ICJ23791418 Birds Of Prey : l'ère des femmes est venue
  • Canaux Clément

Birds Of Prey : l'ère des femmes est venue

Mis à jour : févr. 2

Avec une industrie Hollywoodienne qui met en avant des univers de super-héros majoritairement masculins, Birds Of Prey, la nouvelle création de DC Comics, prend le contre-pied parfait et place sous le feu des projecteurs une bande de super-héroïnes badass.


Les temps changent. Jusqu’ici, Marvel Studios et DC Comics menaient une lutte acharnée pour proposer des films de super-héros s’ancrant dans des univers bien spécifiques (les fameux Marvel Cinematics Universe (MCU) et DC Universe). Mais, DC Comics, conscient de l’effritement de son univers cinématographique en raison des (nombreuses) critiques émises sur ses précédentes œuvres comme Justice League ou encore Suicide Squad, combinée à la domination sans conteste de Marvel, fit le choix de repartir à zéro et d’enterrer lui-même son DC Universe. L’erreur de DC Comics a peut-être été là, à vouloir trop faire la course avec Marvel et proposer des films similaires mais en moins bien. Un pari trop ambitieux et un combat beaucoup trop compliqué à mener face à l’ogre Marvel, maître en la matière et installé depuis plus longtemps. DC Comics fit donc le choix de la raison et proposa au mois d’octobre Joker, une révolution dans le genre, et dans le même temps la première bande-annonce de son nouveau-né, Birds Of Prey



Un film novateur


Avec la bande-annonce de Birds Of Prey, DC Comics veut montrer qu’il fait table rase du passé en cherchant à innover et trouver une nouvelle formule gagnante et ce, de plusieurs manières. Le film a tout d’un pari audacieux et joue sur la nouveauté. Ainsi, on retrouve à la réalisation Cathy Yan, une sino-américaine n’ayant réalisé que des courts métrages auparavant et n’étant donc absolument pas habituée aux méthodes et procédés d’Hollywood. Le fait de confier la réalisation d’un film de super héros à une femme est assez rare puisque c’est seulement la deuxième fois que cela arrive, la précédente étant Patty Jenkins pour Wonder Woman en 2017, déjà une œuvre DC Comics.

DC Comics ne met pas les femmes à l’honneur que derrière la caméra. Ce sont elles également qui crèvent l’écran. Le casting est presque entièrement féminin avec Rosie Perez, Mary Elizabeth Winstead ou encore Ali Wong.


Mais difficile de faire la promotion d’un film censé bousculer les codes établis avec un casting d’acteurs peu ou pas confirmés. Le film s’appuie donc sur deux figures importantes : Ewan McGregor (Star Wars, Moulin Rouge, Trainspotting...), jouant le méchant à savoir Black Mask et Margot Robbie (Le loup de Wall Street, Moi, Tonya, Scandale...), productrice du film mais qui surtout reprend son rôle de Harley Quinn, plus de trois ans après son apparition dans Suicide Squad.


Harley Quinn (Margot Robbie) et Black Mask (Ewan McGregor) face à face.

D’ailleurs, chronologiquement, Birds Of Prey vient se placer directement après Suicide Squad et montre une Harley Quinn en personnage central de l’histoire, qui s’est séparée de son amour de toujours, le Joker et qui se sent revivre aux côtés de sa nouvelle bande d’amies gangsters de Gotham City. Il y a là comme une volonté de montrer qu’on peut tirer un trait sur les erreurs du passé et se sentir revivre quand on tente de nouvelles choses.


Voilà une belle analogie entre la situation de Harley Quinn dans le film et celle de DC Comics, qui tente d’oublier ses erreurs sur ses œuvres passées et de repartir de zéro afin de (re)-conquérir le public.



Un pari assumé


Le budget est révélateur du statut de “pari” de Birds Of Prey. Avec 75 millions de dollars de budget, c’est l’assurance d’éviter de lui mettre trop de pression puisque c’est ce film qui est censé amorcer le renouvellement de DC Comics, ce qui reste une très lourde tâche. A titre de comparaison, Suicide Squad avait un budget de 175 millions de dollars et SHAZAM ! environ 100 millions de dollars. On est donc très loin des standings habituels pour les films de super-héros de DC Comics. La volonté de DC Comics de voir moins grand, plus raisonnable et d’arrêter de faire la course aux dollars avec Marvel est visible. Cela s’est confirmé avec le budget de Joker, estimé à 50 millions de dollars et qui a quand même atteint le milliard de dollars de recettes au box-office. Comme quoi un budget plus faible n’est pas symbole d’un film mauvais. À Birds Of Prey de le prouver.

Le film s’inscrit parfaitement dans les mouvements féministes actuels qui revendiquent la même place pour hommes et femmes dans la société puisqu'il vient se placer en précurseur du genre en mettant en avant des femmes fortes, sans hommes. Il semble insuffler un mouvement général de super-héroïnes. Ainsi, pour DC Comics, Wonder Woman 1984, la suite directe de Wonder Woman, sortira en juin 2020 avec toujours aux manettes Patty Jenkins et le studio semble même inspirer son concurrent de toujours...Marvel. Ce dernier, suite aux succès de Captain Marvel pour lui et de Wonder Woman pour DC Comics, s’est enfin décidé à promouvoir plus les femmes super-héros, (enfin) conscient qu’elles pouvaient autant rapporter au box-office que les hommes. Ainsi, la sortie de Black Widow avec Scarlett Johansson est prévue pour l’année 2020 et The Eternals pour 2021 avec dans ses rangs Angelina Jolie ou encore Salma Hayek et une femme à la réalisation, Chloe Zhao, une première pour Marvel.

Quoi qu’il en soit, Birds Of Prey est la première pierre à l’édifice pour DC Comics afin de rebâtir tout un univers mais également un film initiateur qui tentera de placer les femmes au cœur des univers de super-héros à l’avenir. Pour savoir si le pari est réussi, rendez-vous le 5 février dans vos cinémas.


Clément Canaux

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