ICJ23791418
  • Benoît Lesaulnier

Bicentenaire de Napoléon : clivages et polémiques

Mis à jour : avr. 10

Le mercredi 5 mai 2021 marque le bicentenaire de la disparition d’un personnage majeur de l’histoire de France, Napoléon Bonaparte. Toute sa vie, le dernier empereur français a été au centre de controverses. Aujourd’hui, son histoire fait encore débat et les polémiques concernant une célébration à venir sont nombreuses.



Le tombeau de Napoléon, aux Invalides, est un lieu fort pour le commémorer. © Getty images

Deux cent ans après la disparition de l'empereur, des polémiques émergent concernant les commémorations prochaines. C'est sa disparition, en 1821 sur l'île de Saint-Hélène, qui est censée être célébrée le 5 mai 2021.


Empereur des français de son couronnement en 1804 à sa défaite à Waterloo en 1815, Napoléon est surtout réputé pour sa stratégie militaire. Mais il est autant reconnu pour ses innombrables victoires, que pour les scandales qu’il y a autour de ses mesures. Sa commémoration est un sujet extrêmement clivant, de nombreuses raisons fondent ce débat national.



Doit-on célébrer Napoléon ?


Enfant de la révolution, Napoléon s’est immédiatement soumis aux ordres de la république. Si bien que Napoléon devient légitimement, et légalement, Ier Consul. Mais si son sacrement d’Empereur ne répond pas aux critères démocratiques, un plébiscite (référendum) prouve qu’il est adulé par la population. La France de Napoléon a de l’emploi et de la paix, et cette situation convient aux français.


Ce qui pose problème aujourd’hui, c’est l’éthique de sa politique. Et notamment les questions liées à l’esclavage, qu'il a permis de pratiquer.


A l’heure actuelle, la lutte antiracisme est, plus que jamais, au centre des combats modernes. Célébrer Napoléon reviendrait-il à encourager ses pratiques ? Napoléon est à l'origine du retour de l’esclavage en France.


Peu après sa prise de pouvoir, dès 1802, les colonies antillaises deviennent des champs de sucre, cultivés par un million d’esclaves. Pour Napoléon, c'est le moyen de préserver une économie du sucre forte.


Aujourd’hui cet acte est considéré comme un crime contre l’humanité depuis la loi Taubira. Une loi qui célèbre ses 20 ans d'existence puisqu'elle est instaurée le 21 mai 2001 ; soit à 16 jours d’intervalle avec la commémoration Napoléonienne.


Jean-Marc Ayrault, ancien Premier Ministre et actuel président de la mémoire de l’esclavage, rappelle l’importance du souvenir de cette partie de l'histoire. Le journal Le Monde a recueilli ses propos : “La mémoire de l’esclavage et de la colonisation n’est pas une autoflagellation mais un processus sain et nécessaire”. Par ces mots, il rappelle que le passé, qu’il soit fait d'erreurs ou de réussite, est le moyen de réfléchir à l'avenir avec du recul. Pour lui, apprendre de ses erreurs, même aussi lointaines, sont primordiales pour ne pas les répéter.



Vision futuriste et modernisation d’un pays


Celui dont le corps repose aujourd’hui aux invalides est à l'origine de mesures fortes pour l’avenir ; la banque de France, l’apparition des préfets, la création de la légion d’honneur et bien sûr les succès militaires, ont amené la gloire et la prospérité dans le pays. Napoléon garde l’image du meneur d'une France forte.


Les campagnes Napoléoniennes ont marqué le cours de l’histoire. La stratégie du natif d’Ajaccio a tourmenté ses adversaires et inspiré les stratèges après lui. Les erreurs de Napoléons sont aussi les erreurs de la France qu’il ne faut plus commettre. Pour cela, il est bon d’avoir une piqûre de rappel.



Des célébrations sans polémique ? : “impossible n’est pas français”


Récemment, une des figures médiatiques rattachée à Napoléon, Pierre-Jean Chalençon, a créé une polémique concernant les dîners clandestins. Lui qui organise des commémorations pour le bicentenaire, a vraisemblablement ajouté une polémique supplémentaire.


Il est accusé d’avoir organisé des dîners en compagnie de plusieurs membres du gouvernement. le collectionneur féru de Napoléon Ier déclare que “C’était un énorme poisson d’avril”. L’excuse, qui n’est pas passée auprès d’une majorité de téléspectateurs, est la préparation de dîners Napoléoniens destinés à des politiques et chefs d’entreprise.


Selon ses dires : “La semaine dernière était une sorte de soirée zéro.” Cette déclaration entrave davantage l'image autour de Napoléon puisque la célébration ne semble bénéficier qu'aux élites et non au reste du pays.

Le monde médiatique et politique est bouleversé par ces doutes autour de la culpabilité de différents membres du gouvernement. Une chose est sûre, si “impossible n’est pas français”, l'absence de polémique s’avère compliquée !




Benoît Lesaulnier

26 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

©2020 par Les Berges De L'Info.