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Clermont Ferrand n’a plus le cœur à la fête


Conférence de presse du 9 octobre détaillant les mesures prises suite au passage de la métropole en “zone d’alerte renforcée”. ©Préfecture 63

À la suite des annonces du 8 octobre plaçant la métropole en « zone d’alerte renforcé », les bars sont contraints de fermer leur rideau dès 22 heures. Les établissements clermontois sont dans l’incompréhension la plus totale.


Cette décision qui divise chez les clients comme les professionnels du secteur a été prise par le ministre de la santé Olivier Véran. Ce dernier, dans le contexte de la situation sanitaire critique a déclaré "à Clermont-Ferrand, l'incidence en population générale et l'incidence en population vulnérable justifient son classement en zone d'alerte renforcée". Le membre du gouvernement s’est basé sur trois indicateurs pour prendre cette décision drastique : le premier, le taux d’incidence qui a dépassé les 150 nouveaux cas pour 100 000 habitants. Il a aussi pris en compte le taux d’incidence chez les personnes dites âgées qui lui est supérieur à 50 cas pour 100 000 habitants et le nombre des patients COVID-19 au service des réanimations qui semble pour le moins alarmant.


Un décret “trop flou”


Cette fermeture hâtive n’est imposée que depuis quelques jours. Pourtant la différence se fait déjà ressentir comme raconte la dirigeante du bar le Délirium situé derrière la place de Jaude « Il y a beaucoup moins de clients, notre bar est un établissement de nuit par conséquent ces horaires imposés sont plus que désavantageux. C’est sur ces plages horaires que nous réalisons le meilleur de notre chiffre d’affaires ! »

Une baisse de volume des transactions inévitable donc mais comparé à d’autres bars de la ville « La question de déposer le bilan ne se pose pas pour l’instant ». Les clients quant à eux se montrent pour la plupart assez conciliants et arrangeants : « Ils savent que ce n’est pas de notre faute ».


L’Hacienda Café, bar à tapas et restaurant à Clermont-Ferrand. Les étudiants clermontois ont l’habitude de s’y retrouver ©HaciendaCafé63

Nicolas Delhostal patron de l’Hacienda évalue sa baisse de chiffre d’affaires entre 20 et 40% ce qui est considérable même pour une grande institution comme la sienne. Pourtant le propriétaire des lieux a mis en place un dispositif concret à l’intérieur des locaux, en recrutant un vigile qui faisait respecter constamment les gestes barrières. Ce dernier surenchérit : « Je comprends rien ! Pourquoi on ferme et pas les autres, les risques sont les mêmes. » (sic).

Tous ces restaurateurs sont dans l’obligation de gérer leur stock au jour le jour face à l’incertitude d’une potentielle fermeture totale à venir. Selon le même restaurateur, l’épée de Damoclès annonçant une fermeture temporaire totale d’ici trois semaines est inévitable.


Pour faire la fête, les étudiants n’ont plus d’autres choix que de s’entasser dans leurs petits appartements ou même avec de la bonne volonté la distanciation sociale demeure impossible. Pour Nicolas Delhostal c’est la pire des choses qui pouvait arriver : « Au moins avec nous ils avaient le masque et se devaient d’être vigilants mais là ça va devenir chaotique ! ».


Benjamin MANCHON

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