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  • Célie Dugand

Élections présidentielles en Côte d'Ivoire : report envisagé


Pascal Affi N'Guessan, candidat aux élections présidentielles et ancien premier ministre © Luc Gnago / REUTERS

Le 31 octobre devaient se tenir les élections présidentielles de la Côte d'Ivoire. Le 6 octobre dernier, suite à de nombreuses controverses, Pascal Affi N'Guessan, un candidat, a proposé de les reporter.


Le 29 septembre, l'organisation de prévention des conflits, International Crisis Group, a préconisé un report de l'élection présidentielle. Une semaine plus tard, les émissaires de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) de l'Union africaine et des Nations unies se sont entretenus avec les candidats des futures élections et les représentants des partis politiques ivoiriens. Lors de cette entrevue, une proposition concrète de report des élections a enfin vu le jour : le candidat Pascal Affi N'Guessan a suggéré de les reporter d'au moins trois mois afin de réussir à mettre en place des élections réellement transparentes. C'était le souhait de l'opposition depuis le début. Refusant d'accepter la candidature d'Alassane Ouattara, elle cherchait depuis maintenant plusieurs mois à repousser les élections.


Lundi 14 septembre, le Conseil constitutionnel de la Côte d'Ivoire a enfin dévoilé la liste des candidats retenus pour les élections présidentielles. Sur les 44 candidatures proposées, le Conseil constitutionnel en a validé seulement 4 : celles de l'actuel président Alassane Ouattara, de l'ancien président Henri Konan Bédié, de l'ex-premier ministre Pascal Affi N'Guessan et de l'ancien député Kouadio Konan Bertin.



Ouattara au coeur de la controverse


Le président sortant Alassane Ouattara

La principale controverse de ces élections tourne autour de la candidature d'Alassane Ouattara. Devant la vague de contestations accompagnée de manifestations et de violences, il avait finalement pris la décision de ne pas se représenter afin de « laisser la place à la nouvelle génération ».

Un rebondissement a totalement changé la donne. Le 8 juillet 2020, Amadou Gon Coulibaly, son dauphin et premier ministre, est mort d'un infarctus. Suite à cet événement, Ouattara a décidé de se présenter. L'opposition revendique que sa candidature est anticonstitutionnelle puisqu'il a déjà fait deux mandats consécutifs de 5 ans, le maximum autorisé selon la Constitution. Mais en 2016, Ouattara avait mis en place une nouvelle Constitution, qui, selon lui, remettrait les compteurs à zéro concernant ses mandats. Le Conseil constitutionnel a donc accepté sa candidature, provoquant une nouvelle vague de contestations, notamment de la part des jeunes et de l'opposition.



Les organisations supranationales s'en mêlent


Face aux nombreux appels de l'opposition à la désobéissance civile, l'ONU a appelé le 28 septembre à une élection « pacifique et inclusive » dans le but d'apaiser les tensions qui s'accentuent encore depuis l'éviction des candidatures de Laurent Gbagbo et Guillaume Soro (ancien premier ministre que Ouattara a poursuivi en justice car il aurait détourné des deniers publics et blanchi des capitaux).

Le 25 septembre, la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) a ordonné la réintégration de Laurent Gbagbo, ancien président, sur la liste électorale. Le Conseil constitutionnel n'avait pas accepté sa candidature car il avait déjà réalisé deux mandats. Néanmoins, la nouvelle Constitution de 2016 lui permettrait, tout comme pour Ouattara, de se présenter à nouveau.

Même dans un tel contexte, Ouattara continue de mettre toutes les chances de son côté pour gagner les élections. Il a notamment augmenté le prix du cacao pour conquérir l'électorat des planteurs.

Célie DUGAND



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