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  • MARTIN BURON-BROHAND

Clermont Université : Journées mortes pour les étudiants

Mis à jour : févr. 22


Blocage de la part des enseignants et des étudiants à Clermont-Ferrand - © Grégoire Verrière

Depuis plusieurs semaines, ponctuellement des journées mortes se déroulent principalement sur les campus de l'Université de Clermont-Ferrand (UCA). Étudiants et enseignants sont unis main dans la main pour informer sur le projet de loi de programmation sur la recherche (PRR). Une situation dénoncée par le syndicat UNI notamment.


La dernière action du 6 février dernier a rassemblé des dizaines de personnes réunies en assemblée générale afin de décider de la marche à suivre pour les prochaines semaines. Elles sont toutes décidées à continuer le mouvement mis en place afin de dénoncer et d'informer sur le projet de loi de programmation sur la recherche (PRR). Mais cette dernière réforme n'est pas la seule à faire grincer des dents. La suppression des postes, les restrictions budgétaires ou encore la manque criant de moyens amènent les personnels à descendre dans la rue soutenus par les étudiants, du moins en partie seulement.


La réforme de trop


Rarement leur mobilisation n'avait été aussi importante après les mouvements sociaux en raison de la réforme des retraites, ce sont les enseignants du supérieur qui espèrent désormais faire entendre leurs voix. La proposition en effet, fait rugir les syndicats enseignants comme l'UNEF, qui dénonce "Le manque de moyens et le manque de considération auquel fait face l'université". La loi de programmation pluriannuelle de la recherche, qui sera financée à hauteur de 3 % du Produit Intérieur Brut (PIB), prévoit de nombreux bouleversements au sein du système universitaire français. Alors que le nombre d'emplois précaire est grandissant, ce projet de loi va accentuer cette situation selon les nombreuses personnes concernées. Est aussi au cœur des revendications la sur-masculinisation dans les rangs de l'Université. Alors que 44 % des docteurs sont des femmes ce qui laisse penser une proche égalité, ce taux chute gravement pour le statut de professeur des universités avec un taux de 25 %.



Mobilisation dans les rues de Clermont-Ferrand - © La Montagne

De nouvelles mobilisations


Au vu de leurs revendications et de la fin de non-recevoir reçue, les enseignants décident d'un durcissement de leurs actions. Après les plusieurs journées mortes, les syndicats annoncent réfléchir à des actions visant à sensibiliser l'opinion publique sur les effets néfastes de cette réforme pour l'enseignement supérieur. Alors que le corps enseignant est plus uni que jamais, une partie des étudiants soutiennent avec ferveur les actions du personnel de l'université. Nombre d'entre eux se sont joints aux manifestants dans les rues de la capitale Auvergnate afin de bloquer les accès aux salles de classe. . L'UNEF, en effet appelle à "défendre un modèle social de solidarité et d'une université ouverte à tous". Les étudiants aussi ont été conviés à rejoindre le mouvement, en étant invités à adresser une lettre au Président de l'université lui demandant d'être dispensés d’assiduité aux cours et aux TD (Travaux Dirigés).


Un soutien étudiant


Alors que les enseignants se mobilisent, ils peuvent compter sur le soutien des étudiants. Participant à leurs manières, ils étaient présents dans la rue mais aussi devant l'entrée des locaux. Une situation dénoncée par le syndicat étudiant UNI, qui y voit une entrave à la liberté d'accéder à une salle de classe mais aussi à une forme d'intimidation de la part des manifestants. Preuve que cette réforme n'a pas fini de faire parler d'elle alors que le pays s'enlise dans une crise sociale en raison de la mobilisation sur la réforme des retraites, creusant un peu plus le fossé entre les manifestants et les non-grévistes.


Martin BURON-BROHAND

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