ICJ23791418 Du Protocole de Kyoto à la COP25 de Madrid
  • Thomas Jau

Du Protocole de Kyoto à la COP25 de Madrid

Alors que le changement climatique s'immisce de plus en plus au sein du champ médiatique mondial, la COP 25 s'est ouverte à Madrid. Cette 25e conférence des parties (196 : 195 pays et l'Union Européenne) est jugée par beaucoup comme un tournant que doit prendre l'humanité. Reste désormais à savoir de quel côté elle choisira de se tourner.

La COP 25, Time for action (Le temps d'agir). © Wikipedia


Initialement prévue à Santiago, capitale du Chili, la COP 25 a finalement dû être déplacée à Madrid à la suite de l'instabilité que connaît actuellement le pays sud-américain. Si les différentes conférences sur le climat sont aujourd'hui connues en partie grâce à leur acronyme, il fut un temps où le mot sommet était encore utilisé, un temps où les consciences commençaient tout juste à émerger. Ces sommets ont modelé le système annuel de rencontre mondiale que l'on connaît. Le sommet de la Terre de Rio en 1992 lança le début du réveil des consciences. Il faudra attendre 1995 et la COP de Berlin première du nom pour voir des rassemblements plus fréquents. 22 ans jour pour jour se clôturait la COP 3 de Kyoto au Japon par la signature du protocole de Kyoto.


Le protocole de Kyoto, un accord historique ?

Historique, cet accord l'est sans aucun doute, il fixe définitivement le cadre d'opération des Conférences des Parties à la Convention. Plus qu'un simple cadre légal ou administratif, cet accord sert également de pierre angulaire à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Mais pour vaincre son ennemi il faut avant tout le connaître. La conférence de Kyoto fut la première à lister les gaz à effet de serre. Ainsi, en plus des stars que sont le dioxyde de carbone et dans une moindre mesure le méthane et le protoxyde d'azote s'ajoutent des gaz bien moins connus : l'hexafluorure de soufre, les hydrofluorocarbures et les perfluorocarbures.


Que reste-t-il du protocole de Kyoto 22 ans après ?

S'il est vrai que le protocole suscita de nombreux espoirs, force est de constater qu'aujourd'hui il n'est au mieux que partiellement respecté, au pire totalement obsolète. Plusieurs raisons expliquent ce manque de réussite sur le long terme. D'abord, sa tardive entrée en vigueur datant du 16 février 2005 soit plus de 8 ans après sa signature. Ajoutez à cela un changement du monde durant ce laps de temps entraînant les pays développés à ne plus souhaiter freiner leur développement combiné avec une flexibilité jugée à posteriori trop permissive et vous voilà avec un accord dépassé.

"Les dirigeants actuels nous trahissent et nous ne laisserons plus cela se produire" Greta Thunberg

Jamais les nations ne se sont autant rencontrées pour prendre des mesures de protection du climat. Pourtant jamais l'humanité n'a autant exploité la planète. De ce paradoxe est né un sentiment d'inaction. Alors que les accords de Paris lors de la COP 21 en 2015 avaient lancé ou relancé l'allant autour de la nécessité d'agir, la sortie des États-Unis avait elle jeté un grand froid, réduisant fortement la crédibilité de ces accords. La COP 25 de Madrid est, elle aussi chahutée : une marche menée par la militante suédoise Greta Thunberg a eu lieu vendredi dans la capitale espagnole afin de protester contre l'inaction des dirigeants.


Thomas Jau


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