commune est une force sur laquelle s’appuie le club et qui fait peut-être la différence par rapport aux autres ? Un des paramètres de performance dans le sport de haut niveau, c’est la gestion de l’environnement. Donc le fait qu’on soit né ici pour la totalité du staff, et que l’on ait une bonne connaissance de l’environnement, je pense que ça aide. Ça aide parce qu'on a des raccourcis quand on veut avoir des gens en contact. On a des contacts privilégiés avec les clubs, les gens qui travaillent à la fédération, les ligues régionales, le conseil général, le comité de basket. Que ce soit politique ou sportif, on a des accès directs plus rapides, donc le fait que l’on soit d’ici, je pense que ça encre le projet.

Ça donne aussi une légitimité : c’est de dire qu’il faut qu’il y ait du sens pour que le sport de haut niveau existe et perdure dans un environnement. Aujourd’hui, on a réussi à avoir une légitimité en terme de staff, il faut qu’on réussisse aussi à avoir cette identité en termes de joueurs. Pour l’avoir en termes de joueur, il y a deux moyens : soit on réussit à faire revenir des joueurs professionnels, c’est le cas avec Arthur Rozenfeld, qui est un jeune Clermontois, ou soit on les fait monter. Pour l’instant, on a un joueur qui a validé son contrat professionnel, Serge Mourtala, mais c’est un joueur qui est venu de l’extérieur. À terme, il faut qu’on réussisse également à être le club qui réussit à faire émerger des sportifs locaux. Cela a du sens en terme de projet.

Dans la situation où un membre du staff venait à partir, mettrez-vous une priorité sur le fait de savoir s’il existe un remplaçant Auvergnat ? Est-ce que cela serait important au moment de prendre une décision ou ne sommes-nous pas obligés d’être Auvergnat pour être membre du staff de la JAVCM ? Non, on n’est pas obligé. Par contre, pour tous les gens qui sont présents dans notre staff sportif, c’est d’abord une question de compétence. Aujourd’hui, Jonathan en tant qu’assistant, sa première qualité c’est d’être compétent et pas d’être Vichyssois. C’est d’être compétent sur le travail vidéo, c’est de développer ses compétences sur tout ce qui est périphérique notamment la préparation physique, d’avoir des connaissances là-dessus et puis aussi de continuer de se former pour continuer d’amener de nouvelles choses à l’intérieur du club et de l’équipe. La deuxième chose, c’est David Melody, qui est le directeur exécutif du club. Lui, il a été capitaine dans les deux équipes, à Clermont et à Vichy. Il a réussi à faire monter le club de N2 jusqu’en Pro A à Clermont et de Pro B à Pro A à Vichy. Il est en même temps emblématique en termes de basket, de région, etc. Mais il est aussi hyper compétent dans cette qualité là parce qu’il est une courroie de transmission : il peut s’adresser aux joueurs, il est aussi chef d’entreprise donc il a cette fibre entrepreneuriale qui lui permet également de développer les aspects commerciaux et en même temps il a cette représentativité qui nous permet d’exister un petit peu plus médiatiquement. Donc avant d’être un "Cendrilloux" (puisqu’il vient du Cendre à côté de Cournon), lui aussi, c’est d’abord sa compétence qu’on a récupéré au club. Donc avant d’être des locaux, ce sont d’abord des gens compétents.

Pour finir de répondre à la question, si jamais on avait des gens qui étaient de ce niveau-là de compétence et qu’on n’avait pas d’équivalent en face sur notre territoire, on recruterait à l’extérieur. C’est le cas de Joris Mercier qui est le nouveau responsable du centre de formation. On a cherché à avoir quelqu’un en local qui avait en même temps les diplômes, en même temps les compétences. Le fait qu’il n’y en ai pas sur le territoire, on a été obligé d’élargir les recherches et lui, il est allé au Mans, l’un des meilleurs centres de formation de Jeep Elite Pro A donc on est très heureux de l’avoir accueilli et on l’intègre, même si ce n’est pas un auvergnat.

