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Du jus de betterave pour détecter des infections

Dasia Taylor, une lycéenne américaine âgée de 17 ans, a inventé des fils de sutures qui détectent les plaies infectées. Une grande avancée médicale pour lutter contre les infections internes, difficile à déceler à l’œil nu.


Dasia Taylor dans le laboratoire de la City West Hight School ©The Gazette

Elève à la City West Hight School, un lycée de l’état d'Iowa, aux Etats-Unis, Dasia Taylor a remporté le prix junior Sciences & Humanities, remis par un congrès scientifique en 2020. Son invention ? Des fils de sutures qui détectent les plaies infectées grâce à du jus de betterave. Improbable mais vrai, en plus d’être un antioxydant riche en vitamine, le jus de betterave permet de détecter une infection sous la peau. Quand une plaie est ouverte, il faut la suturer pour rapprocher les tissus. Les fils servent à maintenir les tissus afin que la peau ne s’ouvre pas à nouveau. Une fois refermée, une infection peut naître sous la peau à cause des bactéries. Souvent difficile à repérer au début, les infections internes peuvent être dangereuses voir fatales si elles ne sont pas traitées rapidement. Selon l’OMS, “dans 11% des cas, des infections se manifestent après une plaie chirurgicale dans les pays développés et jusqu’à 20% dans les pays en développement”. Pour y recourir, Dasia Taylor a eu l’idée d’imbiber des fils de sutures de jus de betterave. Lorsqu'ils sont placés sur une plaie infectée, ils changent de couleur. Le rouge initial qui équivaut à un PH de 5,5, vire au violet si celui-ci augmente et atteint 9. Tout cela est possible car le PH de la peau se situe à la même échelle que celui de la betterave lors d’une infection.



Expérience faite par Dasia Taylor : 5 minutes après avoir mis les fils imbibés sur une plaie infectée, la couleur change ©Smithsonian Magazine

Dasia Taylor travaille sur ce projet depuis octobre 2019. Grâce aux expériences qu’elle a mené sur ses fils de sutures, elle a décroché de nombreux prix à l’occasion de foires scientifiques. Aujourd’hui, elle est lauréate de plusieurs prix dans ce domaine. En janvier dernier, elle a été nommée parmi les 40 finalistes du Regeneron Science Talent Search, un prestigieux concours de mathématiques pour les lycéens. Avant d’avoir l’idée même de ce projet, Dasia Taylor assistait régulièrement aux réunions du conseil scolaire et du district pour plaider en faveur d’un programme antiraciste. Ses actions sont tournées vers l’équité raciale, car elle souhaite participer à son évolution. En ces concours scientifiques, elle a vu un excellent moyen de mettre en avant les valeurs qu’elle défend. "Ainsi, quand on m'a offert cette opportunité de faire de la recherche, je n'ai pas pu m'empêcher de le faire avec une optique d'équité" rapporte-t-elle à Smithsonian Magazine. Lors de ses recherches, la jeune lycéenne a été particulièrement marquée par le taux d’infections internes après une césarienne. “Dans certains pays d’Afrique, un peu plus de 20% des femmes qui accouchent par césarienne développent des infections post opération” le taux de mortalité post césarienne y est “50 fois plus élevé que dans les pays développés”. C’est pour cela qu’elle a tourné son projet vers l’équité médicale, car le concept qu’elle a inventé est simple et peu coûteux.

Cette invention est une avancée dans le domaine de la médecine et des sciences. Elle pourrait permettre de faire baisser le taux d’infections graves dans les hôpitaux en manque de moyens. Les laboratoires de biologies médicales mènent de plus amples expériences sur la manière de soigner les infections avec ces fils de sutures, pour qu'un jour, cette technique soit autorisée dans le domaine de la médecine.


Morgane Briens

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