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  • Kimberley Cohen

Affaire George Floyd : un procès contre le racisme et les bavures policières

Sa mort faisant suite à une interpellation de rue le 25 mai 2020 a provoqué une vague d’indignation dans le monde entier. « I can’t breathe », la phrase qu’il a répété de nombreuses fois avant sa mort est même devenu le slogan du mouvement Black Lives Matter. Le 9 mars 2021, neuf mois après le drame, le procès du policier Derek Chauvin inculpé pour le meurtre de George Floyd, s’est ouvert à Minneapolis.


Dessin de Derek Chauvin à son procès, © Reuters/Jane Rosenberg

La vidéo de la scène montrant le gardien de la paix agenouillé sur la nuque de Floyd pendant plus de 9 minutes est rapidement devenue virale et a traversé le monde entier. Par la suite, nombreuses ont été les manifestations dénonçant et combattant les violences policières ainsi que le racisme. George Floyd en est devenu un symbole.

C’est alors une nouvelle étape judiciaire qui s’ouvre ce mois-ci dans l’affaire George Floyd, dont les faits se sont déroulés au printemps dernier à Minneapolis. Le procès de Derek Chauvin, très attendu par les proches de George Floyd et par la communauté afro-américaine, remet en question les bavures policières et les plaies raciales qui peinent à se refermer aux Etats-Unis. En hommage au décédé, ses proches se sont eux aussi agenouillés juste avant l’ouverture du procès pour rappeler ses derniers moments d'agonie, qu'il a vécu sous la pression de Derek Chauvin.


Derek Chauvin (droite) à son procès et son avocat Eric Nelson, © Associated Press

De son côté, après avoir été licencié puis arrêté quelques jours après le meurtre, Derek Chauvin est très vite remis en liberté suite au versement d’une caution d’un million de dollars. Cependant, la justice n’en a pas fini avec lui puisque le policier de 45 ans encourt aujourd’hui une peine de 40 ans de prison.

Pour sa défense, l’avocat de l’accusé, Eric Nelson plaide le fait que le décès de l’afro-américain George Floyd serait « l’objet d’une forte controverse ». Il affirme également que la victime est morte à la suite d’une overdose de drogue et non du plaquage ventral effectué par Derek Chauvin. L’autopsie du corps a quant à elle bien révélé la consommation de drogue de synthèse mais a néanmoins identifié la pression du genou du policier sur sa nuque, comme principale cause de la mort.


Le "blue wall of silence" ou "mur du silence" brisé


Pour contrer les arguments d'Eric Nelson et de son client, d'anciens collègues de Derek Chauvin ont décidé de briser le "mur du silence" que tous les policiers respectent quand ils commettent des erreurs. Ils ont alors admis que l'acte de plaquage ventral au sol avec une forte pression sur la nuque de la victime était inadapté et injustifié. Parmi eux, le patron de la division homicide de la police de Minneapolis, Richard Zimmerman a accepté de témoigner. Lors d'un entretien avec le procureur Matthew Franck, il a affirmé que "le mettre à plat ventre avec un genou sur le cou pendant aussi longtemps était simplement injustifié". De même, l'ancien supérieur hiérarchique de Derek Chauvin, David Pleoger ajoute : "quand [George Floyd] ne résistait plus, les officiers auraient pu cesser de le maintenir [au sol]".


Le procès qui promet d'être rempli de rebondissements devrait se fermer début mai par le rendu du verdict final par les jurés. De leur côté, les trois autres policiers accusés d'avoir été complices du meurtre comparaitront quant à eux en août prochain.

S'il arrivait que les jurés ne réussissent pas à se mettre d'accord sur le verdict ou bien que Derek Chauvin soit acquitté, des manifestations pourraient se réenclencher dans le monde entier et provoquer de nouvelles émeutes.

Cette affaire, faisant écho à celle de Rodney King en 1991 ou même à celle d'Adama Traoré en 2016, montre que les bavures policières sont encore très présentes et que le racisme n'est pas prêt de disparaître.


Kimberley Cohen


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