Vous êtes arrivé au poste que vous occupez encore aujourd’hui en tant que « pompier de service », comment arrive-t-on à passer de ce statut là à celui de coach d’une équipe qui est ambitieuse, qui en veut toujours plus et veut challenger tout le championnat ? La première raison à ça, c’est la confiance que l’on m’a accordée. La première preuve de confiance, elle, a été faite dans un moment difficile. C’est le président du club Yann Le Diouris qui a fait ce choix-là, un choix fort quand il m’a proposé de prendre l’équipe. C’est à ce moment-là que David Melody nous a rejoint avec Jonathan Nebout. Le fait que l’on ait transformé l’essai, qu’on ait eu de la réussite dans ce premier projet qui était sur 10 matchs et de se maintenir en Pro B, ça nous a donné l’idée : pourquoi pas nous ? et pourquoi on n’essaierait pas nous, de transformer, de relancer ou de lancer le projet du club ? La première année pleine, on a subi certaines problématiques, on n'a pas eu les résultats escomptés. Mais sur la deuxième année, l’an dernier, on a réussi à être beaucoup plus performant et on est dans une gestion où l’on peut difficilement se projeter. Et si on passe d’une situation très difficile à essayer de se maintenir à une situation à jouer les playoffs, faut faire preuve de beaucoup d’humilité puisque chaque année les cartes sont redistribuées, et dès maintenant on se retrouve dans une situation où peut-être il y aura plus d’attente vis-à-vis de nos partenaires et du public, et, en même temps, plus d’ambition vis-à-vis de nos adversaires de nous battre.

Donc on fait peut-être plus figure d’un candidat légitime aux playoffs. Donc on va être une cible plus forte mais c’est hyper positif, ça veut dire que depuis 3/4 ans, on travaille dans le bon sens. A nous de pas végéter, de continuer de travailler et de faire avancer ce projet-là.

Sur quel aspect du jeu pensez-vous que la progression doit se faire pour pouvoir déjà, dans un premier temps, ne pas stagner, puis dans un deuxième temps pouvoir viser encore plus haut ? Déjà le basket c’est un sport d’équilibre, on ne peut pas dissocier l’attaque et la défense puisque, forcément, les deux secteurs du jeu sont vraiment corrélés et on a besoin de tout le monde des deux côtés du terrain. Maintenant, on a une philosophie qui en termes de rythme est très prononcée : on était l’équipe qui jouait le plus de possession, donc qui avait le rythme de jeu le plus élevé de la Pro B l’an dernier. Ça, c’est une identité, une philosophie. La deuxième chose c’est qu’on a une grosse répartition des tirs, on n’a pas un seul scorer attitré : l’an dernier on avait 6/7 joueurs qui franchissaient très régulièrement la barre des 10 points et cette année, on a construit une équipe pour qu’on puisse répéter ce style de jeu. Donc ça, on va dire que c’est le fil rouge sur les 3 années. Maintenant pour pouvoir progresser et avoir plus de stabilité, on a essayé de renforcer la notion d’expérience que ce soit sur le QI Basket : l’intelligence de jeu, avoir des joueurs qui ont un peu plus d’années cumulés et de connaissances de notre championnat de Pro B, et en même temps d’avoir un facteur adresse plus important. On a dans l’effectif deux shooters de plus, étiquetés shooter sur les dix joueurs. Donc QI, adresse, on est sur des vecteurs offensifs.

Sur les vecteurs défensifs, on a essayé de renforcer l’équipe sur la profondeur, c’est-à-dire avoir 10 joueurs qui permettent d’avoir une intensité constante et de pouvoir se remplacer sans avoir de creux. Donc ça, c’est une de nos ambitions. Pour ça, il faut qu’on ait des joueurs qui passent des caps, qui progressent, qui soient dans des saisons réussies. A nous de les mettre dans les bonnes dispositions.

Cet été, comme tout le monde le sait, il y a eu la Coupe du Monde qui a beaucoup fait parler. Nous avons notamment pu apercevoir Evan Fournier (entre autres) qui a réagi et s’est beaucoup plaint de la non-présence de délégation française à celle-ci. En tant qu’observateur mais aussi en tant que coach, quel regard avez-vous là-dessus ? Pensez-vous que cela puisse avoir un impact négatif sur les joueurs ? Je ne pense pas qu’il y ait une conséquence directe sur la performance ou la non-performance des joueurs. Par contre, vis-à-vis de la reconnaissance du sport et de la communication qu’il y a autour du sport, ça a un impact et on voit bien qu’au basket, malgré le fait qu’on progresse en termes de licenciés, qu’on est à 700 000 licenciés, ce qui est bien plus important par exemple que le rugby actuellement, juste en parlant de chiffre, on voit que la couverture médiatique n’est pas du tout la même. C’est vrai en terme de championnat, c’est vrai en termes de compétition internationale, c’est vrai en termes de sponsoring, c’est vrai en termes d’évolution des droits TV. Maintenant, on ne va pas simplement regarder des gens qui réussissent mieux que nous et s’apitoyer sur notre sort. Si jamais il y a un décalage c’est parce qu’il y a certains virages ou certaines choses très certainement que l’on a manquées ou qu’on n’a pas suffisamment bien réalisées. Donc à nous aujourd’hui de relancer un plan stratégique, de faire quelque chose pour qu’on arrive à rebasculer sur la démocratisation du basket, sur la diffusion du basket dans des créneaux et des espaces qui permettront un peu plus de visibilité.

