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  • Laura Guigue

Amplification des violences anti-asiatiques depuis la Covid 19


Devanture d'un restaurant japonais de Boulogne-Billancourt. Vandalisé dans la nuit du 15 au 16 février 2020 © Le Blog de Boulogne Billancourt

La crise du Coronavirus ayant débuté à Wuhan, en Chine centrale s'est propagée dans le monde entier, entraînant à ce jour la mort de plus d’1 million de personnes. Tenues comme responsables de cette pandémie, les communautés asiatiques sont menacées notamment sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes appellent même depuis le 28 octobre à une « chasse aux chinois».



"Hitler aurait dû tuer les chinois pas les juifs"

Si ce tweet a fait l'effet d'une bombe sur la toile, ce n’est pas un cas isolé. Un an après le début de l'épidémie, une montée du racisme anti-asiatique se fait ressentir. Sur les réseaux sociaux, des hommes ont appelé à faire perdre la virginité des jeunes asiatiques avant de les salir et ont invité à une « chasse au chinois dans le 13ème ». Ces appels à la violence principalement sur Twitter, ont été relayé de nombreuses fois et commentés très largement (voir Capture d’écran ci-dessous).

Dans ce cas, la liberté d'expression ne peut pas être invoquée. C'est un réel appel à la haine et à la violence ce qui est proscrit par la loi.



Capture d’écran Twitter
“Avant j'avais peur de sortir seule car je suis une femme, maintenant j'ai aussi peur parce que je suis Asiatique”


Ces propos peuvent en amuser certains mais sont source d’angoisses pour cette communauté. Caroline.P, une jeune fille d'origine vietnamienne explique : " pour l'instant je n'ai subi ni violence physique ni verbale [mais] une fois dans le métro j'ai vu des regards et des comportements de dégoût [envers une autre personne asiatique]."


Toutefois, cette violence contre les asiatiques n'est pas récente. La crise sanitaire n'a fait qu'amplifier un problème déjà existant mais peu médiatisé. Ces appels à la violence ne sont que le reflet d'un danger présent depuis plusieurs années. En août 2016, France Inter publiait un article à propos des violences anti-asiatiques à Aubervilliers. Cette ville de Seine-Saint-Denis a recensé en 2015 un total de 35 agressions contre la communauté chinoise et 105 en 2016. Des vols, des scènes de violences en réunion se sont répétés, allant parfois jusqu'à des agressions mortelles.

4 ans après, la situation a empiré. Le 15 mai 2020, trois jeunes hommes sont jugés, pour une série de vols à l'arraché, au tribunal de Créteil. Pour justifier les faits, un des hommes, âgé de 21 ans, explique que les chinois ont beaucoup de liquide sur eux. "Ce sont les personnes les plus réputées pour avoir de l’argent." L'homme se disculpe alors de violence raciste en justifiant son geste par des stéréotypes sur la communauté asiatique.



Une lutte permanente


Pour prendre conscience de l'ampleur du fléau et donner la parole à cette communauté peu médiatisée, des pages Instagram telles que stop_asiaphobie2 ont vu le jour. Cette page publie depuis le 23 janvier 2020 des témoignages, vidéos et photos dans le but de lutter contre la banalisation du racisme anti-asiatique. L’association des jeunes chinois de France (l’AJCF) est aussi où témoignent les victimes de violences. L’association veut promouvoir la culture chinoise en France et faciliter l'intégration de cette communauté sur le territoire.

La liste des agressions s'allonge de jour en jour. Des scènes d’épouvantes sont racontées : trois hommes agressant une femme, un jeune homme ayant subi trois agressions en un mois. Insultés, tabassés à grands coups de pieds et parfois gazés, ils sont nombreux à témoigner d’horreurs. Pour beaucoup, ces agressions entraînent un préjudice moral allant parfois jusqu’au suivi psychologique.

La haine anti-asiatique va encore plus loin : des vitrines de restaurants chinois sont taguées et vandalisées.


Actuellement, il est compliqué d'affirmer le taux d'agression en France envers la communauté asiatique, l'AJCF appelle à signaler toute agression : "sans plainte, il n'y a officiellement aucun délit, crime ou même victime."


Laura Guigue


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