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  • Canaux Clément

Caritatif et Rap : un mélange pas si abstrait que ça



Les acteurs importants du rap Français s’investissent de plus en plus dans le caritatif et le social.


Alors que le rap semble véhiculer des messages assez prononcés sur les bienfaits de l’argent, du pouvoir ou encore de la rue, on peut assister à une réelle préoccupation des rappeurs sur la question sociale et ce, à travers leurs textes ou bien leurs actions.


Une multiplication des interventions


En novembre dernier, Niska, rappeur originaire d’Evry, a réalisé un concert à la maison d’arrêt de Nice avec l’appui de l’association Fu-Jo. Cette dernière fut crée dans les années 90 par Mouloud Mansouri, ancien détenu, et a pour mission d’organiser des concerts et des soirées Hip-Hop en région PACA. Le but de cette manœuvre est de permettre aux détenus de s’évader (seulement dans leurs esprits hein !) et d’oublier le temps d’un concert leurs conditions de vie et leur environnement pour pouvoir s’amuser et garder un lien avec la société civile. Tous les concernés ont approuvé l’initiative, du directeur de la maison d’arrêt aux détenus et même Niska qui considère ce concert comme un « honneur ».


D’autres artistes ont également donné de leur personne pour une autre association et pas des moindres : la Fondation Abbé Pierre.

Le 17 octobre dernier, journée mondiale du refus de la misère, se tenait l’Abbé Road, un concert caritatif qui conclut les journées de rencontres entre bénévoles de l’association et les jeunes victimes de mal-logement. Cette année, carte blanche était laissée au rappeur Sofiane qui s’est donc entouré de beaux noms de la scène urbaine française parmi lesquels Vald, Chilla, RK ou encore Heuss l’Enfoiré. L’événement a fait carton plein et durant cette journée, Vald et Sofiane avaient même rendu visite aux victimes de mal-logement dans une maison d’accueil de l’association en Seine-Saint-Denis. De quoi partager un moment intense et glisser un sourire sur les lèvres de ces gens peu épargnés par la vie.


L'Afrique, cible prioritaire pour certains artistes


Pour rester dans le domaine associatif, Damso, le célèbre rappeur belge, à annoncé sur ses réseaux sociaux la création de sa propre association, intitulée « Vie sur Nous Fondation ». Cette dernière a pour but de protéger les jeunes travailleurs congolais face à l’exploitation minière de leur pays. Il déclarait à ce propos sur ses réseaux : « J’ai lu beaucoup de messages. J’ai réfléchi pendant des heures, des jours, voire des mois et j’arrive toujours à la même conclusion : Le vrai problème c’est le vol des ressources naturelles. Minerais de sang, minerais de conflit. ».

On sent que le rappeur d’origine congolaise prend la situation de son pays d’origine à cœur et cela fait écho à la création de son orphelinat à Kinshasa en 2018 pour venir en aide aux enfants seuls et orphelins.


Enfin, un des piliers du rap français à annoncé sa volonté de créer en 2020, avec l’aide de TF1 et l’Unicef, un collectif pour enregistrer un album et réaliser un spectacle télévisé au profit des enfants d’Afrique. Il s’agit de Gims. Son collectif portera le nom de « 13 salopards » (référence aux Enfoirés) et aura pour ambition de pallier au manque d’eau et d’aider au développement de l’accès à l’eau potable dans des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Congo, grande source de mortalité infantile en Afrique.

Dans ce collectif, on pourra d’ores et déjà retrouver Dadju, chanteur et frère de Gims, mais aussi Vitaa, Slimane, M.Pokora, Jenifer et des personnalités externes à la musique.


Ces quelques exemples non-exhaustifs montrent la volonté des rappeurs de faire bouger les choses à leur manière grâce à la notoriété qu’ils ont acquise (le rap est actuellement le style musical le plus écouté en France) et d’en faire bon usage et par la même occasion de gommer l’image des rappeurs égocentriques et imbus d’eux-mêmes qu’ils pouvaient dégager.


Clément Canaux

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