Enfin pour conclure, qu’est-ce que l’on peut souhaiter à la JAVCM cette année en terme sportif ? De faire une bonne année, de produire du jeu, de donner envie aux gens de venir à la salle, c’est indispensable. On est dans un passage de témoin, une transformation de génération qui viennent à la salle et je pense que pour faire adhérer les gens au basket, il faut proposer un spectacle complet. La ville de Vichy nous a bien aidé avec la mise à disposition d’un nouvel éclairage donc ça va permettre l’habillage un petit peu plus des soirées de matches donc c’est un élément supplémentaire pour que le produit qu’on propose, parce qu’on est dans du sport spectacle, il ne faut pas oublier cette dimension, il donne envie aux gens de venir et de revenir. Donc produire du jeu et produire du spectacle c’est important.

La deuxième chose, c’est d’avoir du contenu plus tactique, stratégique qui permettent de performer, donc de rivaliser dans un premier temps avec nos adversaires et puis dans un second temps, de l’emporter parce qu’il n’y a pas beaucoup d’écart donc faire la différence dans les moments clés et de se requalifier. On vise de se qualifier en Leaders Cup, on est bien parti puisqu’on a gagné les deux premiers matchs de la poule (à l’heure où est publié cet article, la JAVCM s’est bien qualifiée avec 3 victoires sur 3 matchs et affrontera Rouen en quarts de finale) de se requalifier pour les playoffs. Ce sont nos ambitions, si on est là-dedans, déjà on sera dans une bonne année. Après, c’est l’exceptionnel, l’irrationnel qui fera que l’on fasse une année peut-être qui nous permette de gagner le championnat. On a cette ambition au fond de nous mais en termes de communication et c’est le même vis-à-vis des joueurs, l’ambition première du club, on aura fait notre travail, du bon travail si on se qualifie en playoffs. C’est important d’avoir ça en tête selon moi. Et puis faire une bonne année c’est aussi progresser sur le périphérique, tous les domaines doivent progresser, sur le médical : progresser et toujours progresser, sur la prise en charge des joueurs, anticiper les blessures, mieux les soigner, plus vite les faire récupérer, accélérer les protocoles. La deuxième chose c’est sur l’aspect préparation physique, mieux préparer les joueurs, mieux les réathlétiser s’ils ont eu des problématiques voire amener du travail complémentaire, ça aussi, c’est un point important. Sur le plan logistique, améliorer la prise en charge des joueurs, peut-être les repas, la manière dont on se déplace. En termes de communication, de commercial, redynamiser l’image du club, être capable de rayonner sur le plan social, sur le plan sociétal. C’est vrai également sur le plan des partenaires, être capable de leur proposer des choses qui les font revenir, qui les font adhérer sur des projets à moyen terme, à long terme. Faire en sorte qu’ils ramènent eux aussi d’autres partenaires avec eux, qu’on dynamise cet aspect économique.

Donc faire une bonne année c’est ça, c’est faire une bonne année à 360° autour du club. Si on se centre uniquement sur le sportif, il y a des années où on ne verra pas de progression majeure. Ça ne veut pas dire qu'on ne fera pas une bonne année, mais malheureusement nous n'aurons progressé que sur l'aspect sportif et nous aurons donc négliger les autres. Finalement le sportif reste un facteur irrationnel parce qu'on ne peut pas le maîtriser à l'avance alors que l'on peut travailler pour ça avec les autres domaines. A nous d’œuvrer pour que, même si sur le plan sportif, on n’a peut-être pas une année aussi réussie en termes de résultats, ça on ne peut pas le savoir, par contre, sur le reste on peut le savoir, à nous d’être dans notre plan de marche, de faire avancer étape par étape notre projet pour que, petit à petit, on progresse et que l’on en voit les fruits.


Thomas Jau

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