ICJ23791418 À la découverte du circuit de Nevers Magny-Cours
  • Dorian Grangier

À la découverte du circuit de Nevers Magny-Cours

Mis à jour : 12 déc. 2019


Ah, Magny-Cours. Septième circuit français à accueillir la Formule 1, ce haut lieu de sport mécanique en France n'a pas eu la vie très facile lors de ses années F1, très critiqué par les fans et par les hautes instances de par sa localisation très éloignée des infrastructures urbaines et touristiques. Pourtant, Magny-Cours est un circuit qui a toujours été très apprécié par les pilotes. Un temple du sport automobile français, qui lutte tant bien que mal pour attirer de nouveau.


Pour comprendre le parcours du circuit nivernais, il faut remonter à la fin des années 50. Le premier circuit situé sur la commune de Magny-Cours, à une quinzaine de kilomètres de Nevers, préfecture de la Nièvre, n'est pas le circuit que l'on connait aujourd'hui dans sa configuration actuelle. Bien au contraire, la première piste créée sur les terres magniennes est un circuit de karting long de seulement 510 mètres. On doit la naissance de ce circuit, construit en 1959, au maire de Magny-Cours de l'époque, Jean Bernigaud, alors féru de sport automobile. Deux ans plus tard, la piste de karting est accompagnée par le circuit automobile, nommé circuit Jean Behra en l'honneur du pilote français décédé en course deux ans auparavant. Long de deux kilomètres, ce circuit possède quelques infrastructures nouvelles telles que des tribunes et des parkings permettant au circuit d'organiser des événements de plus grande ampleur. Ainsi, des courses d'endurance ou de monoplace s'y déroulent, tandis que le circuit est en constante évolution. Le tracé restera le même jusqu'en 1971, année où le circuit va voir sa longueur augmentée de 1,8 kilomètres pour passer à 3,850 km. D'autres travaux le rendront plus "professionnel", avec l'élargissement de la piste la même année ou encore la construction des premiers stands.

Le grand tournant de l'Histoire de ce circuit se déroule en 1986 : sous l'impulsion du gouvernement français, en particulier de l'ancien président de la République François Mitterrand, le circuit est racheté par le conseil général nivernais, dans le but d'y organiser le Grand Prix de France. En effet, le circuit Paul Ricard, alors hôte de la F1 en France à l'époque, commence à vieillir et doit être remplacé. Soucieux de créer une nouvelle dynamique dans la Nièvre à l'aide d'un nouveau technopôle, et grâce aux liens étroits entre le département et le Président, Magny-Cours est naturellement l'endroit préférentiel pour accueillir la F1. L'ancien circuit est détruit pour reconstruire un tout nouveau tracé aux normes de sécurité de la FIA (Fédération Internationale de l'Automobile). Le circuit est terminé en 1989, et est prêt à accueillir la Formule 1 dès la fin du bail du circuit Paul Ricard. Le premier Grand Prix de France de F1 à Magny-Cours se déroule le 7 juillet 1991, ponctuée par la victoire de Nigel Mansell sur sa Williams-Renault. Le circuit subit quelques légères modifications pour améliorer le spectacle mais aussi la sécurité pendant les années 90. En 1993, Alain Prost s'impose à Magny-Cours pour sa dernière victoire à domicile, lui qui reste l'unique vainqueur Français de F1 sur ce circuit. L'édition la plus marquante de l'Histoire de Magny-Cours en F1 sera celle de 1999, où sous une météo très capricieuse, Heinz-Harald Frentzen vient s'imposer magistralement au terme d'un GP marqué par de nombreux dépassements et par un classement très surprenant, avec sur le podium un Mika Häkkinen qui s'élançait de la quatorzième place seulement et un Rubens Barrichello étincelant, ayant signé la veille la première pole position de son écurie Stewart.

Le circuit entreprend quelques modifications au début des années 2000, notamment au virage du Lycée, où l'entrée de la voie des stands a été modifiée laissant place au virage dit du "Pif-Paf", la dernière chicane du tracé et marque de fabrique du circuit, a été créée. Du fait de sa polyvalence, le circuit est utilisé par plusieurs catégories de monoplace : GP2 (ex-F2), Formule Renault 3.5, Formule 3000, et d'autres. Grâce à la tranquillité du circuit, de sa situation géographique et de la diversité du tracé : longue ligne droite, virages rapides et lents, courbes, de nombreuses journées d'essais sont réalisées. En plus des séries automobiles, le circuit accueille la moto avec une manche du championnat de Superbike ainsi que le Bol d'Or.

Cependant, et ce malgré les travaux réalisés, le circuit ne parvient pas à être rentable, et est en proie aux difficultés financières. En 2005, le Grand Prix est financé en grande partie par le département de la Nièvre et par la FFSA, la Fédération Française de Sport Automobile, pour continuer à courir sur le circuit de Nevers Magny-Cours. En 2005, et pour la première fois à Magny-Cours, une écurie française remporte le Grand Prix : Fernando Alonso sur une Renault termine sur la plus haute marche, et fait retentir la première Marseillaise en France depuis la victoire d'Alain Prost treize ans auparavant. Le circuit ne résistera finalement pas à ses problèmes financiers, et le dernier Grand Prix de France F1 à Magny-Cours se déroulera en 2008 avec la victoire de Felipe Massa. Entre 1991 et 2008, dix-huit éditions du GP de France se sont déroulés sur le circuit nivernais, avec notamment six victoires de Michael Schumacher, recordman de victoire sur ce circuit.


"Pour être honnête, je n’apprécie guère le Paul-Ricard. Je préférais l’époque où nous courions le Grand Prix de France à Magny-Cours. L’environnement du Castellet est sans doute mieux situé, mais le tracé n’est pas aussi sélectif. Le Paul Ricard est trop artificiel et manque de caractère alors que Magny-Cours propose des virages intéressants." Lewis Hamilton, sextuple champion du monde de F1

Après ces années F1, le circuit décide de se moderniser et de s'améliorer en terme d'accessibilité et d'infrastructures pour effacer les critiques négatives sur le circuit concernant sa localisation trop "isolée". Depuis ces travaux, le circuit est redevenu bénéficiaire et accueille encore quelques événements majeurs, comme le Superbike, le GT4 France ou le Grand Prix de France historique. Quelques écuries de F1 y ont également réalisé des essais sur le circuit en 2012, et en 2018, les essais hivernaux de Formule 2 s'y sont déroulés.


Des rumeurs annonçant le retour de la F1 à Magny-Cours sont réapparues en 2015, après la fin des travaux sur les infrastructures. Cependant, l'annonce du retour du GP de France au Paul Ricard en 2018 a mis un terme à ces bruits de couloirs. Un choix de circuit plutôt critiqué par les pilotes, la plupart préférant le challenge du circuit nivernais à celui du Castellet. Magny-Cours, un lieu sacré du sport automobile français, qui n'attend que de nouveaux jours de gloire.

Le circuit de Nevers Magny-Cours en quelques chiffres :

- 1959 : création du circuit Jean Behra

- 18 : nombre de GP de France de F1 accueilli

- 1'13'698 : temps du record du tour, réalisé par Fernando Alonso en 2004

- 139 112 : capacité d’accueil de spectateurs du circuit

- 17 : nombre de virages

- 4,411 : longueur d'un tour du circuit

- 10 : nombre de vainqueurs F1 à Magny-Cours


Dorian Grangier

©2019 par Les Berges De L'Info. Créé avec Wix.com