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  • MARTIN BURON-BROHAND

Économie: cuisson aux petits oignons pour les produits de nos régions


Nathalie avec une partie de sa gamme de produits devant « La Boutik ». © Martin Buron-Brohand

La prise de conscience écologique et le confinement passé amènent certaines populations à revoir leur façon de consommer. Économie plus durable, produits biologiques et locaux, circuits courts, mais aussi achats dans des grandes surfaces, chacun a un point de vue assez arrêté dans nos territoires ruraux. Rencontres avec des acteurs majeurs de ces territoires.



Lisa Michelet, son mari et leurs produits locaux© Martin Buron-Brohand

« Nos campagnes ont beaucoup à apporter, autant en profiter », c’est en tout cas le point de vue de Lisa Michelet et de son mari installé sur la commune du Tallud dans les Deux-Sèvres. Convaincus de l’importance climatique et du changement radical de leur façon de consommer qui doit s’imposer a eux, ils ont fait le choix d’une économie basée sur des circuits courts et des produits bio. « Le jeudi soir c’est jour de marché », s’exclame-t-elle, elle va en effet faire le plein de produits frais et de saison auprès du producteur qui installe son étale chaque semaine sur le parking d’une chaîne de bricolage sur la ville de Parthenay, à seulement quelques minutes du Tallud. Un grand choix varié de poireaux, courges ou encore choux et sans pesticides. C’est le choix qu’a fait Adrien, le maraîcher. Implanté sur la commune depuis un an, il occupe une vaste parcelle cédée par la mairie. Après un passage par un CAP Pâtisserie, il s'est reconverti vers le maraîchage. À la tête d’une famille de deux enfants, il développe son affaire avec un système de vente en direct sur son terrain et espère toucher une large clientèle.



Adrien Perzo, producteur au Tallud © M. Buron-Brohand

Une clientèle rurale mais pas que !


Adrien PERZO, le propriétaire de « Le petite ferme de doudou », a réellement démarré son activité à l’issue du premier confinement du printemps dernier, mais les retours sont déjà très encourageants. « Les habitants de la campagne veulent manger des produits sains. Ils ont un potager, à moi d’être en avance sur leurs récoltes personnelles », déclare le jeune père de famille qui a bien cerné le type de clientèle qui vient à lui. « Ce sont principalement des couples de la trentaine et des familles, qui habitent essentiellement sur la campagne et aussi des Parthenaisiens et c’est ce que je cherche car ce sont des personnes qui fréquentent les grandes surfaces en temps normal ». Il y a donc une réelle demande d’autant plus que de nombreux points de ventes situés dans les Deux-Sèvres bénéficient du label « Bienvenue à la ferme », qui est synonyme de qualité et de produits bio avec très peu voir pas de pesticides. Le propriétaire de la ferme, voit l’avenir sous un bon angle, puisqu’une cantine scolaire d’une commune située à quinze minutes de chez lui l’a contacté ce mercredi dans le cadre d’un appel d’offres pour fournir les assiettes des élèves. Mais d’autres points de vente ont aussi le vent en poupe et attirent une autre clientèle.



Produits locaux et choix variés


Elles fleurissent depuis quelques années dans nos centres villes, zones commerciales ou sur le bord d’une départementale. Ce sont les épiceries de producteurs locaux. Installée depuis bientôt six ans sur la commune de Saint-Christophe-Sur-Roc, Nathalie est la gérante de « La Boutik ». Située sur un axe stratégique, sur le côté d’un rond-point très passager entre Niort et Parthenay, sa clientèle est quelque peu différente d’Adrien. Au sein de son commerce, on y retrouve des produits de beauté, des légumes du coin mais aussi des conserves comme du pâté ou des soupes produites à maximum quarante kilomètres de son magasin. « Ma faiblesse, c’est pour les produits exotiques, j’importe de Grèce ou de Turquie comme pour les figues ou l’huile d’olive par exemple. Je fonctionne avec des producteurs de là-bas ». Son commerce est très attractif de par sa localisation mais aussi par le fait qu’il soit le seul avant une moyenne surface située sur la commune de Champdeniers. « Ma clientèle ce sont des personnes qui travaillent dans les assurances (Niort, capitale des mutuelles. Ndlr), en revanche la tranche d’âge varie selon les saisons et les besoins de chacun ». Mais les réjouissances ne sont pas partout les mêmes. Le département enregistre depuis 2014 onze fermetures de dernier commerce dans certains villages tandis que la superficie globale des surfaces de vente a augmenté. Près de 17000 personnes travaillent dans le secteur de l’alimentaire pour un chiffre d’affaire de 956 Millions d’Euros selon la Chambre de Commerce et d’Industrie des Deux-Sèvres. Il n’y a donc pas de doute sur la croissance de cette économie dans les prochaines années au sein du département.


Martin Buron-Brohand

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