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Assassinat de Fakhrizadeh : Israël est l'accusé numéro un

Éminent physicien nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh a été assassiné le 27 novembre dernier près de Téhéran. L’attaque n’a pas été revendiquée mais Israël est accusé d'être responsable et promet une riposte « en temps et en heures ».


Le drame s’est déroulé en plein jour, le vendredi 27 novembre. Sur une route de Absard, une petite ville située à 80 kilomètres à l’est de Téhéran, les images diffusées par l’Agence Associated Press révèlent une voiture blindée criblée d’impacts de balle. A son bord, un chauffeur, Mohsen Fakhrizadeh et sa femme, seule survivante de l’attentat. Gravement blessé et transféré à l’hôpital, M. Fakhrizadeh n’a pas pu être sauvé. Avec lui, trois ou quatre autres personnes auraient été tuées, annoncent différents sites d’information iraniens.


Mohsen Fakhrizadeh, le 5ème scientifique iranien assassiné depuis 2010. Photo prise en janvier 2019 © Anadolu Agency via Getty Images/Iranian Leader Press Office / HANDOUT

Docteur en « physique et ingénierie nucléaire », M. Fakhrizadeh était considéré comme le père du programme d'enrichissement nucléaire. C’était, selon les autorités iraniennes, le vice-ministre de la Défense et chef de l'Organisation de la recherche et de l'innovation en matière de "défense antiatomique".


La dépouille du scientifique a été honorée le samedi soir et le dimanche dans deux des principaux lieux saints chiites (une des branches minoritaires de l’islam mais qui représente environ 90% de la population iranienne) d’Iran (à Machhad, dans le Nord-Est, et Qom, dans le centre), avant un nouvel hommage au mausolée de l’Imam-Khomeiny, à Téhéran. Ses funérailles ont eu lieu le 30 novembre, 3 jours après sa mort. Il a été enterré à Téhéran dans l’Emamzadeh Saleh, un sanctuaire où reposent deux autres scientifiques nucléaires assassinés en 2010 et 2011.

Les funérailles de Mohsen Fakhrizadeh, considéré un des “cerveaux” du programme nucléaire iranien, le 30 novembre 2020 à Téhéran. © AFP / Ministère de la Défense iranien / ANADOLU AGENCY

Mohsen Fakhrizadeh est loin d’être le premier scientifique de l’atome à être éliminé, il est même le cinquième depuis 2010. Avant lui, ont été les cibles d’assassinats ciblés les scientifiques Massoud Ali Mohammadi, Majid Shahriari, Darioush Rezaeinejad et Mostafa Ahmadi Roshan. En 2010, Fereydoun Abbassi Davani, physicien Iranien avait été blessé lors d’une tentative d’assassinat. Mohsen Fakhrizadeh a lui-même échappé à une précédente tentative de meurtre, attribuée au Mossad (une des trois agences de renseignement israélienne), il y a quelques années. En 2018, le Premier Ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, l’avait nommément cité comme le responsable des efforts iraniens pour se doter d'une arme nucléaire.


L’attaque n’a pas été revendiquée mais les autorités iraniennes ont accusé Israël, leur ennemi de toujours, ainsi que le Mossad. Le ministre des Affaires étrangères de l'Iran, Mohammad Djavad Zarif, ainsi que l'ambassadeur d'Iran auprès des Nations unies dénoncent l'assassinat en affirmant « avoir des indices sérieux de l'implication d'Israël ». Le New York Times affirme le 28 novembre, sans citer ses sources, qu'un « responsable américain — ainsi que deux autres responsables du renseignement — ont déclaré qu'Israël était derrière l'attaque contre le scientifique ».


Le président de la République islamique d'Iran a alors déclaré : "Nos ennemis savent que nous ne pouvons ignorer un tel acte. Nous répondrons à ce crime de façon appropriée". Il a aussi prévenu que l’Iran ne tomberait pas dans le « piège » tendu, selon lui, par Israël et précisé que l’Iran répondrait « en temps et en heures ». Cette attaque n’améliore donc pas les relations entre ces deux pays du Moyen-Orient.


Laurie Henriet

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