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  • Eve Martin

400 journalistes détenus dans le monde


Comité de soutien au journaliste algérien Khaled Drareni réuni pour demander sa libération. Crédit: AFP/ Ryad Kramdi

400, c’est le nombre de journalistes en détention dans le monde. Selon le rapport annuel de Reporters sans Frontières publié le 14 décembre, on observe une hausse des arrestations arbitraires en lien avec la crise sanitaire mais également une augmentation du nombre de femmes arrêtées.


En 2019, l'ONG avait recensé 389 journalistes emprisonnés pour avoir exercé leur métier; Cinq pays concentrent plus de la moitié d'entre eux (61%). La Chine avec 117 journalistes (professionnels ou non) détenus, devant l'Egypte (30), l'Arabie saoudite (34), le Vietnam (28) et la Syrie (27). Selon Reporters sans frontières, « Le nombre de journalistes détenus à travers le monde reste à un niveau historiquement haut ». En effet, il s’élève à 387 fin 2020, un chiffre quasi stable sur un an, selon le bilan annuel de RSF publié lundi 14 décembre.


Une crise sanitaire mondiale

La première raison de cette augmentation de journalistes détenus c’est la crise sanitaire. Avec quatorze journalistes « toujours sous les verrous » pour leur suivi de la pandémie, dont sept en Chine. RSF a lancé en mars l’Observatoire 19 et a enregistré « plus de 300 incidents directement liés à la couverture journalistique de la pandémie » entre février et fin novembre, impliquant près de 450 journalistes. « Les interpellations et arrestations arbitraires », qui représentent « 35 % des exactions recensées [devant les violences physiques ou morales] », ont été « multipliées par 4 » entre mars et mai, précise le rapport.

Deuxième constat, le nombre de femmes journalistes arrêtées pour avoir exercé leurs métiers « Le nombre de journalistes détenus à travers le monde reste à un niveau historiquement haut », souligne l’ONG. « Les femmes qui sont de plus en plus nombreuses dans la profession, ne sont pas épargnées », dénonce son secrétaire général Christophe Deloire dans un communiqué. D’après le rapport, 42 d’entre elles « sont actuellement privées de liberté », contre 31 en 2019 (+35 %). Au total, 17 ont été jetées derrière les barreaux au cours de l’année, dont quatre en Biélorussie, théâtre d’une répression sans précédent depuis la réélection jugée frauduleuse d’Alexandre Loukachenko, président controversé de Biélorussie depuis maintenant 24 ans.

On peut également ajouter à cela « au moins 54 journalistes sont actuellement détenus en otages » en Syrie, au Yémen, et en Irak, leur nombre ayant baissé de 5 % en un an. L’ONG recense quatre journalistes portés disparus en 2020, alors qu’aucun nouveau cas de disparition n’avait été enregistré en 2019. Ils sont originaires du Moyen-Orient, d’Afrique subsaharienne et d’Amérique latine.


Eve Martin

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