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  • Aubin Luquet

Greta Thunberg : portrait d’une jeune figure controversée


Greta Thunberg devant l'Assemblée nationale le 23 juillet 2019. Crédit Photo : Instagram de Greta Thunberg / LCP

Jeune fille suédoise atteinte du syndrome Asperger, Greta Thunberg s’est adressée le 27 septembre lors du congrès de l’ONU et a réuni la même semaine plus de 500 000 personnes à Montréal dont le premier ministre canadien Justin Trudeau. Cette jeune fille au parcours atypique divise autant qu’elle rassemble. Audacieuse et admirable pour les uns mais impertinente et irrespectueuse pour les autres, qui est Greta Thunberg et pourquoi est-elle autant source de division ?


Le syndrome Asperger, un facteur central de son engagement


L’engagement médiatique de cette jeune fille débute à l’été 2018 lorsqu’elle manifeste le 20 Août devant le Riksdag, parlement suédois et décide qu'elle n'ira pas à l'école jusqu'aux élections générales du 9 septembre 2018. Mais pour comprendre son engagement, il faut remonter à sa plus tendre enfance lors de laquelle elle entre dans une dépression qui va durer 8 mois générée par sa peur face au réchauffement climatique. Elle est alors détectée autiste Asperger et victime de troubles obsessionnels compulsifs. C’est un élément déterminant dans sa démarche militante. Elle déclare en effet « sans mon diagnostic, je n’aurais jamais commencé la grève de l’école pour le climat ». Elle est par ailleurs très engagée dans des campagnes de sensibilisation autour de la tolérance de la neuro-différence. Son audace, sa véritable marque de fabrique, serait partiellement liée à ce diagnostic selon l’agence science presse. En effet, ce trait de caractère est souvent exacerbé chez les patients Asperger.


Une ascension médiatique fulgurante


À la suite de sa première action de l’été 2018, la jeune militante écologiste continue de faire grève. Tout au long du mois de septembre 2018, chaque vendredi, elle persévère et commence à être suivie par d’autres étudiants à travers l’Europe. Le mouvement prend le nom de « Fridays for Future » et retient l’attention des médias européens dans un premier temps. La figure de la jeune fille devient le symbole d’une lutte, d’un mouvement mondial, d’une problématique globale. Elle prend la parole devant les plus grandes institutions mondiales : les parlements français et britanniques, la COP 24 en décembre 2018, elle intervient même devant le conseil de l’ONU le 23 septembre 2019. Elle totalise plus de 7.4 millions de followers sur Instagram et 2,7 millions sur Twitter. Elle a été nominée pour le prix Nobel de la paix, véritable apogée de son parcours.


Une personnalité controversée


Soutenue à de nombreux égards, cette jeune fille est également contestée par beaucoup de personnalités, hommes politiques ou anonymes. Elle a reçu les éloges de célébrités notamment Arnold Schwarzenegger via son Twitter « J’aime voir quelqu’un qui ne fait pas que râler mais agit ». Elle est également une véritable idole pour les jeunes engagés dans l’écologie comme en témoigne son succès sur les réseaux sociaux. Cependant, son ton agressif et réprobateur provoque parfois la colère de ses interlocuteurs qui la juge insolente. Nombre d’hommes politiques se montrent méprisant à son égard à l’instar de Donald Trump. Une haine lui est même vouée, comme en témoigne la photo diffusée via les réseaux sociaux d’un mannequin à son effigie pendu sous un pont de Rome au début du mois d’octobre.

Ainsi, cette jeune adolescente est une personnalité à part et les divisions qu’elle suscite sont le reflet de divisions plus larges sur la problématique climatique. Cette jeune fille qui ose, trop pour certains, n’aurait-elle pas trouvé la solution pour faire bouger les lignes d’un monde qui semblait contraint à l’échec sur la question environnementale ?


Aubin Luquet

©2020 par Les Berges De L'Info.