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« C'est un tour politique et écologique », la polémique autour du menu unique



La fin de la viande dans les cantines scolaires lyonnaises ? ©MIKAEL ANISSET



Lundi 22 février, la mairie de Lyon a pris une nouvelle décision. Instaurer un menu unique sans viande dans les 206 cantines scolaires de la ville. L’opposition n’a pas tardé à s’en prendre aux « mesures idéologiques » des écologistes.



Grégory Doucet, maire de Lyon et membre du parti d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), a fait mettre en place, en début de semaine, un nouveau menu dans les écoles lyonnaises. Déjà bien réfléchie, la mesure avait été envoyée par courriel, adressé aux élus des neufs arrondissements, le 15 février. L’adjointe au Maire de Lyon et chargée de l’Education, Stéphanie Léger, annonce dans le mail la mise en place d’un « menu unique sans viande pour pouvoir servir le plus rapidement les élèves et fluidifier les repas. » L’élue rajoute, cependant, qu’il ne s’agit pas d’un menu végétarien, puisque du poisson ou des œufs continueront d’être servis. Mis en place au moins jusqu’aux vacances de Pâques, ces plats sont assaillis par les critiques de l’opinion public.



« Ils veulent imposer des repas végan, des repas végétariens. C'est non, non et non. Il y a des familles modestes qui ont du mal à acheter de la viande. Ce qui fait que le maire de Lyon va priver des enfants de ces familles de repas carnés », s’exclame Jean-Stéphane Chaillet, premier adjoint à la mairie du second arrondissement de Lyon. La polémique enfle au sein même des arrondissements concernés. Opposés à ces repas imposés et inquiets des conséquences sur la santé de leurs enfants, des parents ont saisi la justice. « C'est un tour politique et écologique je pense, mais sans qu'on soit averti. On nous impose cette mesure sur fond de Covid », peste une maman. « Les enfants ont l'habitude de manger de la viande. Il y a un apport important en protéines. Je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas de choix dans les menus », s'interroge une autre mère de famille. « Il y a peu d'enfants qui peuvent consommer de la viande ou du poisson à domicile. Du coup, c'est vrai, que c'est à l'école qu'ils peuvent en manger », ajoute une troisième.



« Idéologie scandaleuse »



Des politiciens au sein même du gouvernement s’en prennent au maire Lyonnais. C’est le cas de Gérald Darmanin, réagissant vivement sur Twitter le 20 février. Le ministre de l’Intérieur dénonce « l’idéologie scandaleuse » de « la politique moraliste et élitiste des Verts » qui, selon lui, « exclu(rait) les classes populaires. » Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, rejoint l’avis de son collège. Dans un tweet du 21 février, il s’exclame en demandant l’arrêt de la mise en place « d’une idéologie dans l’assiette de nos enfants ! » Celui-ci annonce qu’il a saisi le Préfet du Rhône, Pascal Mailhos.

«Je suis toujours pour qu’on laisse le choix aux élèves. Il ne faut pas que ce soit une décision idéologique », déclarait de son côté Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, interrogé lors de l’émission Le Grand Jury sur RTL le 21 février.



Tweet de Gérald Darmanin le 20 février. ©TWITTER



Des raisons sanitaires avant tout



Cette avalanche de critiques de la part du parti La République En Marche (LREM), pousse Grégory Doucet à répondre à Gérald Darmanin le 21 février. Il rappelle alors que l’ancien maire de Lyon, Gérard Collomb membre de LREM, avait pris « exactement la même mesure alimentaire lors de la première vague ». Aucun propos du mouvement ne jaillit à son encontre. Le maire de Lyon précise une nouvelle fois sur Twitter, que « cette mesure unique est prise pour des raisons sanitaires. » Ce que justifie par la suite sa collègue, Stéphanie Léger, à l’Agence France-Presse « Le nouveau protocole sanitaire impose une distanciation de deux mètres dans la restauration scolaire. Le menu unique va nous permettre d'accélérer le service et ainsi nous permettre d'accueillir tous les enfants. »

Un menu décidé sans viande pour pouvoir nourrir tous les enfants, dont ceux qui ne mangent pas de produits carnés en raison de choix familiaux, religieux ou personnels. Ce qui représente, à Lyon, « près de la moitié des enfants qui mangent à la cantine », évalue la municipalité.



Une polémique apparaît alors autour de la crise sanitaire et écologique, qui révèle un autre dessous : les lignes de fractures de la majorité présidentielle. Le 22 février, en réponse à ses collègues ministres, Barbara Pompili défend les vertus nutritionnelles des repas végétariens. Dans un tweet, la ministre de la Transition écologique, met en valeur ces menus et leurs bienfaits pour les enfants : « Un menu végétarien équilibré et délicieux pour les enfants de St-Denis-d’Oléron. » Mesures idéologiques ou non, La République En Marche a une fois de plus mis les pieds dans le plat !




Sibylle Beaunée

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