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Coup d'Etat en Birmanie

Depuis quelques semaines, la Birmanie est confrontée à un coup d’Etat militaire. Après avoir contesté le résultat des élections législatives birmanes, le chef des forces armées a renversé le gouvernement et dissout le Parlement.


De nombreux manifestants Birman défilent depuis plusieurs jours dans le pays pour protester contre le coup d’Etat militaire. © YE AUNG THU / AFP


La Birmanie est un pays qui a connu de fortes dictatures militaires pendant de nombreuses années. Elle a finalement trouvé un équilibre depuis une dizaine d’années en ce qui concerne la politique de son pays.

Cependant, le 1er février 2021 tout bascule, un coup d’Etat est déclaré et le pays va sombrer dans le chaos.



Revirement de situation


En novembre dernier, des élections législatives ont eu lieu dans le pays pour renouveler la Chambre des représentants et la Chambre des nationalités. Elles seront remportées par le parti de la Ligue Nationale pour la Démocratie (NLD), mené par Aung San Suu Kyi, tandis que le Parti de l’Union, de la Solidarité et du Développement, dirigé par l’armée, n’obtient qu’une dizaine de sièges.

Le 26 janvier, le général Min Aung Hlaing, chef des forces armées, conteste le résultat obtenu et réclame une vérification des listes électorales, sinon il interviendra avec son armée pour résoudre cette crise politique.

Après plusieurs jours sous tension, c’est le lundi 1er février que l’armée birmane passe à l’offensive : elle arrête le président Win Myint et Aung San Suu Kyi, la présidente du parti NDL. L’armée prend possession de l’hôtel de ville de Rangoun, la plus grande ville de Birmanie, et déclare l’état d’urgence du pays pour un an. De nombreux camions militaires et des soldats sont déployés au sein de la ville, et Min Aung Hlaing obtient les pleins pouvoirs. L’armée a ensuite pris la parole sur la chaîne NAME, qu’elle dirige elle-même, et a justifié son coup d’état par l’importance de préserver la stabilité politique du pays et accuse la commission électorale d’avoir laissé place à de nombreuses irrégularités durant les élections. Dans les jours qui ont suivis, plusieurs mouvements de contestations ont émergé et de nombreuses manifestations ont eu lieu à travers tout le pays, qui ont causées la mort d’une militante la semaine dernière. Après une telle résistance, les télécommunications du pays ont été fortement touchées : les lignes téléphoniques sont coupées, la télévision publique est interrompue, et l’accès à internet est très compliqué.



Des réactions mondiales


Peu après ces évènements, les pays du monde entier ont réagi face à cette situation inopinée et déroutante. Beaucoup de ministres européens se sont exprimés sur cette situation, c’est le cas de Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères. Ce dernier a exigé la libération des dirigeants birmans arrêtés et considère que ces arrestations vont à l’encontre du régime démocratique du pays.

Boris Johnson, premier ministre britannique, demande aussi la libération des détenus et appelle l’armée à respecter le résultat final des élections.

Les Etats-Unis ont eux-aussi réagi, Joe Biden a déclaré que « dans une démocratie, la force ne peut pas être utilisée contre la volonté du peuple ». Le secrétaire d’Etat du pays, Anthony Blinken, réclame la remise en liberté des responsables du gouvernement et sollicite l’armée pour qu’elle respecte la volonté du peuple concernant les élections.

Jen Psaki, la porte-parole de la Maison Blanche, déclare que les Etats-Unis « s’opposent à toute tentative de modification des résultats des récentes élections ».

De nombreux pays d’Asie ont également montré leur soutien envers la population birmane.


Mathilde Albert

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