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De la polémique à la présélection aux Oscars : le film Mignonnes n'est pas passé inaperçu


L’affiche du film Mignonnes © Bac Films

Le 19 novembre, le verdict est tombé. Mignonnes, le film de Maïmouna Doucouré, ne représentera pas la France à la 93ème cérémonie des Oscars. Mais l’annonce de cette présélection l'a une nouvelle fois mis en avant le film, qui avait déjà fait l'objet en septembre d'une vive polémique aux États-Unis.


Rendez-vous incontournable du monde du cinéma, la cérémonie des Oscars est attendue de tous. Si elle prime les œuvres cinématographiques américaines, elle laisse toujours une place à un film français. Une commission est chargée d’en sélectionner cinq, dont cette année le film Mignonnes, de Maïmouna Doucouré. Finalement dépassée par le film Deux, l'œuvre ne connaîtra pas le rêve américain. Pourtant, elle a déjà fait parler d'elle aux États-Unis, où elle a obtenu en février le prix de la meilleure réalisation au célèbre festival Sundance. Et dès sa sortie sur la plateforme de streaming Netflix, le film a suscité de nombreuses réactions. Mais quelles étaient les raisons de cette polémique ?


Un film controversé


Le long-métrage met en scène Amy, une jeune fille de 11 ans, incarnée par Fathia Youssouf. Vivant en banlieue parisienne, Amy et ses deux frères apprennent que leur père souhaite se remarier. Dans ce contexte familial pesant, la jeune fille, perdue, part à la recherche de son identité. Alors divisée entre la pression des réseaux sociaux et les coutumes familiales, la jeune fille va se lier d’amitié avec les membres d'un groupe de danse, « Les Mignonnes », et participer à une compétition. Accompagnée de ses nouvelles amies, elle va s’adonner à des danses lascives en inadéquation avec leur jeune âge. Sorti dans les salles françaises le 19 août, le film est plutôt bien accueilli. De l’autre côté de l’océan, c’est tout le contraire. Avant sa sortie le 9 septembre sur Netflix, le film connaît déjà de nombreuses attaques. En août, lors de la promotion, l’affiche du film est présentée. Et elle est à l’opposé de celle utilisée en France. Sur le visuel, les jeunes filles, en tenues moulantes, posent de manière sensuelle. Une campagne de boycott commence alors sur Twitter où des milliers d’internautes réagissent avec le #CancelNetflix. Une pétition va même être créée dans le but de retirer le film de la plateforme de streaming.


Une dénonciation de l’hypersexualisation


Entre les crop-tops, les danses lascives et les paillettes, l'œuvre dénonce l’hypersexualisation précoce. Elle questionne la place des réseaux sociaux dans l'éducation des préadolescentes. En mettant en avant une jeune fille qui tente de se construire en suivant un modèle influencé par Internet, l'œuvre éveille les consciences sur ce phénomène social. Au-delà d’une simple critique, c'est une remise en cause des modèles féminins. Les réseaux sociaux sonnent comme l’unique voie permettant à ces jeunes filles de s’affirmer et de se faire une place dans la société moderne. Les scènes du long-métrage ne sont pas nouvelles et résonnent avec les clips et danses TikTok. Puissant et inspirant, le long-métrage reflète une part de la réalité, où l’image de soi et les codes de la féminité règnent. À travers le jeu d’acteur puissant d’Amy et les yeux de la réalisatrice, le film amène à réfléchir. Entre l’hypersexualisation, les valeurs patriarcales et la polygamie, le film aborde des thématiques contemporaines.


Entre affiche polémique et sélection ratée pour les Oscars, le premier long-métrage de Maïmouna Doucouré aura provoqué une vague de réactions, tant positives que négatives.


Eva Thomas

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