ICJ23791418 Des victoires qui ne font pas l'unanimité
  • Lucie Besse Razac

Des victoires qui ne font pas l'unanimité


Vendredi 14 février avait lieu sur France 2 et sur France Inter la 35e édition des Victoires de la musique. Pour améliorer les audiences de la cérémonie qui ne décollent plus depuis plusieurs années, la chaîne a pris plusieurs paris audacieux.


Pour marquer les 35 années des Victoires de la musique, une édition un peu spéciale qui s’est déroulée en 2020. En effet, fini les récompenses attribuées par genre musical. Ce n’était plus 13 prix qui étaient distribués aux différents chanteurs français mais 8. "C'était une demande des artistes qui voulaient concourir avec tout le monde" a confié le président des Victoires de la musique Romain Vivien. Alors parmi les lauréats de cette cérémonie on peut compter Philippe Katherine (artiste masculin de l'année), Alain Souchon (album de l'année), Clara Luciani (artiste féminine de l'année) et bien d’autres.


En plus de répondre aux attentes des artistes pour ce qui est des catégories la chaîne a aussi voulu combler ses spectateurs. Ainsi, dans sa volonté de toucher un spectre d’auditeur le plus large possible et donc attirer les plus jeunes, France 2 a proposé aux téléspectateurs de voter pour leurs artistes préférés pour de nombreuses catégories. De plus, même si on a pu retrouver des artistes habituellement récompensés et habitués de la chaîne comme Florent Pagny, Alain Souchon ou Vincent Delerm, on a aussi eu l’occasion de découvrir de nouveaux talents comme les chanteuses Pomme et Suzanne (qui ont respectivement reçu les récompenses de album révélation de l'année et révélation scène). Ces artistes peuvent sortir des codes que l’on peut généralement attribuer à la chaîne. Le fait de présenter de nouveaux artistes souvent encore méconnus de la scène nationale permet aussi de retirer un peu de l’entre soi qui caractérisait et caractérise toujours la cérémonie. Pour autant des problèmes persistent encore vis-à-vis de la représentativité des genres musicaux mis en avant dans la cérémonie.


Si le rap est bien le type de musique le plus écouté des Français, il n'était représenté que par trois artistes lors des dernières Victoires de la musique alors que la chanson française et la pop étaient eux beaucoup plus sur le devant de la scène. C'est aussi une des raisons qui peut expliquer les faibles audiences de la cérémonie du service public alors que celle du groupe TF1, les NRJ Music Awards, qui se sont déroulées en fin d'année 2019, ont réussi à rassembler beaucoup plus de téléspectateurs.


La politique s'invite dans la cérémonie


La soirée a donc été ponctué par les shows des divers artistes nommés et de nombreux flash-back sur les prestations des années précédentes, le tout présenté par un cortège de dix animateurs bien connus du service public. Mais la présence de la présidente de Radio France Sybile Veil et du Ministre de la culture Franck Riester et bien d'autres représentants de l'État n'est pas passée inaperçue. Sur fond de contestation de la réforme des retraites et de licenciements dans le groupe de radio nationale, on a pu voir Olivier et Christine, deux intermittents du spectacle, prendre la parole à ce sujet. Ils ont tout deux interpellés le Ministre de la culture sur l'impact désastreux que pourrait avoir la réforme des retraites sur le milieu entier de la culture. Ce n'est pas la première fois que des artistes ou des intermittents se servent de la cérémonie pour faire passer des messages politiques puisque l'année dernière déjà, le chanteur du groupe Shaka Ponk avait alerté le public des Victoires sur l'urgence climatique. Mais cette année l'intervention des deux intermittents était prévue et non spontanée. Et si le Ministre est resté de marbre face à ce petit laïus, le public, lui, a vivement applaudi les deux intervenants.


Lucie Besse Razac

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